«Partygate»: Boris Johnson peine à reprendre la main pour sauver son poste

Ces cinq départs concluent une semaine difficile pour Boris Johnson, en dépit d'un flot d'annonces. (AFP)
Ces cinq départs concluent une semaine difficile pour Boris Johnson, en dépit d'un flot d'annonces. (AFP)
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Publié le Samedi 05 février 2022

«Partygate»: Boris Johnson peine à reprendre la main pour sauver son poste

  • «Que le dernier éteigne la lumière». La Une féroce du tabloïd de droite Daily Mail vendredi illustre l'impression de naufrage à Downing Street, qui a perdu en 24 heures cinq conseillers importants
  • Boris Johnson a vu partir jeudi son influente conseillère politique Munira Mirza, qui travaillait pour lui depuis 14 ans.

 

LONDRES: A chaque jour son lot de nouveaux soucis: malgré ses excuses et ses promesses, le Premier ministre conservateur britannique Boris Johnson peine à reprendre la main dans le scandale des fêtes durant le confinement qui menace sa survie politique.


"Que le dernier éteigne la lumière". La Une féroce du tabloïd de droite Daily Mail vendredi illustre l'impression de naufrage à Downing Street, qui a perdu en 24 heures cinq conseillers importants.


Etrillé par le pré-rapport de la haute fonctionnaire Sue Gray, qui a souligné des "erreurs de leadership et de jugement" dans le scandale des fêtes à répétition durant le confinement, Boris Johnson avait promis des changements à Downing Street après s'être excusé devant le Parlement en début de semaine.


Mais ceux-ci ne sont peut-être pas survenus comme il l'entendait. Boris Johnson a vu partir jeudi son influente conseillère politique Munira Mirza, qui travaillait pour lui depuis 14 ans.


Une lourde perte pour le dirigeant de 57 ans, qui l'avait citée parmi les cinq femmes qui l'ont le plus influencé ou inspiré.


Munira Mirza lui reproche d'avoir lancé une accusation "trompeuse" contre le chef de l'opposition travailliste lundi au Parlement.


Boris Johnson avait accusé le chef du Labour Keir Starmer d'avoir permis au pédophile Jimmy Savile, ex-star défunte de la BBC, d'échapper à la justice quand il dirigeait le parquet britannique.


Cette accusation, répandue dans les milieux complotistes et d'extrême droite, a provoqué un tollé, jusque dans son propre camp.


Son ministre des Finances Rishi Sunak, cité comme possible successeur, a souligné que lui-même n'aurait pas tenu de tels propos.

«Chaos» à Downing Street 
L'annonce du départ de Munira Mirza a été suivie par celle du chef de la communication Jack Doyle, qui aurait participé à une des fêtes incriminées.


Puis dans la soirée, Downing Street a annoncé les démissions de Martin Reynolds, le secrétaire en chef de Boris Johnson qui avait envoyé un mail à une centaine de personnes pour les inviter à un pot en mai 2020, ainsi que celle de son chef de cabinet Dan Rosenfield. Une cinquième démission a suivi vendredi matin.


"Downing Street est en plein chaos", estime le politologue Jon Tonge, de l'université de Liverpool. "Chaque fois" que Boris Johnson "essaie de restaurer l'ordre, de nouveaux problèmes surviennent".


Pour motiver ses troupes, Johnson s'est fendu d'un "le changement est bon" tiré du film d'animation le Roi Lion, lors d'une réunion avec son équipe vendredi. Son porte-parole déclaré qu'il y avait souligné le "besoin de changement et reconnu qu'il y a eu des erreurs de jugement".


Ces cinq départs concluent une semaine difficile pour Boris Johnson, en dépit d'un flot d'annonces.


Deux ans après la réalisation du Brexit qui avait été la clé de son triomphe électoral en décembre 2019, il a promis d'aller plus vite dans la concrétisation des "libertés" permises selon lui par la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.


Le dirigeant britannique a vanté le rôle moteur de Londres dans l'union des Occidentaux contre la Russie. Il s'est rendu en Ukraine rencontrer le président ukrainien Volodymyr Zelensky, s'est entretenu par téléphone avec le président russe Vladimir Poutine.


Mais lors de son déplacement à Kiev, Boris Johnson a été rattrapé par des questions de la presse sur le "partygate".


Et avant son échange avec le président russe, l'ambassadeur adjoint russe aux Nations unies a jugé la diplomatie britannique "bonne à rien".


Le sort du dirigeant britannique est suspendu aux conclusions de l'enquête de police sur les fêtes en question en 2020 et 2021, juge le politologue Jon Tonge. 


Si celle-ci l'exonère, il "pourrait survivre". Dans le cas inverse, il ne fait guère de doute selon lui que le seuil de 54 députés conservateurs requis pour déclencher un vote de défiance serait atteint. Ils sont pour l'heure une douzaine à l'avoir fait publiquement.


M. Tonge souligne que Boris Johnson a été choisi par les conservateurs pour sa capacité à accomplir le Brexit et gagner des élections.


Maintenant qu'il a réalisé les deux et que bien peu le voient encore comme une machine à gagner les élections, souligne-t-il, "ses meilleurs jours sont derrière lui".


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.