Comment la nouvelle présidente du Louvre veut réenchanter « le plus beau musée du monde »

Une femme regarde des oeuvres lors d'un vernissage presse de l'exposition Paris-Athènes. Naissance de la Grece moderne 1675-1919 au musée du Louvre à Paris le 24 septembre 2021(AFP).
Une femme regarde des oeuvres lors d'un vernissage presse de l'exposition Paris-Athènes. Naissance de la Grece moderne 1675-1919 au musée du Louvre à Paris le 24 septembre 2021(AFP).
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Publié le Mercredi 09 février 2022

Comment la nouvelle présidente du Louvre veut réenchanter « le plus beau musée du monde »

  • La nouvelle présidente-directrice du Louvre et première femme à occuper cette fonction souhaite privilégier la qualité de la visite pour réenchanter « le plus beau musée du monde »
  • Malgré la crise sanitaire, près de trois millions de visiteurs sont restés fidèles en 2021 au plus grand musée du monde, pourtant fermé du 1er janvier au 19 mai

PARIS: Accès, horaires, valorisation des collections: Laurence des Cars, nouvelle présidente-directrice du Louvre et première femme à occuper cette fonction, veut réenchanter "le plus beau musée du monde" en privilégiant "la qualité" de la visite.

"J'ai envie que tout le monde redécouvre le Louvre, j'ai envie de le réenchanter, c'est le plus beau musée du monde, à nous d'être créatifs, inventifs en étant respectueux du lieu, de l'histoire extraordinaire de ses collections et de savoir les questionner en s'adressant à tous les publics", dit-elle à l'occasion d'une première rencontre avec la presse, six mois après sa prise de fonction.

Car le musée du Louvre, qui abrite à Paris la Joconde parmi 7.000 autres oeuvres et recevait près de dix millions de visiteurs chaque année avant la crise sanitaire, est "un musée encyclopédique mais discontinu et incomplet", analyse-t-elle.

En 2021, malgré la crise sanitaire, près de trois millions de visiteurs sont restés fidèles au plus grand musée du monde, fermé du 1er janvier au 19 mai. Parmi eux, 61% de Français dont une grande majorité de Franciliens, les visiteurs étrangers ayant déserté les lieux avec le Covid.

C'est pour le public qu'elle entend "piloter ce grand navire" comme un "chef d'orchestre", avec "justesse", dans le cadre de sa "mission de service public".

« Relier »

"Le Louvre doit trouver quelque chose de singulier à dire qui est le reflet de son histoire (...). Ce qui (lui) manque, c'est le lien entre les chapitres. L'idée c'est bien de connecter les choses, de les relier", souligne-t-elle.

C'est avec cette volonté qu'a été lancé le chantier du futur département des arts de Byzance et des chrétientés d'Orient qui constituera le neuvième département du musée aux côtés des antiquités romaines-grecques-étrusques, égyptiennes, orientales, du département des peintures, des sculptures, des objets d'art, des arts graphiques et des arts de l'Islam.

A leur tête, autant de directeurs parmi les 2.200 collaborateurs, dont "plus de 200 scientifiques et chercheurs, en relation avec 75 pays du monde" qu'elle dit "écouter" et avec lesquels elle entend "écrire une nouvelle page" de l'histoire du musée.

Au menu de ce nouveau chapitre: "l'amélioration des espaces d'expositions temporaires" qui seront réaménagés ainsi que "l'exploration de nouveaux formats" à l'occasion notamment d'une exposition consacrée à l'Ouzbékistan à la rentrée prochaine.

Au programme aussi: le "retour des grandes expositions thématiques" en lien avec d'autres musées européens et la transformation du "pavillon des sessions" qui abrite des oeuvres africaines mais est "peu fréquenté car en bout de circuit".

Un homme regarde des oeuvres lors d'un vernissage presse de l'exposition "Paris-Athènes. Naissance de la Grece moderne 1675-1919" au musée du Louvre à Paris le 24 septembre 2021.
Un jeune homme contemple des oeuvres lors d'un vernissage presse de l'exposition "Paris-Athènes. Naissance de la Grece moderne 1675-1919" au musée du Louvre à Paris le 24 septembre 2021. ( AFP)

Etendre les horaires

Il faut "refaire parler les objets dans toutes leurs potentialités car j'ai le sentiment que c'est ce que le public attend, pas simplement (offrir) un discours esthétique descendant mais donner des clés", dit-elle.

Un "premier séminaire de travail avec les équipes du Louvre et du musée du Quai Branly (dédié aux arts d'Océanie, d'Afrique et d'Amériques) a été bien accueilli. Il s'agit d'inventer un nouveau dialogue" qui sera aussi étendu au musée Guimet (arts d'Asie, ndlr) dit-elle, pour une "nouvelle présentation à la "rentrée 2023".

Un parcours destiné aux enfants sera inclus dans chaque exposition, au milieu de celui emprunté par les adultes, avance Laurence des Cars, forte de ses quatre ans d'expérience à la tête du musée d'Orsay où elle a favorisé l'accès du jeune public.

Côté circulation, elle entend multiplier les accès au Louvre, de tous côtés - au lieu d'une seule entrée principale - pour "rééquilibrer et fluidifier la visite sur toute l'ampleur du bâtiment en réactivant l'extraordinaire côté Sully et la cour carrée, délaissés par les visiteurs".

Et pour offrir au public le temps nécessaire pour sa visite, elle souhaite "étendre les horaires d'ouverture en fin de journée".


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".