Nordahl Lelandais devant ses juges pour le meurtre de la petite Maëlys

La Cour d'Assise d'Isère où comparaîtra Lelandais. (AFP).
La Cour d'Assise d'Isère où comparaîtra Lelandais. (AFP).
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Publié le Lundi 24 janvier 2022

Nordahl Lelandais devant ses juges pour le meurtre de la petite Maëlys

  • L'ancien maître-chien militaire de 38 ans doit être jugé à partir du 31 janvier devant la cour d'assises de l'Isère pour le meurtre précédé de l’enlèvement de cette enfant de 8 ans
  • Nordahl Lelandais, jugé  devra aussi s’expliquer sur les agressions sexuelles de deux petites-cousines

GRENOBLE: Que s'est-il passé en cette nuit d'août 2017? Moins d'un an après sa condamnation pour le meurtre du caporal Noyer, Nordahl Lelandais va répondre de la mort de la petite Maëlys qu'il a longtemps niée, puis avouée.


L'ancien maître-chien militaire de 38 ans doit être jugé à partir du 31 janvier devant la cour d'assises de l'Isère pour le meurtre précédé de l’enlèvement et de la séquestration de cette enfant de 8 ans. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.


La famille de Maëlys De Araujo voit ce procès comme une "terrible épreuve" et attend que la justice prenne "toute la mesure de la dangerosité de Nordahl Lelandais", selon Me Fabien Rajon qui défend notamment la mère et la soeur de la fillette.


L'accusé, détenu à l'isolement au centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier (Isère), lui, attend le procès "sûrement comme quelqu'un qui encourt la perpétuité", selon une source proche du dossier.


Nordahl Lelandais a longtemps nié avant d'être confondu en février 2018 par la découverte d'une tache de sang dans le coffre de sa voiture, désossée par les enquêteurs. Il déclare alors avoir tué Maëlys "involontairement" en lui portant des coups très violents au visage. 


Mais ni cet aveu ni l'autopsie du corps n'ont permis de faire la pleine lumière sur cette affaire, marquée dès les premiers jours par un énorme retentissement médiatique.

Nordahl Lelandais sera aussi jugé pour les agressions de petites-cousines

Nordahl Lelandais, jugé  devra aussi s’expliquer sur les agressions sexuelles de deux petites-cousines, ainsi que sur la détention et l’enregistrement d’images pédopornographiques.


Comme la disparition de Maëlys De Araujo, les faits remontent à l'été 2017. Nordahl Lelandais a reconnu les agressions fin 2018.


Il est accusé d’avoir caressé le sexe d’une fillette âgée de cinq ans le 11 juillet, alors que celle-ci dormait, seule dans une chambre. Puis d’avoir reproduit ces mêmes gestes, dans les mêmes circonstances, le 20 août, sur une enfant de six ans. 


Les faits ont été commis de nuit, alors que les fillettes n’étaient "pas conscientes de ce qui se passait", explique une source judiciaire, qui y voit "les gestes d’un lâche".


Lelandais a admis lors de l’instruction avoir filmé ces agressions avec un téléphone afin de pouvoir les visionner de nouveau. Les images ont ensuite été effacées, mais les enquêteurs en ont retrouvé la trace dans le cadre des investigations menées après la disparition de Maëlys. 


Me Caroline Rémond, qui représente les familles, rappelle que "les parents des fillettes sont les cousins les plus proches de Nordahl Lelandais. Un des couples (l'a même) choisi comme parrain pour sa fille, c'est vous dire la confiance qu'ils avaient en lui".


"Mes clients n'attendent pas grand chose (du procès), ils souhaiteraient savoir pourquoi, comment et qu'il (Lelandais) donne des explications s'il en a", a-t-elle indiqué à l'AFP.


S’il a reconnu la consultation quotidienne de sites pornographiques, Nordahl Lelandais a en revanche nié pendant l’instruction la fréquentation de sites à caractère pédopornographique. 


Il assure que des images se sont téléchargées automatiquement au gré de ses consultations sur internet depuis ses appareils numériques, ou qu’il s’agissait d’images de jeunes filles âgées d’au moins 17 ans. 


Un autre dossier a été ouvert à l’instruction à Charleville-Mézières (Ardennes) pour agression sexuelle sur une autre cousine de 14 ans, en mars 2017. Lors de son interrogatoire de première comparution en février 2020, Nordahl Lelandais a fermement contesté ces faits. 


Le procureur de la république de Charleville-Mézières Laurent de Caigny estime de son côté que "cette affaire peut être regardée avec beaucoup de distance", et précise ne pas avoir "la même lecture du dossier" que Me Caroline Rémond, qui représente également la jeune fille.

Zones d'ombres

Les versions livrées par le suspect n'ont cessé d'évoluer durant les premiers mois de l’enquête. S'il a admis que la petite fille était montée dans sa voiture, on ignore encore dans quelles conditions. Et les circonstances du décès de l'enfant restent entourées de zones d'ombre. 


"La question d'un éventuel mobile sexuel se posera vraisemblablement" même si les poursuites pour viol ont été écartées pendant l'instruction faute d’élément matériel, note Me Rajon.


L'accusé devra aussi s'expliquer sur les agressions sexuelles de deux petites-cousines de 5 et 6 ans. Et sur des images pédopornographiques retrouvées sur son ordinateur et dans ses téléphones. 


Son procès à Chambéry pour le meurtre d'Arthur Noyer n'avait pas vraiment permis de cerner sa personnalité énigmatique. Condamné en mai 2021 à 20 ans de réclusion, il n'a pas fait appel. 


A ce jour, aucun élément n'a permis d'étayer les multiples spéculations sur son possible parcours de "tueur en série". Une cellule spéciale a épluché pendant trois ans plus de 900 dossiers non élucidés, pour tenter de trouver un lien. Sans résultat.

Appel nocturne

27 août 2017. En cette fin tranquille de vacances estivales, la procureure de la république de Bourgoin-Jallieu, Dietlind Baudoin, reçoit un appel nocturne: une petite fille a disparu lors d’un mariage à Pont-de-Beauvoisin (Isère). "Tout de suite, j’ai senti que l’enquêteur n’était pas serein", raconte la magistrate.


Immédiatement, tout s’emballe. Les invités de la noce sont interrogés, des battues organisées, les plans d’eau sondés. Un homme intrigue par son comportement: Nordahl Lelandais. Il a échangé avec la fillette pendant la soirée et s’est absenté au moment de la disparition. Il a aussi, avec un soin extrême, lavé sa voiture le lendemain. 


Placé en garde à vue le 31 août, Lelandais est libéré le lendemain à la demande du procureur de Grenoble, Jean-Yves Coquillat, aujourd'hui retraité. "Je craignais une affaire type Dutroux, avec une petite fille enterrée vivante quelque part", explique-t-il à l'AFP: la "stratégie" consistait donc à le libérer et à le surveiller de près.


Le 3 septembre, nouvelle garde à vue et mise en examen après la découverte d'une trace ADN. Lelandais continue de nier. Il faut attendre six mois et la découverte de la tache de sang pour qu'il avoue. 


Il conduit magistrats, enquêteurs et avocats là où il a laissé le corps, sur un site escarpé du massif de la Chartreuse. "On ne l’aurait pas retrouvé" sans ses indications, admet M. Coquillat. 


L'affaire Maëlys a soulevé une immense vague d'émotion en France. Et le procès prévu au palais de justice de Grenoble devrait susciter encore plus d'échos médiatiques que celui de Chambéry.


La durée des audiences, sur trois semaines -du 31 janvier au 18 février- est bien plus longue que ne le veut l'usage pour ce type d'affaire. Un dispositif hors norme a été mis en place pour accueillir les plus de 160 journalistes accrédités. 

      

Affaire Maëlys: les grandes dates

 

Voici les principales étapes de l'affaire Maëlys, depuis la disparition de la fillette de huit ans en août 2017 en Isère au renvoi de Nordahl Lelandais pour meurtre devant la cour d'assises de l'Isère.

  • La disparition : Dans la nuit du 26 au 27 août 2017, Maëlys De Araujo disparaît vers 03H00 du matin d'une soirée de mariage dans la salle des fêtes de Pont-de-Beauvoisin (Isère). Sa famille la cherche durant une heure avant d'alerter les gendarmes. 


Très vite, les enquêteurs estiment qu'elle a pu monter dans une voiture, trois chiens pisteurs s'étant arrêtés au même endroit sur le parking voisin. Les recherches restent vaines.

  • Soupçons : Le 31 août,  Nordahl Lelandais, 34 ans à l'époque, ancien militaire, ami du marié venu en voisin, est placé en garde à vue. Invité sur le tard au mariage, il s'est absenté durant la fête.


Celui que ses amis appellent "Nono" admet avoir eu des contacts avec l'enfant mais réfute les soupçons: il dit s'être absenté pour se changer et avoir nettoyé sa voiture en profondeur le lendemain du mariage, dans le but de la vendre.

  • Mise en examen: Le 3 septembre, alors que des plongeurs sondent encore les nombreux plans d'eau de la région, Lelandais est à nouveau arrêté: une trace d'ADN de Maëlys a été trouvée dans sa voiture. Il est mis en examen pour enlèvement et incarcéré.


Lui assure que Maëlys est montée dans sa voiture avec un petit garçon, pour voir si un chien s'y trouvait, et que tous ont ensuite regagné la salle. 

  • Silhouette : En novembre 2017, le procureur fait état d'images de videosurveillance détectant sa voiture au moment de la disparition: à l'aller il y a une petite silhouette vêtue de blanc à ses côtés, il est seul au retour. Il est mis en examen pour meurtre précédé d'enlèvement et séquestration. Il nie toujours. 
  • Le dossier Noyer: L'affaire Maëlys conduit des enquêteurs à interroger Lelandais sur la disparition à Chambéry d'Arthur Noyer, un chasseur alpin de 23 ans. Des expertises téléphoniques montrent que les deux hommes ont voyagé ensemble dans la nuit du 11 au 12 avril 2017, au moment de la disparition du caporal. Lelandais nie toute implication. Il est mis en examen pour meurtre le 20 décembre 2017.
  • Enquêtes multiples: En janvier 2018, une cellule spécialisée de la gendarmerie est créée pour vérifier de possibles liens avec d'autres affaires. La cellule épluche quelque 900 dossiers de disparitions, sans résultat, avant d'être dissoute en octobre 2020.
  • Aveux : Le 14 février 2018, Lelandais, confondu par une trace de sang découverte sous un tapis de sa voiture, dit avoir frappé la fillette et l'avoir tuée "involontairement". Il conduit les enquêteurs aux restes de sa victime, dans le massif de la Chartreuse. 


Le 19 mars, il déclare que Maëlys est morte dans sa voiture après un "coup très violent" au visage alors qu'elle s'était mise à hurler.


Le 29 mars, conduit sur le lieu de découverte des ossements d'Arthur Noyer, il reconnaît son implication dans la mort du militaire, évoque une bagarre qui a mal tourné.

  • Agressions sexuelles: La découverte d'images pédopornographiques sur ses téléphones et ordinateur conduit en 2018 à sa mise en examen pour des agressions sexuelles sur deux petites-cousines de cinq et six ans, pendant l'été 2017. Il reconnaît les faits en décembre 2018.
  • Obsèques : Le 2 juin 2018, trois mois après la découverte du corps, neuf mois après la disparition, l'église de La Tour-du-Pin (Isère) accueille les obsèques de Maëlys.
  • Autre plainte : Le 27 février 2020, Lelandais est mis en examen par une juge de Charleville-Mézières (Ardennes) pour une agression sexuelle sur une troisième cousine. Les faits, qu'il conteste, remonteraient à mars 2017 alors qu'elle avait 14 ans.
  • Procès Noyer : Nordahl Lelandais est condamné le 11 mai 2021 à 20 ans de réclusion criminelle pour le meurtre du caporal Noyer. Il ne fait pas appel. 
  • Procès Maëlys : Le 1er juin 2021, il est renvoyé devant les assises de l'Isère pour le meurtre de Maëlys, pour deux agressions sexuelles sur mineures et pour "détention d'images pédopornographiques".

 

                

Le village de Pont-de-Beauvoisin marqué par l'affaire

Le village de Pont-de-Beauvoisin reste profondément marqué par la disparition de la petite Maëlys, fin août 2017, suivies de longues recherches, puis par l'arrestation de son meurtrier présumé et de ses aveux.


Alors que le procès de Nordahl Lelandais approche, les habitants de ce bourg de 2000 âmes attendent avec impatience que "justice passe" dans une histoire douloureuse, "difficile à effacer".


Quelques affichettes décolorés par le temps rappellent le drame survenus lors d'une soirée de mariage, devant la salle des Fêtes, là même où la fillette de 8 ans a disparu, ou à la station de lavage où l'accusé a nettoyé sa voiture pendant plus d'une heure pour effacer toutes les traces.


"Le souvenir est toujours là. Malheureusement, c’est difficile à effacer. (...) On a besoin que justice se fasse pour les parents, pour la famille, et pour que ça ne se renouvelle jamais", assure Christiane, 78 ans, rencontrée au centre du village. Selon elle, Nordahl Lelandais "n'avouera jamais" et "on ne peut pas attendre de lui des regrets".


"On ne peut pas comprendre le geste de tuer quelqu’un, de tuer une pauvre gamine comme ça !", lance tout de go Sylvie, 52 ans, qui tient un coquet salon de coiffure près de la mairie.


"Les gens attendent vraiment le procès: ils veulent vraiment le voir en prison et payer", poursuit la commerçante, le visage grave, sans nommer l'homme de 38 ans qui doit comparaitre à partir de lundi prochain devant la cour d'assises de l'Isère à Grenoble.


Le procès "aurait dû avoir lieu depuis longtemps", commente sa cliente Andrée, 80 ans, en plein shampoing. Cette retraité pense qu'"avec des gens comme ça, il faut remettre la peine de mort": "c’est ce qu’il mérite. Il tue, il ne doit pas vivre".


"Il mérite la prison. La prison ferme", s'exclame pour sa part Danièle, une autre octogénaire rencontrée dans la rue en souhaitant qu'il soit puni "à bloc".

« Anéantie »

La justice, "il ne faut pas qu'elle passe à côté", souligne une autre habitante. Danielle, 74 ans, "plaint la famille" de Maëlys dont l'histoire l'a "anéantie", elle espère surtout "qu'il n'y ait plus de meurtres comme ça !".


Hosam Jedda, un technicien de 44 ans, lui, a "peur" pour ses enfants depuis l'affaire. Il souhaite surtout que la procédure judiciaire puisse apporter de la sérénité "pour que ça apaise un peu le village". 


Car cette affaire "pour Pont-de-Beauvoisin, c’est malheureux !", dit-il avant de rejoindre ses amis au café. 


Longtemps, ce joli village aux maisons colorées, situé au milieu de collines, au bord d'un torrent, a surtout été connu pour son artisanat d'ébénisterie depuis l'époque du roi François 1er. 


Glucksmann assure être prêt à débattre avec les autres candidats de la primaire de la gauche

Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
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  • Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées"
  • France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin

PARIS: Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique.

Le candidat du petit parti Place publique défend la tenue d'un seul débat télévisé sur le service public, alors que ses rivaux socialistes en réclament trois et lui reprochent d'avoir "peur" de débattre.

Raphaël Glucksmann a expliqué sur BFMTV/RMC qu'il veut que leur débat ait "le maximum d'exposition", ce que le rendez-vous unique proposé par France Télévisions et France Inter assurerait selon lui.

"Ensuite s'il y a un accord entre les chaînes, s'il n'y a pas d'exclusivité, moi j'ai pas de problème à faire des débats, c'est pas la question, on verra, on négociera", a-t-il dit.

Le débat sur le service public est prévu le 6 octobre, tandis que les deux autres évoqués pourraient avoir lieu le 16 septembre sur TF1 et le 29 septembre sur BFMTV.

Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées".

"Le service public est attaqué aujourd'hui, en permanence", a-t-il dit.

France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin.

Questionné à ce sujet, Raphaël Glucksmann a répondu que Valeurs actuelles "participe à l'offensive de l'extrême droite" mais qu'il n'a pas à "commenter" les choix éditoriaux du service public.

Celui-ci est "indépendant" et n'est "pas à nos ordres", a-t-il dit.

"Il faut des éditorialistes de droite sur le service public, je pense qu'il y en a plein d'ailleurs. J'écoute le service public et je peux vous dire que je ne suis pas toujours d'accord avec leurs éditorialistes", a déclaré le candidat.


Après la tapisserie de Bayeux, premier entretien Burnham-Macron pour "renforcer" les relations

Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron et Andy Burnham veulent renforcer le partenariat franco-britannique, notamment sur l’Ukraine, la coopération avec l’UE et la lutte contre les traversées de la Manche
  • Malgré cette volonté de rapprochement, des divergences persistent sur les relations post-Brexit et les questions commerciales, tandis que les deux dirigeants veulent aussi défendre les institutions démocratiques face à la montée des extrêmes

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham et le président français Emmanuel Macron ont affiché jeudi à Londres leur volonté de "renforcer" les relations entre le Royaume-Uni et la France, mais aussi l'Union européenne, au lendemain d'une première rencontre autour de la tapisserie de Bayeux.

Le prêt au British Museum pour un an de cette broderie millénaire, décrivant la conquête de l'Angleterre en l'an 1066 par Guillaume le Conquérant, "montre ce que notre collaboration peut permettre de réaliser", a souligné le chef de gouvernement travailliste au début de l'entretien, soulignant qu'Emmanuel Macron était le premier dirigeant étranger qu'il accueillait au 10, Downing Street.

Aux côtés de celui qu'il a décrit comme le "plus proche voisin" de son pays et un "ami très important", Andy Burnham a aussi évoqué un bilan positif de leur coopération "sur l'Ukraine", sur la lutte contre les traversées de la Manche par des migrants à bord de petites embarcations, et "sur le renforcement de la relation entre le Royaume-Uni et l'UE".

Emmanuel Macron a lui assuré avoir "la volonté et l'engagement de nous rapprocher encore davantage".

- "Sujets difficiles" -

A l'issue d'un déjeuner en présence de leurs épouses et avant de quitter Londres, le président français a salué une "très bonne discussion".

A l'approche d'un sommet crucial entre l'UE et le Royaume-Uni attendu d'ici la fin de l'année, ce rapprochement était en haut de l'agenda de cette première rencontre.

Interrogé mercredi soir par des journalistes, le Premier ministre britannique avait estimé que "dix ans après le Brexit, les gens ici en ont assez des divisions. Ils voient que nous devons travailler plus étroitement ensemble".

Il a toutefois souligné qu'il y avait des "sujets difficiles" sur lesquels il espérait "trouver ensemble un moyen de surmonter" les obstacles, citant le plan de l'UE pour soutenir l'industrie "made in Europe", qui pourrait selon lui avoir des "répercussions sur l'industrie sidérurgique" britannique.

"Même si nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout, nous nous respectons (...) et restons ouverts à la discussion sur tous les sujets, y compris la relance des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne", avait de son côté commenté Emmanuel Macron dans son discours au British Museum.

Paris veut éviter que Londres fasse du "cherry-picking", autrement dit que les Britanniques ne retiennent du marché intérieur européen que ce qui les avantage.

La lutte contre l'arrivée de migrants sur de petites embarcations via la Manche est également un sujet prioritaire pour Londres.

Le gouvernement britannique, qui a enregistré cet été le nombre le plus bas d'arrivées de migrants depuis 2019, a salué le succès de son accord de coopération avec la France, reconduit pour trois ans en avril, et Andy Burnham a plaidé pour "accomplir davantage encore".

- Méga-canots -

Afin d'empêcher la traversée de "méga-canots", comme celui qui a récemment transporté 230 personnes, une équipe de 45 agents doit prochainement être déployée sur les côtes du nord-ouest de la France, soit "un quasi-triplement" des moyens dans cette zone, a fait savoir Downing Street dans un communiqué.

Autre sujet au menu: le renforcement de l'aide à l'Ukraine à un moment où les attaques russes de drones et de missiles balistiques s'intensifient et font un nombre croissant de victimes civiles.

Andy Burnham a effectué le 24 août sa première visite à Kiev, pour une réunion de la Coalition des volontaires, le groupe de pays qui soutiennent l'Ukraine, que le Royaume-Uni codirige avec la France.

Lors de ce premier entretien, qui se tenait à la veille d'une rencontre entre Jordan Bardella du Rassemblement National et Nigel Farage du parti anti-immigration Reform UK, Emmanuel Macron et Andy Burnham ont aussi évoqué "la montée des extrêmes" dans leurs pays, soulignant leur "intérêt commun" à montrer que des institutions démocratiques modérées peuvent répondre aux problèmes de leurs concitoyens, selon une source diplomatique.

Pendant sa visite au British Museum mercredi soir, le président français, qui quittera l'Élysée en mai, a dit espérer que son pays et le Royaume-Uni puissent "tisser un lien aussi étroit que les fils" de la tapisserie.

Le roi Charles III, accompagné de la reine Camilla, a quant à lui salué un prêt qui constitue "un précieux symbole de confiance".


Présidentielle: Hollande fait ses propositions pour séduire jusqu'au centre

Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
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  • Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode"
  • Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre

PARIS: Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre.

Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode, de perspectives et d'ambition".

Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre.

Mais "si émettre des idées, c'est être en campagne", alors "oui", il est en campagne, a-t-il concédé jeudi, à la foire de Châlons-en-Champagne (Marne).

Le député de Corrèze, qui a débattu récemment avec le candidat d'Horizons Edouard Philippe et a fait une apparition aux journées d'été du PS à Blois, sera la semaine prochaine à la fête de la rose de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), avant d'enchaîner les séances de dédicaces de son livre.

"L'enjeu, c'est d'unir les Français", face à la bipolarisation de la société entre "des extrêmes qui jouent la division" et une situation internationale tendue, où la France doit affirmer son indépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Russie, a-t-il expliqué mercredi.

Pour cela, "il va falloir aller au-delà des formations politiques", a-t-il glissé à Blois. Celui qui théorise la nécessité de "l'union sacrée des démocrates" et préconise d'aller chercher dès le premier tour les électeurs du centre au moment où la macronie est en fin de règne, assure ne pas vouloir proposer du "Hollande 2012" réchauffé.

Sur certains points, il se place même à rebours de son parti, comme sur la taxe Zucman pour les ultra-riches, devenue à ses yeux "un slogan. Pas une réponse" ou sur les retraites.

"Candidat de centre-droit" 

Alors que le PS veut revenir à un âge légal de départ à 62 ans, il propose de le fixer à 63 ans puis d'allonger progressivement la durée de cotisation.

"L'âge pivot doit tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie et être corrigé en permanence", a-t-il justifié.

L'ex-chef de l'Etat veut aussi "limiter à 1% pendant cinq ans l'indexation des pensions, ce qui procurerait un gain équivalent au report d'un an de l'âge de départ", et "ajouter une part de capitalisation", qui serait contrôlée par les partenaires sociaux.

De quoi faire bondir le patron des socialistes Olivier Faure: "Vous ne me trouverez pas aux côtés de ceux qui défendent ce modèle", a-t-il déclaré à Blois.

Autre nouveauté sur le plan économique, pour améliorer la feuille de paie, François Hollande suggère d'"augmenter le salaire net en diminuant les cotisations salariales". Cette perte de recettes pour la sécurité sociale serait alors compensée par un prélèvement sur le capital, via une "progressivité de la taxe sur les revenus financiers" et "un relèvement progressif de 20 à 24% du taux normal de la TVA", pourtant considérée par Olivier Faure comme "l'impôt le plus injuste".

Il estime que ce nouveau système permettrait de "relever les salaires d'environ 10% pour tous".

Et pour faire passer l'amère pilule, il propose de supprimer la TVA réduite à 5,5 %, qui s'applique sur les produits alimentaires et les travaux énergétiques, et de faire de même, mais de façon ponctuelle, pour les carburants.

Il souhaite aussi réduire les impôts de production en diminuant les aides aux entreprises, comme le propose Édouard Philippe.

De quoi séduire les centristes? François Hollande "articule des idées qui sont plus compatibles qu'elles ne l'étaient" auparavant, a reconnu le président du MoDem François Bayrou.

"On a l'impression que c'est un candidat de centre-droit. C'est un positionnement intéressant", note un cadre Horizons, tandis qu'un candidat à l'élection présidentielle constate qu'il "parle quand même très à droite pour un candidat de gauche".

"Je suis socialiste", répond l'ancien président, qui garde des marqueurs de gauche: il prévoit de "mettre à contribution les gros héritages et les patrimoines supérieurs à 10 millions d'euros brut", de porter à 30% la représentation des salariés dans les conseils d'administration des entreprises, ou de mettre en place un chèque de 10.000 euros baptisé "entrée dans la vie", pour les jeunes qui effectueront le service civique.