Covid: moqué par Trump pour sa prudence, Biden occupe le terrain

Le candidat démocrate Joe Biden embarquant sur son avion de campagne, le 2 octobre (Chip Somodevilla/Getty Images North America/ Getty Images via AFP)
Le candidat démocrate Joe Biden embarquant sur son avion de campagne, le 2 octobre (Chip Somodevilla/Getty Images North America/ Getty Images via AFP)
Short Url
Publié le Samedi 03 octobre 2020

Covid: moqué par Trump pour sa prudence, Biden occupe le terrain

  • Maintenant que le président américain, testé positif, est admis à l'hôpital, son rival démocrate profite de pouvoir faire campagne seul, à un mois de l'élection
  • Mardi encore, lors du premier débat présidentiel, le milliardaire républicain s'était moqué des mesures strictes de précaution de son rival face au virus

WILMINGTON : Pendant des mois, Donald Trump a épinglé la prudence de Joe Biden face au Covid-19. Maintenant que le président américain, testé positif, est admis à l'hôpital, son rival démocrate profite de pouvoir faire campagne seul, à un mois de l'élection.

Trop tôt pour dire quel sera l'impact de ce rebondissement spectaculaire dans une campagne présidentielle déjà secouée par plusieurs événements historiques. 

Mais l'ironie du retournement de situation pour les deux rivaux de la présidentielle du 3 novembre n'échappait à personne vendredi.

Mardi encore, lors du premier débat présidentiel, le milliardaire républicain s'était moqué des mesures strictes de précaution de son rival face au virus.

"Il peut parler à 60 mètres" de ses interlocuteurs "et il vient quand même avec le plus grand masque que j'aie jamais vu", avait lancé Donald Trump, 74 ans, sur le plateau. 

Décrivant son rival comme un "Joe endormi", il avait martelé pendant les mois de confinement que le démocrate se "cachait dans son sous-sol" à Wilmington, dans le Delaware. Une phrase qui a fait mouche avec les partisans de Donald Trump, qui la répètent à l'envi.

Mais dans la nuit de jeudi à vendredi, le républicain a été testé positif au nouveau coronavirus. Contraint de suspendre sa campagne, il a été admis vendredi soir dans un hôpital militaire près de Washington. 

Après de longues heures d'un silence pesant vendredi matin, Joe Biden, 77 ans, a finalement annoncé qu'il avait été testé négatif, malgré les 90 minutes passées sur la scène du débat. Puis le septuagénaire est parti pour le Michigan, un Etat du Midwest que Donald Trump avait remporté en 2016. 

"Soyez patriote", il ne faut pas "jouer au dur" mais "porter un masque", a-t-il lancé, en portant justement un masque chirurgical, lors d'un discours à la tonalité sombre à Grand Rapids. 

"C'est un rappel criant pour nous tous que nous devons prendre ce type de virus sérieusement", a-t-il martelé en plein air, devant des syndicalistes et un groupe restreint de journalistes, tenus comme pour tous ses discours à grande distance.  

"Il ne va pas disparaître automatiquement", a ajouté le démocrate, alors que Donald Trump avait dit que le virus disparaîtrait "comme par miracle" . 

Se gardant toutefois d'attaquer directement son rival, et en évitant toute la journée, jusqu'à son retour à Wilmington, les questions des journalistes, Joe Biden a pris soin de se poser en rassembleur. 

"Nous pouvons, nous allons et nous devons nous rassembler", a-t-il tweeté dans la soirée. 

Son équipe de campagne a décidé de retirer ses spots anti-Trump à l'annonce de son diagnostic, a confirmé à l'AFP un responsable. Cette décision avait été prise avant son admission à l'hôpital. 

"Portez un masque"

Avant ce voyage, Joe Biden s'était toutefois permis un tweet en forme de pied de nez, à peine caché: "J'espère que cela servira de rappel: portez un masque".

Dans la salle du débat à Cleveland, dans l'Ohio, tout le monde avait été testé négatif. Mais le virus peut mettre plusieurs jours à être détecté chez une personne infectée. 

La famille de Donald Trump était arrivée masquée, comme celle de Joe Biden, mais a ensuite enlevé les masques. 

Après les mois de confinement passés chez lui, puis des déplacements de campagne restreints et en voiture, Joe Biden n'avait repris les grands voyages de campagne en avion que fin août. 

En face, le républicain a sillonné le pays pour des meetings qui ont rassemblé des centaines de partisans, souvent en plein air. 

A 32 jours du scrutin, son équipe de campagne a annoncé que ses événements déjà programmés seraient tenus de manière virtuelle ou repoussés. 

Mike Pence, testé négatif, va lui poursuivre ses déplacements électoraux.

Egalement testée négative, la candidate démocrate à la vice-présidence Kamala Harris, 55 ans, a maintenu vendredi son voyage à Las Vegas, dans le Nevada. 

Elle doit débattre le 7 octobre contre Mike Pence. Le prochain duel entre Donald Trump et Joe Biden est prévu le 15 octobre, mais on ignore s'il sera maintenu.

L'équipe Biden a elle annoncé de nouveaux voyages: samedi, son épouse Jill Biden se rendra dans le Minnesota tandis que son ancien rival progressiste Bernie Sanders ira dans le New Hampshire. (AFP)

 

 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Short Url
  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Short Url
  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Short Url
  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.