Présidentielle: les jeunes à distance du vote mais pas dépolitisés

Le président des Jeunes avec Macron, Ambroise Méjean, prononce un discours lors de la présentation des propositions de l'organisation pour le programme du président sortant s'il devait se présenter comme candidat à la présidentielle à Paris, le 31 janvier 2022. Ludovic MARIN / AFP
Le président des Jeunes avec Macron, Ambroise Méjean, prononce un discours lors de la présentation des propositions de l'organisation pour le programme du président sortant s'il devait se présenter comme candidat à la présidentielle à Paris, le 31 janvier 2022. Ludovic MARIN / AFP
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Publié le Mercredi 02 février 2022

Présidentielle: les jeunes à distance du vote mais pas dépolitisés

  • Pour les spécialistes des élections, il y a incontestablement dans les nouvelles générations une proportion croissante d'électeurs intermittents
  • Attention cependant aux généralisations hâtives, avertit Vincent Tiberj car "il faut penser les jeunesses au pluriel"

PARIS: La montée de l'abstention chez les jeunes, qui risque de se confirmer à la présidentielle en avril, est révélatrice d'un nouveau rapport au vote et à la politique qui ne concerne pas que les moins de 35 ans.
Pour les spécialistes des élections, il y a incontestablement dans les nouvelles générations une proportion croissante d'électeurs intermittents, qui alternent participation ou abstention selon les scrutins.
Ainsi, si l'abstention a atteint des records lors des dernières élections locales, elle a encore été plus élevée chez les jeunes, pas seulement les 18-24 ans, mais aussi les 25-34 ans.
Selon l'Ifop par exemple, à peine 16% des 18-24 ans et 19% des 25-34 ans se sont déplacés lors du premier tour des régionales le 20 juin, à comparer aux 47% des plus de 65 ans (et aux 33% des Français en moyenne).
Mais, à rebours d'une antienne "déplorative", déjà fort ancienne, sur les "jeunes qui se détournent du vote", le politiste Vincent Tiberj préfère mettre l'accent sur une nouvelle "culture politique" qu'il appelle la "citoyenneté distante".

Virtuoses de la participation
Pour ce professeur de Sciences Po Bordeaux, "les générations post-Baby boom et surtout les millenials (qui ont atteint leur majorité en 2000 ou après)", de plus en plus diplômés, de mieux en mieux informés, sont aussi "de plus en plus distants à l'endroit du système représentatif et du vote".
Mais ce sont aussi "des virtuoses de la participation parce que certes ils ne vont pas forcément toujours voter, mais ils vont participer de plein d'autres manières, par la manif, la pétition, les réseaux sociaux, par l'action locale", comme on a pu le voir avec les mobilisations de jeunes pour le climat, explique-t-il à l'AFP.
Il conteste donc l'idée que l'abstention soit le symptôme d'une "crise de la citoyenneté".
Selon lui, "la citoyenneté, beaucoup parmi ces jeunes générations la pratiquent mais autrement qu'en tant qu'électeurs, qu'en tant que citoyens qui s'en remettent à des élus en leur laissant le soin de diriger pour eux", comme c'était bien davantage le cas pour les générations nées avant la Seconde guerre mondiale.
"Il n'est pas vrai de dire que les jeunes ne portent pas d’intérêt à la vie politique, à la vie de la collectivité, à l'intérêt général", abonde sa collègue Anne Muxel, qui repère elle aussi une "citoyenneté plus réflexive et plus critique, non dénuée d’une tentation protestataire lancinante".
"Malgré le contexte de crises successives, leurs pratiques d’engagement et de bénévolat se sont plutôt renforcées. Mais lorsqu'ils s'engagent, les jeunes le font en dehors des organisations politiques traditionnelles. Ils se mobilisent sur les réseaux sociaux, dans la rue, se montrent créatifs et inventifs", précise à Ouest France cette directrice de recherche du Cevipof.
"L'attitude de défiance à l'égard de la sphère politique, accélérée par la crise du coronavirus, conduit la jeunesse, dans sa majorité, à ne plus compter sur le personnel politique pour préparer son avenir", analyse aussi le sondeur Frédéric Dabi (Ifop) dans son livre La Fracture.

A moins de 25 ans, ils défendent leurs convictions à la présidentielle

Ils sont deux, parmi des dizaines de candidats putatifs à la présidentielle. La jeunesse de Martin Rocca, 22 ans, et d'Anna Agueb-Porterie, arrivée dernière de la Primaire populaire, les distingue alors que nombre de jeunes se désinvestissent du vote.
Martin Rocca a mis ses études entre parenthèses, après une licence d'histoire,  parce qu'"aujourd'hui on va un peu dans le mur, aucun gouvernement successif n'a réussi à répondre à la crise climatique", explique-t-il.
Depuis le 10 janvier, il s'est lancé dans un tour de France en caravane pour collecter ses parrainages. "Quand je dors dans un fourgon et que je me lève à 6h du mat', qu’il gèle et que je dois sortir en sac de couchage avant d’aller voir un maire, je me dis que c’est épuisant mais ponctué de bonnes nouvelles", raconte-t-il.
Il défend une unique proposition : la création d'une assemblée constituante pour "rénover la démocratie". Son idée de participer à la présidentielle est née après une discussion avec des militants écologistes d'Extinction Rebellion. "Je voulais prendre le contrepied face aux jeunes qui prônent la désobéissance civile." Pour lui, une telle démarche est vouée à l'échec car elle place "la morale individuelle au-dessus de l'intérêt collectif". "C'est un problème en démocratie alors qu'on a des outils légaux", estime-t-il.
Martin Rocca veut défendre ses idées et gagner en visibilité, et juge que la période électorale y est favorable. "Pour porter l'idée d'une assemblée constituante, il existe des associations depuis longtemps, mais on n'en entend pas parler alors que la candidature d'un jeune de 22 ans ça fait du bruit", veut-il croire.
Anna Agueb-Porterie, engagée dans plusieurs associations, était candidate à la Primaire populaire, qui a vu triompher Christiane Taubira. Elle s'est depuis ralliée à Jean-Luc Mélenchon.
"Je soutiens depuis le début la convergence entre le programme l'Avenir en commun et le socle commun de la Primaire populaire", se justifie-t-elle.
Originaire des Pyrénées-Atlantiques, celle qui défend un "discours d'écologie populaire" indique maintenant vouloir "prendre ses distances" avec le monde politique "institutionnel" dont le fonctionnement l'a, dit-elle, laissée amère.  
"Cela a été une sacrée expérience, j'ai pu rencontrer du monde. Je continuerai à promouvoir le programme de l'Avenir en commun mais à mon échelle" dans la politique sociale, déclare la militante de l'association Alliance citoyenne. Elle n'exclut pas de réinvestir la politique mais n'a pas "d'objectifs carriéristes".
L'abstention des 18-24 ans a atteint 29% au premier tour de l'élection présidentielle de 2017, soit sept points de plus que la moyenne tous âges confondus.

En dehors des radars
Attention cependant aux généralisations hâtives, avertit Vincent Tiberj car "il faut penser les jeunesses au pluriel".
A un bout du spectre, on a "ceux qu'on met en avant dans les partis politiques, qui se mobilisent dans les meetings", mais ils "sont une infime minorité, pas forcément représentatifs de leur génération", analyse-t-il.
Mais à l'autre bout, il y a ceux qu'il appelle les "ni en études ni en emploi ni en politique" qui se tiennent encore plus à distance de la politique et "sont en dehors des radars à la fois de l'offre politique et du système médiatique".
Car là réside le principal risque politique d'un vote moins régulier, notamment pour la prochaine présidentielle. "Dans la sphère électorale, si tu ne te déplaces pas parce que tu n'es pas content, il y en a d'autres qui le font à ta place et ça aboutit à des déformations en termes d'équilibre politique", résume-t-il.
"Les plus de 65 ans ont pesé dans les urnes 1,4 fois leur poids dans la population tandis que les moins de 35 ans ont pesé moins de 50% de leur poids démographique réel", a ainsi calculé Vincent Tiberj pour les régionales, pointant un "biais générationnel" qui n'est pas sans conséquence sur les politiques publiques.

Voter à 16 ans ? Pas la priorité des jeunes selon des sondages

Abaisser l'âge du droit de vote à 16 ans serait-il un bon moyen d'intéresser la jeunesse à la vie politique ? Le sujet divise les candidats à la présidentielle, mais suscite aussi d'importantes réserves chez les jeunes, de plus en plus éloignés de la politique traditionnelle, selon des sondages.
Pourquoi proposer le vote à 16 ans ?
A gauche, Anne Hidalgo (PS), l'écologiste Yannick Jadot et l'insoumis Jean-Luc Mélenchon soutiennent le droit de vote à 16 ans.
Elargir le corps électoral permettrait une sensibilisation plus précoce des jeunes aux enjeux politiques. "Un certain nombre d'études ont montré - notamment aux Etats-Unis - que l'abaissement de l'âge électoral rendrait possible un accompagnement des premières expériences électorales", indique Céline Braconnier, directrice de Sciences Po Saint-Germain-en-Laye.
Les défenseurs de la mesure en font un des outils pour répondre à l'abstention massive de la jeunesse (82% des moins de 35 ans inscrits n'ont pas voté aux dernières régionales et départementales).
Ils soulignent que 16 ans est un âge d'émancipation à partir duquel on peut déjà travailler, payer des impôts, s'immatriculer à la Sécurité sociale, être pompier volontaire, obtenir un permis de chasse...
En France, 1,5 million de jeunes de 16 et 17 ans seraient concernés.
Quelles sont les critiques ?
Droite et extrême droite sont défavorables à la mesure, débattue et rejetée au mois de décembre au Sénat.
Contre cette proposition de loi socialiste, la sénatrice LR Nadine Bellurot avait évoqué l'importance du "recul" et d'une "certaine maturité" pour voter. Elle considère aussi sur le plan juridique qu'il n'est pas possible de dissocier majorité électorale et majorité civile (18 ans).
Se poserait aussi la question de pouvoir voter à 16 ans, sans avoir le droit de se présenter aux élections (18 ans).
Au gouvernement, des nuances sont apparues. Le secrétaire d'Etat Clément Beaune s'était dit "plutôt favorable" au vote à 16 ans.
Devant les sénateurs, la secrétaire d'Etat Sarah El Haïry chargée de la jeunesse et de l'engagement, estimait pour sa part en décembre que "les conditions ne semblent pas réunies".
A ses yeux, "le cœur de la bataille, c'est l'abstention" et la crainte "qu'une partie des jeunes n'aient perdu confiance dans la capacité transformatrice du vote". Elle plaide plutôt pour "un parcours de citoyenneté" avec la "généralisation du service national universel".
Qu'en pensent les jeunes ?
Des organisations étudiantes et lycéennes comme l'Unef et l'Union nationale lycéenne sont pour le vote à 16 ans.
Dans les enquêtes d'opinion, les jeunes interrogés sont toutefois largement défavorables à la mesure.
L'ouverture du droit de vote à 16 est la proposition qui recueillait le plus d'avis défavorables – plus de 72 % - en 2017 lors d'une enquête de l'Institut national de la jeunesse et l'éducation populaire (Injep) et du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Crédoc).
En octobre 2021, les députés écologistes Paula Forteza et Matthieu Orphelin, qui plaident pour le vote dès 16 ans, avaient été surpris en présentant une série d'entretiens et de questions auprès de 500 jeunes. Seuls 8% faisaient du vote à 16 ans un levier pour inciter au vote.
Selon Paula Forteza, ces résultats illustrent une "forme d'auto-censure" et l'importance de "l'accompagnement", mais "plus on vote tôt, plus on s'habitue à voter".
Le sondeur Frédéric Dabi (Ifop), qui vient de consacrer un ouvrage à la jeunesse ("La Fracture", éd. Les Arènes), estime que "le vote à 16 ans est une proposition +totem+ pour les candidats. Mais l'abstention n'est pas une question d'âge mais de questionnement sur l'utilité du vote et l'inadéquation de l'offre électorale".
"Les jeunes pensent que les politiques ne transforment plus la vie sur les questions qui les préoccupent comme le climat ou les discriminations", ajoute-t-il.
Qu'en est-il ailleurs en Europe ?
Une poignée d'Etats européens ont déjà franchi le pas de l'abaissement de l'âge du vote, suivant des modalités différentes. C'est le cas en Autriche depuis 2007, à Malte depuis 2018 mais aussi pour certains scrutins locaux en Allemagne, avec des différences selon les régions. En Grèce, il est possible de voter dès l'âge de 17 ans.


Glucksmann assure être prêt à débattre avec les autres candidats de la primaire de la gauche

Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
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  • Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées"
  • France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin

PARIS: Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique.

Le candidat du petit parti Place publique défend la tenue d'un seul débat télévisé sur le service public, alors que ses rivaux socialistes en réclament trois et lui reprochent d'avoir "peur" de débattre.

Raphaël Glucksmann a expliqué sur BFMTV/RMC qu'il veut que leur débat ait "le maximum d'exposition", ce que le rendez-vous unique proposé par France Télévisions et France Inter assurerait selon lui.

"Ensuite s'il y a un accord entre les chaînes, s'il n'y a pas d'exclusivité, moi j'ai pas de problème à faire des débats, c'est pas la question, on verra, on négociera", a-t-il dit.

Le débat sur le service public est prévu le 6 octobre, tandis que les deux autres évoqués pourraient avoir lieu le 16 septembre sur TF1 et le 29 septembre sur BFMTV.

Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées".

"Le service public est attaqué aujourd'hui, en permanence", a-t-il dit.

France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin.

Questionné à ce sujet, Raphaël Glucksmann a répondu que Valeurs actuelles "participe à l'offensive de l'extrême droite" mais qu'il n'a pas à "commenter" les choix éditoriaux du service public.

Celui-ci est "indépendant" et n'est "pas à nos ordres", a-t-il dit.

"Il faut des éditorialistes de droite sur le service public, je pense qu'il y en a plein d'ailleurs. J'écoute le service public et je peux vous dire que je ne suis pas toujours d'accord avec leurs éditorialistes", a déclaré le candidat.


Après la tapisserie de Bayeux, premier entretien Burnham-Macron pour "renforcer" les relations

Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron et Andy Burnham veulent renforcer le partenariat franco-britannique, notamment sur l’Ukraine, la coopération avec l’UE et la lutte contre les traversées de la Manche
  • Malgré cette volonté de rapprochement, des divergences persistent sur les relations post-Brexit et les questions commerciales, tandis que les deux dirigeants veulent aussi défendre les institutions démocratiques face à la montée des extrêmes

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham et le président français Emmanuel Macron ont affiché jeudi à Londres leur volonté de "renforcer" les relations entre le Royaume-Uni et la France, mais aussi l'Union européenne, au lendemain d'une première rencontre autour de la tapisserie de Bayeux.

Le prêt au British Museum pour un an de cette broderie millénaire, décrivant la conquête de l'Angleterre en l'an 1066 par Guillaume le Conquérant, "montre ce que notre collaboration peut permettre de réaliser", a souligné le chef de gouvernement travailliste au début de l'entretien, soulignant qu'Emmanuel Macron était le premier dirigeant étranger qu'il accueillait au 10, Downing Street.

Aux côtés de celui qu'il a décrit comme le "plus proche voisin" de son pays et un "ami très important", Andy Burnham a aussi évoqué un bilan positif de leur coopération "sur l'Ukraine", sur la lutte contre les traversées de la Manche par des migrants à bord de petites embarcations, et "sur le renforcement de la relation entre le Royaume-Uni et l'UE".

Emmanuel Macron a lui assuré avoir "la volonté et l'engagement de nous rapprocher encore davantage".

- "Sujets difficiles" -

A l'issue d'un déjeuner en présence de leurs épouses et avant de quitter Londres, le président français a salué une "très bonne discussion".

A l'approche d'un sommet crucial entre l'UE et le Royaume-Uni attendu d'ici la fin de l'année, ce rapprochement était en haut de l'agenda de cette première rencontre.

Interrogé mercredi soir par des journalistes, le Premier ministre britannique avait estimé que "dix ans après le Brexit, les gens ici en ont assez des divisions. Ils voient que nous devons travailler plus étroitement ensemble".

Il a toutefois souligné qu'il y avait des "sujets difficiles" sur lesquels il espérait "trouver ensemble un moyen de surmonter" les obstacles, citant le plan de l'UE pour soutenir l'industrie "made in Europe", qui pourrait selon lui avoir des "répercussions sur l'industrie sidérurgique" britannique.

"Même si nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout, nous nous respectons (...) et restons ouverts à la discussion sur tous les sujets, y compris la relance des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne", avait de son côté commenté Emmanuel Macron dans son discours au British Museum.

Paris veut éviter que Londres fasse du "cherry-picking", autrement dit que les Britanniques ne retiennent du marché intérieur européen que ce qui les avantage.

La lutte contre l'arrivée de migrants sur de petites embarcations via la Manche est également un sujet prioritaire pour Londres.

Le gouvernement britannique, qui a enregistré cet été le nombre le plus bas d'arrivées de migrants depuis 2019, a salué le succès de son accord de coopération avec la France, reconduit pour trois ans en avril, et Andy Burnham a plaidé pour "accomplir davantage encore".

- Méga-canots -

Afin d'empêcher la traversée de "méga-canots", comme celui qui a récemment transporté 230 personnes, une équipe de 45 agents doit prochainement être déployée sur les côtes du nord-ouest de la France, soit "un quasi-triplement" des moyens dans cette zone, a fait savoir Downing Street dans un communiqué.

Autre sujet au menu: le renforcement de l'aide à l'Ukraine à un moment où les attaques russes de drones et de missiles balistiques s'intensifient et font un nombre croissant de victimes civiles.

Andy Burnham a effectué le 24 août sa première visite à Kiev, pour une réunion de la Coalition des volontaires, le groupe de pays qui soutiennent l'Ukraine, que le Royaume-Uni codirige avec la France.

Lors de ce premier entretien, qui se tenait à la veille d'une rencontre entre Jordan Bardella du Rassemblement National et Nigel Farage du parti anti-immigration Reform UK, Emmanuel Macron et Andy Burnham ont aussi évoqué "la montée des extrêmes" dans leurs pays, soulignant leur "intérêt commun" à montrer que des institutions démocratiques modérées peuvent répondre aux problèmes de leurs concitoyens, selon une source diplomatique.

Pendant sa visite au British Museum mercredi soir, le président français, qui quittera l'Élysée en mai, a dit espérer que son pays et le Royaume-Uni puissent "tisser un lien aussi étroit que les fils" de la tapisserie.

Le roi Charles III, accompagné de la reine Camilla, a quant à lui salué un prêt qui constitue "un précieux symbole de confiance".


Présidentielle: Hollande fait ses propositions pour séduire jusqu'au centre

Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
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  • Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode"
  • Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre

PARIS: Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre.

Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode, de perspectives et d'ambition".

Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre.

Mais "si émettre des idées, c'est être en campagne", alors "oui", il est en campagne, a-t-il concédé jeudi, à la foire de Châlons-en-Champagne (Marne).

Le député de Corrèze, qui a débattu récemment avec le candidat d'Horizons Edouard Philippe et a fait une apparition aux journées d'été du PS à Blois, sera la semaine prochaine à la fête de la rose de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), avant d'enchaîner les séances de dédicaces de son livre.

"L'enjeu, c'est d'unir les Français", face à la bipolarisation de la société entre "des extrêmes qui jouent la division" et une situation internationale tendue, où la France doit affirmer son indépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Russie, a-t-il expliqué mercredi.

Pour cela, "il va falloir aller au-delà des formations politiques", a-t-il glissé à Blois. Celui qui théorise la nécessité de "l'union sacrée des démocrates" et préconise d'aller chercher dès le premier tour les électeurs du centre au moment où la macronie est en fin de règne, assure ne pas vouloir proposer du "Hollande 2012" réchauffé.

Sur certains points, il se place même à rebours de son parti, comme sur la taxe Zucman pour les ultra-riches, devenue à ses yeux "un slogan. Pas une réponse" ou sur les retraites.

"Candidat de centre-droit" 

Alors que le PS veut revenir à un âge légal de départ à 62 ans, il propose de le fixer à 63 ans puis d'allonger progressivement la durée de cotisation.

"L'âge pivot doit tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie et être corrigé en permanence", a-t-il justifié.

L'ex-chef de l'Etat veut aussi "limiter à 1% pendant cinq ans l'indexation des pensions, ce qui procurerait un gain équivalent au report d'un an de l'âge de départ", et "ajouter une part de capitalisation", qui serait contrôlée par les partenaires sociaux.

De quoi faire bondir le patron des socialistes Olivier Faure: "Vous ne me trouverez pas aux côtés de ceux qui défendent ce modèle", a-t-il déclaré à Blois.

Autre nouveauté sur le plan économique, pour améliorer la feuille de paie, François Hollande suggère d'"augmenter le salaire net en diminuant les cotisations salariales". Cette perte de recettes pour la sécurité sociale serait alors compensée par un prélèvement sur le capital, via une "progressivité de la taxe sur les revenus financiers" et "un relèvement progressif de 20 à 24% du taux normal de la TVA", pourtant considérée par Olivier Faure comme "l'impôt le plus injuste".

Il estime que ce nouveau système permettrait de "relever les salaires d'environ 10% pour tous".

Et pour faire passer l'amère pilule, il propose de supprimer la TVA réduite à 5,5 %, qui s'applique sur les produits alimentaires et les travaux énergétiques, et de faire de même, mais de façon ponctuelle, pour les carburants.

Il souhaite aussi réduire les impôts de production en diminuant les aides aux entreprises, comme le propose Édouard Philippe.

De quoi séduire les centristes? François Hollande "articule des idées qui sont plus compatibles qu'elles ne l'étaient" auparavant, a reconnu le président du MoDem François Bayrou.

"On a l'impression que c'est un candidat de centre-droit. C'est un positionnement intéressant", note un cadre Horizons, tandis qu'un candidat à l'élection présidentielle constate qu'il "parle quand même très à droite pour un candidat de gauche".

"Je suis socialiste", répond l'ancien président, qui garde des marqueurs de gauche: il prévoit de "mettre à contribution les gros héritages et les patrimoines supérieurs à 10 millions d'euros brut", de porter à 30% la représentation des salariés dans les conseils d'administration des entreprises, ou de mettre en place un chèque de 10.000 euros baptisé "entrée dans la vie", pour les jeunes qui effectueront le service civique.