Les catastrophes météo ont causé la mort de 140000 Européens en 40 ans

Au niveau national, l'Allemagne est le pays européen qui a le plus souffert avec 42 000 morts et des pertes financières s'élevant à 107 milliards d'euros. (Photo, AFP)
Au niveau national, l'Allemagne est le pays européen qui a le plus souffert avec 42 000 morts et des pertes financières s'élevant à 107 milliards d'euros. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 03 février 2022

Les catastrophes météo ont causé la mort de 140000 Européens en 40 ans

  • Les évènements «climatiques», principalement les canicules, mais aussi les vagues de froid, sécheresses et feux de forêt, comptent pour 93% du nombre total des morts
  • L'Agence européenne de l'Environnement (AEE), dont le siège est à Copenhague, appelle à continuer de prendre des mesures d'adaptation tant au niveau individuel qu'étatique

COPENHAGUE : Les évènements météorologiques extrêmes tels que les canicules et les inondations, amenés à se multiplier dans les années à venir sous l'effet du dérèglement climatique, ont coûté quelque 142 000 vies et près de 510 milliards d'euros en Europe ces 40 dernières années, selon un rapport paru jeudi.

Dans son étude, l'Agence européenne de l'Environnement (AEE), dont le siège est à Copenhague, appelle à continuer de prendre des mesures d'adaptation tant au niveau individuel qu'étatique, un quart seulement des dommages enregistrés étant assurés.

Les évènements "climatiques", principalement les canicules, mais aussi les vagues de froid, sécheresses et feux de forêt, comptent pour 93% du nombre total des morts et pour 22% des dommages financiers, selon le bilan qui repose sur les données de l'organisme CATDAT.

Si les pertes humaines qu'elles ont engendrées sont beaucoup plus faibles, les inondations ont été les catastrophes les plus coûteuses en argent, 44% de la facture totale, devant les tempêtes (34%), selon ce rapport.

Quelques évènements très graves concentrent le gros du bilan : 3% des catastrophes recensées sont ainsi responsables d'environ 60% du coût financier pour la période 1980-2020.

À elle seule, la canicule de 2003 a provoqué la mort de quelque 80 000 personnes dans les 32 pays européens étudiés, dont les 27 membres de l'Union européenne ainsi que la Turquie et le Royaume-Uni.

À l'échelle de la planète, l'Organisation météorologique mondiale estime que le nombre des catastrophes météorologiques a augmenté au cours des 50 dernières années, entraînant plus de dégâts matériels mais faisant moins de morts.

Pour l'Europe, l'AEE estime que les données des 40 dernières années ne permettent pas de conclure de façon certaine à un accroissement de ces phénomènes lié au changement climatique du fait des dommages très irréguliers selon les années, mais que le risque va s'accroître dans un avenir très proche.

"Toutes les catastrophes que nous décrivons comme étant liées à la météo et au climat sont influencées par les conditions climatiques. Mais cela ne revient pas à dire qu'elles sont toutes influencées par le changement climatique", a déclaré un expert de l'agence européenne, Wouter Vanneuville.

Peu de dégâts assurés

De récentes études, notamment les travaux du GIEC, montrent que la fréquence et la gravité d'événements comme les sécheresses et les incendies de forêt s'expliquent mieux lorsque le changement climatique est pris en compte, a-t-il toutefois rappelé.

Pour d'autres, comme les tempêtes de grêle, on manque encore de preuves. 

En Europe, les modèles climatiques prévoient des événements plus fréquents et plus graves que ce soit des tempêtes, des inondations, des glissements de terrain humides ou des sécheresses et des feux de forêt, a prévenu M. Vanneuville.

"Pour certains types de phénomènes, comme les tempêtes non tropicales, le signal climatique en Europe n'est pas clair et il n'est donc pas certain qu'ils augmentent. Mais pour d'autres, comme les sécheresses (non seulement en Méditerranée, mais dans la plupart des régions d'Europe), les prévisions climatiques indiquent une intensification", a-t-il expliqué.

Des mesures prises aussi bien au niveau individuel qu'étatique sont essentielles pour éviter les risques liés aux phénomènes extrêmes et limiter les dommages, recommande l'AEE.

"Après 2003, des canicules similaires ont causé moins de morts grâce à la mise en place de mesures d'adaptation", comme l'installation de climatiseurs, souligne l'agence.

Au niveau national, l'Allemagne est le pays européen qui a le plus souffert avec 42 000 morts et des pertes financières s'élevant à 107 milliards d'euros.

Suivent la France (26 700 morts et 99 milliards d'euros de dommages) et l'Italie (21 600 et 90).

Seuls 23% des biens ayant souffert de dégâts matériels à travers l'Europe étaient assurés, mais les disparités sont énormes : ils étaient par exemple 1% à l'être en Roumanie et en Lituanie contre 55% aux Pays-Bas ou 56% au Danemark.

Les catastrophes comme les tremblements de terre et les éruptions volcaniques ne sont pas incluses dans ces chiffres, car elles ne sont pas météorologiques.

Selon un bilan similaire établi par l'agence météorologique américaine NOAA, les États-Unis ont quant à eux subi 310 catastrophes météorologiques et climatiques depuis 1980, pour des dommages dépassant les 2.155 milliards de dollars.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.