Un système de santé en déliquescence laminé par la pandémie

Le médecin français Pierre-Emmanuel Lebas (C) s'entretient avec un patient aux urgences de l'hôpital de Draguignan le 11 janvier 2022. Situé dans un département de la Côte d'Azur, région pourtant bien dotée en structures médicales, ce centre hospitalier dans l'arrière-pays couvre les besoins en soins d'un bassin de 100 000 habitants. Nicolas TUCAT / AFP
Le médecin français Pierre-Emmanuel Lebas (C) s'entretient avec un patient aux urgences de l'hôpital de Draguignan le 11 janvier 2022. Situé dans un département de la Côte d'Azur, région pourtant bien dotée en structures médicales, ce centre hospitalier dans l'arrière-pays couvre les besoins en soins d'un bassin de 100 000 habitants. Nicolas TUCAT / AFP
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Publié le Mardi 25 janvier 2022

Un système de santé en déliquescence laminé par la pandémie

  • Désert médical, crise de l'hôpital, soignants au plus mal: percuté par le Covid après des décennies de restrictions, le système de santé français traverse une grande dépression à l'approche de la présidentielle
  • La crise sanitaire continue de laminer un secteur pressé par dix années d'étau budgétaire, aux conséquences délétères: endettement, sous-investissement, salaires en berne

PARIS: Désert médical, crise de l'hôpital, soignants au plus mal: percuté par la Covid après des décennies de restrictions, le système de santé français traverse une grande dépression à l'approche de la présidentielle que le quinquennat Macron n'a pas su prévenir. A moins de trois mois de l'élection, des soignants interpellent les politiciens : «Qu'ils se réveillent et qu'ils viennent voir !» Des hôpitaux de proximité, loin de l'hôpital-entreprise, des embauches, de jeunes recrues notamment, la suppression des ARS... les candidats à l'Elysée ne manquent pas d'idées pour remettre d'aplomb le secteur de la santé, répondre aux besoins des hôpitaux et lutter contre les déserts médicaux.

"Quoi qu'on mette en place, tout se délite, il n'y a rien qui les retient": dans un service de réanimation parisien, une cadre de santé expérimentée peine à combler les nombreux postes vacants dans son équipe d'infirmières.
Les jeunes "ne veulent plus de ce boulot" et "ne sont pas prêts à faire tous les sacrifices" consentis par leurs aînés. "Et ils ont sûrement raison", ajoute-t-elle.
Dans chaque hôpital, les mêmes "vagues" de départs ont suivi les marées de l'épidémie.
La crise sanitaire continue de laminer un secteur pressé par dix années d'étau budgétaire, aux conséquences délétères: endettement, sous-investissement, salaires en berne. Les milliards du "Ségur de la santé", déversés entre deux confinements, ont à peine desserré l'étreinte.
Partout reviennent les mêmes témoignages de lits fermés faute de soignants pour les "armer", de plannings bouclés au prix d'heures supplémentaires et de congés abandonnés.

 

Paroles d'infirmières face à «la déliquescence de l'hôpital public»

«Qu'ils se réveillent et qu'ils viennent voir !»: des infirmières de l'hôpital public voudraient que le prochain quinquennat se traduise par une hausse des effectifs, des salaires et du nombre de lits pour pouvoir s'occuper "dignement" des patients, comme l'illustrent des témoignages recueillis par l'AFP.

«Qu'ils arrêtent de dire que tout va bien»
Séverine est infirmière en soins généraux (IDE) dans un hôpital du Val-de-Marne. Son souhait: "Qu'on nous laisse le temps de nous occuper de nos patients".
"Les soignants ne veulent plus venir travailler à l'hôpital", relate la quadragénaire, pour qui cette désaffection est liée "aux salaires", "un vrai problème".
Mais aussi au nombre insuffisant d'infirmiers. "En réanimation, nous avons la chance d'avoir un quota réglementé -deux infirmières pour cinq lits- mais ce n'est pas le cas des autres services".
"Quand il manque quelqu'un, eh bien c'est pas grave... L'infirmière prend plus et encore plus de malades, au détriment de la qualité des soins qu'elle délivre aux patients".
Quand la soignante est interrogée sur ses attentes pour le prochain quinquennat, elle répond du tac au tac: "Qu'ils arrêtent de dire que tout va bien", "alors qu'au fond, rien ne fonctionne".

«Qu'on arrête de fermer des lits»
Lilas, infirmière anesthésiste diplômée d'État (IADE) à Paris depuis 15 ans, explique attendre "un petit peu comme tout le monde" qu'on "arrête de fermer des lits".
"Les urgences sont saturées, des personnes âgées, isolées, sont opérées en ambulatoire parce qu'il n'y a pas de lit pour elles, même pour 24h", détaille-t-elle. "Mais une petite mamie de 86 ans qui s'est fait opérer de la hanche, si elle tombe, elle ne se relève pas".
Sans parler des délais d'attente pour avoir un rendez-vous. "Tout le monde ne peut pas aller dans le privé !", fait valoir la quinquagénaire, parlant "de système à deux vitesses".
L'infirmière espère également voir arriver embauches et revalorisations salariales. "Quand une infirmière est toute seule pour 35 malades, elle fait comment ?"
Avec la crise du Covid, "nous avons répondu présent, mais les politiques ne répondent pas présent: c'est toujours l'austérité". "Nous sommes fatigués, nous sommes désabusés, nous sommes dégoûtés".

«Qu'ils recrutent du personnel et revalorisent les salaires»
Les politiques ? "Qu'ils se réveillent et qu'ils viennent voir exactement comment ça se passe dans un service, qu'ils se rendent compte des difficultés qu'on rencontre", exhorte Magali, infirmière à l'hôpital Bicêtre en région parisienne.
La trentenaire demande une chose: "qu'il y ait plus de personnels soignants -médecins et paramédicaux- auprès des patients pour s'occuper dignement d'eux". Mais "avec le Covid, l'hôpital attire encore moins. Les gens n'ont plus envie de venir y travailler", constate la jeune infirmière, en poste dans un service de réanimation.
"On veut bien soigner les gens, mais il faut mettre le personnel pour et traiter ces derniers convenablement pour qu'ils restent", poursuit-elle, jugeant nécessaire "qu'ils recrutent du personnel et revalorisent les salaires".

«Que la politique de santé soit une réelle priorité»
Aurélie, infirmière anesthésiste dans les Hauts-de-Seine depuis six ans, raconte assister "à la déliquescence de l'hôpital public". "Un scénario déjà en route avant le Covid mais qui s'est précipité avec la crise sanitaire".
"Il faut que la politique de santé soit une réelle priorité" du prochain quinquennat "avec un mot d'ordre: attractivité des métiers du soin".
Pour cela, outre les revalorisations et la révision des ratios de patients par infirmier, la quadragénaire juge nécessaire de "donner des perspectives d'évolution aux infirmiers".
"Nous sommes sur le qui-vive concernant la fin de cette législature et le prochain quinquennat", explique l'infirmière anesthésiste, rappelant que les IADE se battent depuis un an pour "une reconnaissance statutaire". Le ministre de la Santé, Olivier Véran, s'y est engagé. Reste à savoir "si les paroles vont être actées concrètement".
Et plus généralement, Aurélie voudrait voir stopper "la démédicalisation de la gouvernance des hôpitaux" pour que les décisions ne se fassent plus uniquement sous le prisme financier. "L'hôpital n'est pas une entreprise de soins". "On a déshumanisé les métiers du soin, sabotant toute vocation".

 

Mais vu du ministère, "il n'y a pas de saturation générale". Au contraire, "il y a encore de la place" dans la plupart des services, malgré la réduction continue des "capacités": 20% en vingt ans, soit 100.000 lits de moins.
Pendant ce temps, la fréquentation des urgences a doublé. Avec 22 millions de passages par an, l'engorgement est manifeste, la tension palpable. La longue grève de 2019 n'avait pas surgi de nulle part. Là aussi les bras manquent, au point que certains services ne tournent qu'avec des intérimaires recrutés à prix d'or.
D'autres affichent porte close la nuit, laissant dans le dénuement ceux pour qui l'hôpital est devenu le premier recours.

Gérer la pénurie

Leur nombre s'accroît à mesure qu'avancent les "déserts médicaux". Selon les définitions, entre 3,7 et 7,4 millions de personnes habitent une "zone sous-dense", où l'accès aux généralistes est limité à deux ou trois consultations par an.
Chez les spécialistes, les délais de rendez-vous se comptent parfois en mois. La faute au choix malthusien du "numerus clausus", supprimé l'an dernier après avoir asséché le vivier pendant un demi-siècle.

Dans le Lot, département rural du Sud-Ouest, Philippe Dumont, 70 ans, cherche en vain depuis trois mois un médecin traitant pour lui et surtout sa femme Véronique, 66 ans, atteinte de deux cancers.
Sa quête l'a mené jusqu'à 60 kilomètres autour de leur village de Gigouzac. Mais il n'a essuyé que des refus.
"La galère" a commencé en octobre, se souvient-t-il, lorsqu'ils essaient de prendre rendez-vous avec leur généraliste à Cahors, à une trentaine de minutes de route de chez eux.
"Un message laconique nous apprend que ce radical antivax, par ailleurs très compétent, a été suspendu par l'ARS."
Depuis, les refus des autres médecins s’accumulent. "Quelle que soit la façon dont on s'y prenne, par téléphone ou par Doctolib, la réponse est toujours la même: +on ne prend plus de patients+"!

Dans ce contexte, le couple envisage de déménager près de Toulouse, à 130 kilomètres de là, où Véronique Dumont est suivie par un oncologue.
C'est déjà dans cette ville qu'ils vont "voir, après avoir pris rendez-vous six mois plus tôt, l'ophtalmo ou les autres spécialistes qui ont déserté le Lot".

"J'ai 62 ans, je vais essayer de tenir encore un peu" avant la retraite: à moins de trois mois de la présidentielle, Dominique Bassenne, l'un des deux derniers gynécologues de Bar-le-Duc déplore, comme plusieurs collègues, le manque de clarté des candidats sur la santé.
Il en est certain: quand il aura définitivement fermé la porte de son cabinet, ouvert en 1996 avec deux associés partis à la retraite depuis, personne ne viendra le remplacer.
"En 2021, j'ai fait 7.500 consultations", raconte le médecin, parfois obligé d'orienter des patientes vers des généralistes. "Mais c'est pareil, ils sont débordés, alors les patientes vont finir aux urgences", elles aussi "débordées", selon lui.
Et pour une consultation à son cabinet, qui ne désemplit pas de 08H30 à 20H00, pas de rendez-vous "avant fin mars", précise le praticien pour qui la situation reste "gérable" mais qui n'a jamais "eu ce délai-là".
La Meuse compte encore huit gynécologues-obstétriciens en activité, en cabinet ou à l'hôpital, selon l'Ordre des Médecins, soit 8,5 praticiens pour 100.000 habitants. La médiane française est de 14,2 pour 100.000, et le département "le moins bien loti" est la Creuse, avec 3,3 praticiens pour 100.000 habitants, précise l'Ordre.
Désormais la démographie médicale recule, quand la population française augmente et vieillit. Un "creux" est attendu dans les prochaines années, qui serait comblé "à l'horizon 2030" grâce au relèvement des quotas d'étudiants admis par les universités.

Au total, les ministères de la Santé et de l'Enseignement supérieur prévoient de former 51.505 médecins entre 2021 et 2025. Emmanuel Macron a promis une enveloppe de 19 milliards pour le Ségur de la Santé et la suppression du numerus clausus, laissant la porte ouverte à la possibilité de créer une 4e année obligatoire des études de médecine dans les déserts médicaux, une idée que défend la candidate LR Valérie Pécresse.
En attendant il faudra gérer la pénurie. Les tentatives répétées pour encadrer la liberté d'installation des praticiens échouent immanquablement: trop conflictuel, pour un résultat incertain, la contrainte risquant d'agir comme un repoussoir.
Même rejet systématique pour l'obligation d'exercer quelques années dans un "désert" après dix ans d'études. Une proposition vécue comme une provocation par des internes déjà pressurés bien au-delà du maximum légal de 48 heures hebdomadaires et sans qui l'hôpital s'écroulerait.

Avec la campagne présidentielle ressurgit aussi l'idée de "débureaucratiser" les établissements publics, reprise en choeur par trois des favoris de droite et d'extrême droite - Valérie Pécresse, Marine Le Pen et Eric Zemmour - à grand renfort de chiffres erronés: loin des 30% à 35% avancés à la volée, les postes administratifs ne représentent que 10% du million de salariés du secteur, contre 13% dans le privé.
A gauche, Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot, promettent 100.000 soignants supplémentaires et de nouvelles hausses de salaires, mais la facture du "Ségur", financée à crédit, ne laisse pas de marge de manoeuvre budgétaire, sauf à plomber un peu plus le déficit de la Sécu.
Reste la piste du partage de tâches, qui consiste à élargir les compétences des infirmiers, kinés et autres paramédicaux pour alléger le fardeau des médecins. Mais ces derniers freinent toute évolution, rechignant à échanger leur pouvoir - et l'argent qui va avec - contre ce temps qui leur manque si cruellement.

 

Présidentielle: cinq propositions des candidats sur la santé passées au crible

Une multitude de propositions: avec la crise sanitaire qui a mis en évidence les besoins des hôpitaux et les difficultés pour nombre de Français d'accéder à un médecin, les candidats à l'Elysée fourmillent d'idées pour remettre d'aplomb le secteur de la santé. En voici cinq d'entre elles:

Adieu à l'hôpital-entreprise (gauche)
A gauche, c'est la gestion elle-même des hôpitaux qui est remise en cause par les candidats. Christiane Taubira souhaite ainsi "sortir l’hôpital public de la tyrannie comptable de la tarification à l'activité". Pour y parvenir, elle entend notamment recruter "100.000 soignantes et soignants" et les rémunérer correctement, dignement, à la hauteur des meilleurs de nos partenaires européens", afin de soulager le personnel des hôpitaux fortement éprouvé par la crise sanitaire.
Sa rivale à gauche, la PS Anne Hidalgo, veut elle aussi "tourner la page de l’hôpital-entreprise". Elle prévoit également de recruter massivement et promet de mettre sur pied "une conférence sur les salaires avec les organisations patronales et syndicales".
Au-delà de la gauche, l'ensemble des candidats à l'Elysée proposent de recruter. Mais le chef de l'Etat élu en avril devra aussi trouver le moyen de financer ces mesures, la facture du "Ségur", financée à crédit, ne laissant pas beaucoup de marge de manoeuvre budgétaire.

Des hôpitaux de proximité (Roussel et Mélenchon)
S'il était élu président le 24 avril prochain, le communiste Fabien Roussel entend lutter contre les déserts médicaux en construisant un hôpital public de proximité à moins de 30 minutes de chaque bassin de vie. Le candidat, qui présente la santé comme "un bien commun", prévoit que ces hôpitaux disposent d’une maternité, d'un service d'urgence et de chirurgie.
Dans le même esprit, le LFI Jean-Luc Mélenchon propose un service d'urgence hospitalière, un EHPAD et une maternité à moins de 30 minutes de chaque Français.

"Docteur junior" à la campagne (Pécresse)
Pour lutter contre les déserts médicaux, où les généralistes font défaut, la candidate LR Valérie Pécresse souhaite puiser dans le vivier des étudiants en médecine. "Je proposerai à 4.000 étudiants en médecine générale une année de « docteur junior » pour qu’ils viennent exercer dans les territoires sous-dotés".
Elle souhaite aller ainsi plus loin que la suppression du numérus clausus adoptée par le président sortant Emmanuel Macron, qui n'a pas encore officialisé sa candidature. Cette mesure, votée en 2019 et mise en oeuvre en 2021 par le gouvernement, laisse les universités fixer elle-mêmes leurs capacités d'accueil et ses résultats ne devraient être visibles que dans plusieurs années, lorsque les nouveaux étudiants de 2021 seront diplômés.

Embauches d'urgence de médecins (Zemmour)
Le polémiste d'extrême-droite Eric Zemmour entend lutter contre les déserts médicaux grâce à "l'embauche en urgence" par l'Etat de 1.000 médecins salariés, envoyés dans ces territoires. Pour y parvenir, il cite régulièrement en exemple le département de Saône-et-Loire qui a salarié des médecins dans ses centres de santé. Il défend aussi des services d'urgence de proximité.
Suppression des ARS (Le Pen et Zemmour)
Les Agences régionales de santé (ARS) dont l'action lors du premier confinement avait été fortement critiquées par les élus locaux, se retrouvent malgré elles dans le programme des deux candidats d'extrême droite. Marine Le Pen veut les supprimer et confier leur mission aux préfets de région. Eric Zemmour compte également supprimer les ARS, car il trouve qu'on a "technocratisé la gestion de la médecine". D'une manière générale, la débureaucratisation du secteur de la santé revient chez de nombreux candidats.
Et aussi... des expropriations
A l'extrême gauche, le candidat du NPA Philippe Poutou, veut "exproprier les grands groupes de l’industrie pharmaceutique" afin de "nous réapproprier les outils de production, sans indemnité ni rachat".

(Avec AFP)


Glucksmann assure être prêt à débattre avec les autres candidats de la primaire de la gauche

Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
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  • Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées"
  • France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin

PARIS: Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique.

Le candidat du petit parti Place publique défend la tenue d'un seul débat télévisé sur le service public, alors que ses rivaux socialistes en réclament trois et lui reprochent d'avoir "peur" de débattre.

Raphaël Glucksmann a expliqué sur BFMTV/RMC qu'il veut que leur débat ait "le maximum d'exposition", ce que le rendez-vous unique proposé par France Télévisions et France Inter assurerait selon lui.

"Ensuite s'il y a un accord entre les chaînes, s'il n'y a pas d'exclusivité, moi j'ai pas de problème à faire des débats, c'est pas la question, on verra, on négociera", a-t-il dit.

Le débat sur le service public est prévu le 6 octobre, tandis que les deux autres évoqués pourraient avoir lieu le 16 septembre sur TF1 et le 29 septembre sur BFMTV.

Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées".

"Le service public est attaqué aujourd'hui, en permanence", a-t-il dit.

France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin.

Questionné à ce sujet, Raphaël Glucksmann a répondu que Valeurs actuelles "participe à l'offensive de l'extrême droite" mais qu'il n'a pas à "commenter" les choix éditoriaux du service public.

Celui-ci est "indépendant" et n'est "pas à nos ordres", a-t-il dit.

"Il faut des éditorialistes de droite sur le service public, je pense qu'il y en a plein d'ailleurs. J'écoute le service public et je peux vous dire que je ne suis pas toujours d'accord avec leurs éditorialistes", a déclaré le candidat.


Après la tapisserie de Bayeux, premier entretien Burnham-Macron pour "renforcer" les relations

Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron et Andy Burnham veulent renforcer le partenariat franco-britannique, notamment sur l’Ukraine, la coopération avec l’UE et la lutte contre les traversées de la Manche
  • Malgré cette volonté de rapprochement, des divergences persistent sur les relations post-Brexit et les questions commerciales, tandis que les deux dirigeants veulent aussi défendre les institutions démocratiques face à la montée des extrêmes

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham et le président français Emmanuel Macron ont affiché jeudi à Londres leur volonté de "renforcer" les relations entre le Royaume-Uni et la France, mais aussi l'Union européenne, au lendemain d'une première rencontre autour de la tapisserie de Bayeux.

Le prêt au British Museum pour un an de cette broderie millénaire, décrivant la conquête de l'Angleterre en l'an 1066 par Guillaume le Conquérant, "montre ce que notre collaboration peut permettre de réaliser", a souligné le chef de gouvernement travailliste au début de l'entretien, soulignant qu'Emmanuel Macron était le premier dirigeant étranger qu'il accueillait au 10, Downing Street.

Aux côtés de celui qu'il a décrit comme le "plus proche voisin" de son pays et un "ami très important", Andy Burnham a aussi évoqué un bilan positif de leur coopération "sur l'Ukraine", sur la lutte contre les traversées de la Manche par des migrants à bord de petites embarcations, et "sur le renforcement de la relation entre le Royaume-Uni et l'UE".

Emmanuel Macron a lui assuré avoir "la volonté et l'engagement de nous rapprocher encore davantage".

- "Sujets difficiles" -

A l'issue d'un déjeuner en présence de leurs épouses et avant de quitter Londres, le président français a salué une "très bonne discussion".

A l'approche d'un sommet crucial entre l'UE et le Royaume-Uni attendu d'ici la fin de l'année, ce rapprochement était en haut de l'agenda de cette première rencontre.

Interrogé mercredi soir par des journalistes, le Premier ministre britannique avait estimé que "dix ans après le Brexit, les gens ici en ont assez des divisions. Ils voient que nous devons travailler plus étroitement ensemble".

Il a toutefois souligné qu'il y avait des "sujets difficiles" sur lesquels il espérait "trouver ensemble un moyen de surmonter" les obstacles, citant le plan de l'UE pour soutenir l'industrie "made in Europe", qui pourrait selon lui avoir des "répercussions sur l'industrie sidérurgique" britannique.

"Même si nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout, nous nous respectons (...) et restons ouverts à la discussion sur tous les sujets, y compris la relance des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne", avait de son côté commenté Emmanuel Macron dans son discours au British Museum.

Paris veut éviter que Londres fasse du "cherry-picking", autrement dit que les Britanniques ne retiennent du marché intérieur européen que ce qui les avantage.

La lutte contre l'arrivée de migrants sur de petites embarcations via la Manche est également un sujet prioritaire pour Londres.

Le gouvernement britannique, qui a enregistré cet été le nombre le plus bas d'arrivées de migrants depuis 2019, a salué le succès de son accord de coopération avec la France, reconduit pour trois ans en avril, et Andy Burnham a plaidé pour "accomplir davantage encore".

- Méga-canots -

Afin d'empêcher la traversée de "méga-canots", comme celui qui a récemment transporté 230 personnes, une équipe de 45 agents doit prochainement être déployée sur les côtes du nord-ouest de la France, soit "un quasi-triplement" des moyens dans cette zone, a fait savoir Downing Street dans un communiqué.

Autre sujet au menu: le renforcement de l'aide à l'Ukraine à un moment où les attaques russes de drones et de missiles balistiques s'intensifient et font un nombre croissant de victimes civiles.

Andy Burnham a effectué le 24 août sa première visite à Kiev, pour une réunion de la Coalition des volontaires, le groupe de pays qui soutiennent l'Ukraine, que le Royaume-Uni codirige avec la France.

Lors de ce premier entretien, qui se tenait à la veille d'une rencontre entre Jordan Bardella du Rassemblement National et Nigel Farage du parti anti-immigration Reform UK, Emmanuel Macron et Andy Burnham ont aussi évoqué "la montée des extrêmes" dans leurs pays, soulignant leur "intérêt commun" à montrer que des institutions démocratiques modérées peuvent répondre aux problèmes de leurs concitoyens, selon une source diplomatique.

Pendant sa visite au British Museum mercredi soir, le président français, qui quittera l'Élysée en mai, a dit espérer que son pays et le Royaume-Uni puissent "tisser un lien aussi étroit que les fils" de la tapisserie.

Le roi Charles III, accompagné de la reine Camilla, a quant à lui salué un prêt qui constitue "un précieux symbole de confiance".


Présidentielle: Hollande fait ses propositions pour séduire jusqu'au centre

Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
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  • Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode"
  • Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre

PARIS: Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre.

Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode, de perspectives et d'ambition".

Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre.

Mais "si émettre des idées, c'est être en campagne", alors "oui", il est en campagne, a-t-il concédé jeudi, à la foire de Châlons-en-Champagne (Marne).

Le député de Corrèze, qui a débattu récemment avec le candidat d'Horizons Edouard Philippe et a fait une apparition aux journées d'été du PS à Blois, sera la semaine prochaine à la fête de la rose de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), avant d'enchaîner les séances de dédicaces de son livre.

"L'enjeu, c'est d'unir les Français", face à la bipolarisation de la société entre "des extrêmes qui jouent la division" et une situation internationale tendue, où la France doit affirmer son indépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Russie, a-t-il expliqué mercredi.

Pour cela, "il va falloir aller au-delà des formations politiques", a-t-il glissé à Blois. Celui qui théorise la nécessité de "l'union sacrée des démocrates" et préconise d'aller chercher dès le premier tour les électeurs du centre au moment où la macronie est en fin de règne, assure ne pas vouloir proposer du "Hollande 2012" réchauffé.

Sur certains points, il se place même à rebours de son parti, comme sur la taxe Zucman pour les ultra-riches, devenue à ses yeux "un slogan. Pas une réponse" ou sur les retraites.

"Candidat de centre-droit" 

Alors que le PS veut revenir à un âge légal de départ à 62 ans, il propose de le fixer à 63 ans puis d'allonger progressivement la durée de cotisation.

"L'âge pivot doit tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie et être corrigé en permanence", a-t-il justifié.

L'ex-chef de l'Etat veut aussi "limiter à 1% pendant cinq ans l'indexation des pensions, ce qui procurerait un gain équivalent au report d'un an de l'âge de départ", et "ajouter une part de capitalisation", qui serait contrôlée par les partenaires sociaux.

De quoi faire bondir le patron des socialistes Olivier Faure: "Vous ne me trouverez pas aux côtés de ceux qui défendent ce modèle", a-t-il déclaré à Blois.

Autre nouveauté sur le plan économique, pour améliorer la feuille de paie, François Hollande suggère d'"augmenter le salaire net en diminuant les cotisations salariales". Cette perte de recettes pour la sécurité sociale serait alors compensée par un prélèvement sur le capital, via une "progressivité de la taxe sur les revenus financiers" et "un relèvement progressif de 20 à 24% du taux normal de la TVA", pourtant considérée par Olivier Faure comme "l'impôt le plus injuste".

Il estime que ce nouveau système permettrait de "relever les salaires d'environ 10% pour tous".

Et pour faire passer l'amère pilule, il propose de supprimer la TVA réduite à 5,5 %, qui s'applique sur les produits alimentaires et les travaux énergétiques, et de faire de même, mais de façon ponctuelle, pour les carburants.

Il souhaite aussi réduire les impôts de production en diminuant les aides aux entreprises, comme le propose Édouard Philippe.

De quoi séduire les centristes? François Hollande "articule des idées qui sont plus compatibles qu'elles ne l'étaient" auparavant, a reconnu le président du MoDem François Bayrou.

"On a l'impression que c'est un candidat de centre-droit. C'est un positionnement intéressant", note un cadre Horizons, tandis qu'un candidat à l'élection présidentielle constate qu'il "parle quand même très à droite pour un candidat de gauche".

"Je suis socialiste", répond l'ancien président, qui garde des marqueurs de gauche: il prévoit de "mettre à contribution les gros héritages et les patrimoines supérieurs à 10 millions d'euros brut", de porter à 30% la représentation des salariés dans les conseils d'administration des entreprises, ou de mettre en place un chèque de 10.000 euros baptisé "entrée dans la vie", pour les jeunes qui effectueront le service civique.