L’Iran «intensifie l'exportation du terrorisme» à travers sa nouvelle milice navale

Conférence de presse CNRI-USA à Washington, D.C. mercredi. (Photo fournie)
Conférence de presse CNRI-USA à Washington, D.C. mercredi. (Photo fournie)
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Publié le Vendredi 04 février 2022

L’Iran «intensifie l'exportation du terrorisme» à travers sa nouvelle milice navale

  • La capacité de l'Iran à fournir des drones et des missiles balistiques aux Houthis dépend en grande partie des opérations navales de la force Al-Qods
  • Des mercenaires sont recrutés dans un certain nombre de pays pour s'entraîner à attaquer des cibles maritimes dans la région

WASHINGTON, DC: Le groupe d'opposition iranien qui a révélé les installations secrètes d'enrichissement nucléaire de l'Iran en 2002 a publié de nouvelles informations sur la structure du commandement des forces navales d’Al-Qods et les installations utilisées pour former et armer les représentants terroristes de l'Iran au Moyen-Orient.

La force Al-Qods est l’unité du Corps des gardiens de la révolution islamique d'Iran (CGRI) responsable des opérations extraterritoriales.

Lors d'une conférence de presse dans un hôtel à Washington DC mercredi, le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) a mis en lumière l'importance que Téhéran accorde à la force Al-Qods en tant qu'outil d'opérations spéciales à l'étranger et à quel point l’Iran est prêt à soutenir ses représentants terroristes au Yémen, dans le Golfe et en Irak.

À la lumière des nouvelles informations sur le recrutement, la formation et la fourniture d'armes à l'unité de la milice navale de la force Al-Qods, les experts affirment qu'il est impératif que les pourparlers à Vienne, en Autriche, sur le programme nucléaire iranien n'éludent pas la question de l'expansion du réseau des représentants de la République islamique.

L'Iran est profondément impliqué dans la guerre au Yémen qui dure depuis sept ans, où il soutient la milice chiite houthie dans sa lutte contre le gouvernement internationalement reconnu.

Au cours des deux dernières semaines, des frappes de missiles et de drones ont été lancées par les Houthis, ciblant les Émirats arabes unis, dont une attaque lundi lors de la visite du président israélien, Isaac Herzog, dans une escalade du conflit avec la Coalition pour restaurer la légitimité au Yémen.

«Téhéran doit être tenu pour responsable de sa guerre par procuration dans la région et du développement de ses missiles balistiques, quel que soit le résultat des négociations du PAGC», a déclaré à Arab News Alireza Jafarzadeh, directeur adjoint du bureau américain du CNRI, qui est considéré comme illégal en Iran, faisant référence au nom officiel de l'accord nucléaire iranien, le Plan d'action global commun.

«Il s'agit d'une menace très sérieuse qui doit être immédiatement traitée par les capitales occidentales.

«Des composants de missiles ont été fournis aux Houthis depuis l'Iran. Il n'y aurait pas du tout de programme de missiles houthi sans le régime iranien. Même s'ils donnent un autre nom aux missiles, les composants sont produits par le régime iranien pour servir ses objectifs dans la région.»

Les unités de la force Al-Qods ont reçu l'ordre du guide suprême iranien, Ali Khamenei, de former les Houthis yéménites à l'utilisation de mines, de vedettes rapides, de missiles et d'autres armes dans des bases iraniennes secrètes. Des recrues venues d'Irak, de Syrie, du Liban et de pays africains y prennent part aussi, selon les informations du CNRI.

Jafarzadeh a déclaré que les renseignements sur les opérations navales des représentants de la force Al-Qods avaient été recueillis par les sources du CNRI en Iran. L'un des principaux objectifs des opérations navales de la force Al-Qods est de cibler des navires commerciaux dans la mer Rouge et le détroit stratégique de Bab al-Mandab qui sépare la côte du Yémen de la Corne de l'Afrique, selon ces révélations.

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Le Conseil national de la Résistance iranienne a mis en lumière l'importance que Téhéran accorde à la force Al-Qods en tant qu'outil d'opérations spéciales à l'étranger. (Photo fournie)

Cette étroite voie navigable, considérée comme une artère vitale du commerce mondial reliant l'Europe à l'océan Indien et à l'Afrique de l'Est, représente une cible tentante pour les stratèges terroristes iraniens, selon le CNRI.

Jafarzadeh a affirmé que l'importance accordée aux Houthis par Téhéran est évidente du fait que le représentant du groupe à Téhéran a été le premier responsable étranger à obtenir une audience avec le nouveau président iranien, Ebrahim Raïssi, le 4 août de l'année dernière.

Lors de la conférence de presse, le CNRI a présenté ce qu'il a appelé un organigramme pour le recrutement, le déploiement et l'entraînement des terroristes de la force navale d’Al-Qods. La garnison Imam Ali à Téhéran a été décrite comme le centre névralgique des activités de formation de ses représentants.

Ces révélations surviennent dans un contexte de forte augmentation des attaques et des opérations secrètes menées par les mandataires de l'Iran – les Houthis en particulier – contre les partenaires stratégiques arabes de Washington et Israël.

Les nouvelles informations fournies par le CNRI indiquent que la capacité de l'Iran à fournir des drones et des missiles balistiques aux Houthis dépend en grande partie des opérations navales de la force Al-Qods.

L'entraînement terroriste naval se déroule dans trois institutions spécialisées qui sont Ziba Kenar, sur la mer Caspienne, ainsi que Farur et Qeshm, deux îles du Golfe.

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Des missiles tirés dans le cadre d'exercices militaires de cinq jours baptisés Payambar-e-Azadm, ou «Grand Prophète», dans trois provinces. (AFP/Gardiens de la révolution iranienne via Sepah News/Fichier photo)

Selon le CNRI, l'Académie Ziba Kenar sert de lieu principal pour l'entraînement des commandos de la marine du CGRI, mais son objectif est bien plus vaste que cela: elle est secrètement utilisée par la force Al-Qods pour former des combattants.

En janvier 2020, un groupe de 200 recrues houthies yéménites y a été amené pour s'entraîner. Les recrues y ont acquis de nouvelles compétences terroristes. En juillet 2020, un groupe d'Irakiens a reçu une formation et a été envoyé dans la péninsule de Faw et à Bassora pour créer une milice irakienne.

La présence de militants chiites irakiens aux côtés des Houthis est significative, étant donné que le groupe irakien Alwiyat al-waad al-haq, une supposée unité de la force Al-Qods, a revendiqué mercredi la responsabilité d'une frappe de drone ratée sur Abu Dhabi. Sa seule autre revendication remonte à janvier 2021, lorsqu'elle avait déclaré avoir lancé un drone sur l'Arabie saoudite.

«Si Alwiyat al-waad al-haq est sorti de son hibernation et a lancé des drones sur les EAU […], il s'agissait alors probablement d'une opération dirigée par l'Iran ou du moins tolérée par l'Iran», a déclaré Michael Knights, du Washington Institute for Near East Policy, dans un tweet.

La force Al-Qods synchronise les activités de ses représentants régionaux afin qu'ils puissent organiser des opérations sur plusieurs fronts – du nord et du sud – contre les membres de la Coalition pour restaurer la légitimité au Yémen, selon les informations du CNRI.

 

Autres détails fournis par le CNRI:

* La formation navale des représentants de la force Al-Qods est supervisée par le général de brigade Hassan Ali Zamani Pajooh, un vétéran du CGRI. Le second amiral Abdolreza Dabestani est à la tête de l'académie navale depuis 2019.

* L'Académie Farur est située sur une petite île près de Qeshm. D’une largeur de cinq miles et d’une longueur de neuf miles. Elle sert de quartier général à la brigade commando de la marine du CGRI, Abu Abdullah. Des officiers iraniens sous le commandement du général du CGRI Sadegh Amoui y entraînent des mercenaires terroristes du Yémen et de Bahreïn.

* Les centres de formation des forces navales d’Al-Qods à Qeshm comprennent un stock souterrain d'armes et de missiles divers. Le commandement de la force Al-Qods au Yémen contrôle des quais en Iran qui sont exclusivement utilisés par ses unités pour faciliter les expéditions vers leurs mandataires terroristes au Yémen.

Le CNRI estime également que la force Al-Qods envoie des cargaisons d'armes aux Houthis via la Somalie et la Corne de l'Afrique – une route que d'autres groupes de surveillance indépendants ont accusé l'Iran d'utiliser pour acheminer illégalement des armes vers ses mandataires yéménites.

La route de contrebande passant par Bab al-Mandab ainsi que dans la mer Rouge a été largement utilisée par le passé par la force Al-Qods pour faire passer en contrebande des armes à des mandataires terroristes en Syrie, à Gaza et au Liban, afin de lancer des attaques contre Israël.

L'urgence de faire face aux défis sécuritaires communs présentés par le programme naval des représentants de la force Al-Qods a incité à une coopération accrue en matière de sécurité entre Israël et certains pays arabes du Golfe.

Benny Gantz, ministre israélien de la Défense, a effectué une visite surprise à Bahreïn mercredi, alors que le ministère de la Défense annonçait qu'il signerait un accord de coopération en matière de sécurité avec Bahreïn. Une offre avait été faite auparavant par Israël pour renforcer la défense des EAU contre les attaques de missiles et de drones houthis.

Jusqu'à présent, la nature secrète des plans d'entraînement terroriste et de transfert d'armes de la force Al-Qods a protégé l'Iran des conséquences militaires directes des attaques menées par ses représentants.

Le CNRI affirme que des livraisons d'armes sont également effectuées à partir de navires iraniens vers de plus petits bateaux de contrebande houthis en pleine mer, dans le golfe d'Oman et le golfe d'Aden. Le processus est plus complexe, mais il permet à l'Iran d'éviter les livraisons directes aux Houthis dans les ports du Yémen, à moins qu’il ne s’agisse de transferts d'armes ultrasensibles.

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Des responsables militaires inspectant des drones avant un exercice de drones militaires, dans un lieu tenu secret dans le centre de l'Iran. (AFP/Bureau de l'armée iranienne/Photo d'archives)

Bandar e-Jask est l'un des principaux ports utilisés par la force Al-Qods pour livrer des armes à ses représentants terroristes. Selon des sources du CNRI, l'origine d'une énorme cache d'armes manifestement destinée aux Houthis et interdite par la marine américaine était Bandar e-Jask.

«Les implications sont claires: le régime iranien tente de brouiller les pistes alors qu'il poursuit son programme fantôme», a déclaré Jafarzadeh. «Tout cela devrait être une preuve supplémentaire que les sanctions contre le régime ne doivent pas être levées. Comme l'a récemment déclaré le sénateur américain Bob Menendez, il doit y avoir un revirement majeur dans l'approche politique américaine vis-à-vis du régime.»

Mardi, Menendez, président de la commission sénatoriale des relations étrangères, a fait part de ses inquiétudes concernant le dernier cycle de négociations de l'administration Biden sur le PAGC. «Nous ne pouvons pas ignorer le soutien néfaste de l'Iran au terrorisme ou accepter des menaces contre les intérêts et la vie des Américains. […] L'Iran ne peut pas et ne doit pas posséder d'arme nucléaire», a-t-il déclaré dans une allocution devant le Sénat.

L'augmentation des attaques de drones et de missiles contre l'Arabie saoudite et les EAU a provoqué des vagues de frappes punitives contre les positions militaires houthies au Yémen. Cependant, les installations de la force Al-Qods en Iran – tremplin de ces attaques – ont été épargnées.

Israël a mené des frappes aériennes régulières contre les expéditions terrestres et maritimes iraniennes pour faire peur aux mandataires en Syrie, tout en réussissant à éviter jusqu'à présent un conflit direct avec l'Iran.

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La force Al-Qods synchronise les activités de ses mandataires régionaux afin qu'ils puissent organiser des opérations sur plusieurs fronts contre les membres de la Coalition pour restaurer la légitimité au Yémen, selon les informations du CNRI. (Photo fournie)

L'administration Biden a déclaré mardi qu'elle envoyait des avions de chasse pour aider les EAU après les dernières attaques, dont l'une visait une base abritant les forces américaines et faisait suite à la frappe du 17 janvier qui avait tué trois personnes à Abu Dhabi.

Les analystes affirment que les identités récemment révélées d'officiers de premier plan de la force Al-Qods ainsi que l'emplacement de leurs centres d'entraînement au terrorisme fournissent de précieux éléments de pression supplémentaires contre l'Iran, qui jusqu'à présent n'a pratiquement pas payé le prix de son influence et de ses actions régionales malveillantes alors même qu'il traîne les pieds à Vienne.

«Nous savons ce que fait la force Al-Qods. Nous savons qu'elle utilise des navires commerciaux comme plates-formes de commandement fixes. Ces plates-formes doivent être interceptées», a affirmé à Arab News Michael Pregent, ancien analyste principal de la Defense Intelligence Agency et qui dispose d’une vaste expérience en Irak et en Afghanistan.

«L'administration Biden a montré une propension à défendre un régime qui utilise les attaques des Houthis comme moyen de pression dans les pourparlers nucléaires de Vienne. Elle a la capacité de répondre aux attaques, mais il lui manque la volonté de le faire.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.