L'Allemagne interdit la chaîne russe RT en allemand

L'Allemagne a annoncé mercredi l'interdiction de diffusion sur son territoire de la chaîne de télévision russe Russia Today, accusée par ses détracteurs d'être un porte-voix du Kremlin (AFP)
L'Allemagne a annoncé mercredi l'interdiction de diffusion sur son territoire de la chaîne de télévision russe Russia Today, accusée par ses détracteurs d'être un porte-voix du Kremlin (AFP)
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Publié le Mercredi 02 février 2022

L'Allemagne interdit la chaîne russe RT en allemand

  • RT Allemagne a d'abord essayé, via sa holding, de se faire enregistrer au Luxembourg, mais sans succès
  • L'interdiction en Allemagne intervient dans un contexte de très fortes tensions entre la Russie et les Européens sur le dossier ukrainien

FRANCFORT: L'Allemagne a annoncé mercredi l'interdiction de diffusion sur son territoire de la chaîne de télévision russe Russia Today, accusée par ses détracteurs d'être un porte-voix du Kremlin, dans un contexte de tensions déjà vives entre Occidentaux et Moscou sur l'Ukraine.

"C'est n'importe quoi", a réagi sur Twitter la patronne de ce média, Margarita Simonian, ajoutant que sa chaîne "ne cessera pas de diffuser" en Allemagne.

La diffusion de "RT DE", entrée en service le 16 décembre et déjà privée de distribution satellitaire, "doit cesser" car "l'autorisation nécessaire selon le droit des médias" n'a été "ni demandée ni accordée", a de son côté souligné dans un communiqué le régulateur allemand des médias ZAK.

RT Allemagne a d'abord essayé, via sa holding, de se faire enregistrer au Luxembourg, mais sans succès. Du coup la chaîne s'est rabattue sur une licence dont le groupe dispose en Serbie, une démarche que ZAK ne reconnaît pas. 

Le programme de RT DE était encore jusqu'ici accessible sur son site internet et une application mobile, Youtube ayant de son côté suspendu le compte en allemand de Russia Today dès le jour de son lancement.

- "Décision politique" -

RT a annoncé sur son site web un recours en justice contre la décision, prise "apparemment pour des raisons purement politiques".

L'Allemagne "fait tout pour interdire un point de vue alternatif", ce qui "viole les principes de la liberté d'expression", a commenté à l'agence de presse russe TASS Vladimir Soloviev, le président du syndicat russe des journalistes.

L'arrêt de diffusion par satellite du 22 décembre sur demande de l'Allemagne, jugé "illégal" par RT, avait déjà entraîné des menaces de représailles de la part de Moscou.

Mise en service en 2005 sous le nom de "Russia Today", RT, financée par l'Etat, s'est développée avec des diffuseurs et des sites web en plusieurs langues, notamment en anglais, français, espagnol, allemand et arabe.

L'interdiction en Allemagne intervient dans un contexte de très fortes tensions entre la Russie et les Européens sur le dossier ukrainien, les Occidentaux soupçonnant Moscou de vouloir envahir l'Ukraine.

Berlin a menacé de sanctions sévères en cas d'attaque de l'Ukraine par l'armée russe, avec notamment le gel du gazoduc germano-russe Nord Stream II passant par la mer Baltique.

Sa construction est terminée mais il n'a toujours pas été mis en service là aussi pour des questions juridiques.

Ces frictions s'ajoutent à une série de contentieux germano-russes, notamment en matière d'espionnage.

Dans le même temps, l'Allemagne, qui achète 55% de son gaz à la Russie, doit faire face aux critiques de l'Ukraine et de certains de ses alliés occidentaux pour une proximité jugée trop forte avec Moscou.

- Licence serbe -

Considérée par ses détracteurs comme un outil de propagande du Kremlin à l'international, RT a suscité la controverse dans de nombreux pays, notamment aux États-Unis, où elle a dû s'enregistrer en tant qu'"agent étranger". 

Au Royaume-Uni, les autorités ont menacé de lui retirer sa licence de diffusion et elle a été interdite par plusieurs Etats, notamment la Lituanie et la Lettonie.

La chaîne a son siège à Moscou et dispose de sa licence serbe pour la transmission par câble et par satellite, ce qui, selon RT, devrait lui permettre d'être diffusée en Allemagne conformément au droit européen.

L'autorité allemande ZAK considère cependant que la licence serbe est insuffisante car RT DE est produite par une société dont le siège se trouve à Berlin, ciblant "un public allemand".

"Le diffuseur de RT DE ne peux pas s'appuyer sur une autre autorisation légitime en droit européen", affirme le régulateur allemand, voyant dans la société allemande "RT DE Productions" le responsable éditorial de la chaîne.

RT affirme que ce bureau installé à Berlin ne fournit que des "éléments de programme".

Pour défendre la suspension du compte de RT en allemand, YouTube avait pour sa part expliqué qu'elle violait ses directives en matière de lutte contre la désinformation au sujet du Covid-19.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.