Les expatriés face à la crise sanitaire

Face aux difficultés pour voyager, les expatriés trouvent des solutions pour rester en contact avec leurs proches (Photo, Agnès BUN/AFP).
Face aux difficultés pour voyager, les expatriés trouvent des solutions pour rester en contact avec leurs proches (Photo, Agnès BUN/AFP).
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Publié le Mardi 06 octobre 2020

Les expatriés face à la crise sanitaire

  • Bloqués dans leur pays d'accueil ou d'origine, des milliers d'expatriés ont vu leurs vies mises sens dessus-dessous par les restrictions de déplacement
  • Le bouleversement affecte également les pays du Golfe, avec quelque 900.000 postes menacés aux Emirats Arabes Unis, anticipe un rapport d'Oxford Economics

PARIS: « Je me levais entre 1 et 2h du matin pour travailler jusqu'à 13h » : empêché de retourner à Singapour, Vincent a dû s'adapter aux horaires asiatiques. Comme beaucoup d'autres Français de l'étranger, la crise sanitaire a bouleversé son mode de vie.

Le 16 mars, alors que le confinement en France va commencer, Vincent, 44 ans, qui n'a pas souhaité être cité avec son nom de famille, se rend en urgence à l'aéroport Paris Charles-de-Gaulle pour repartir dans son pays d'expatriation depuis quatre ans.

« Air France m'annonce qu'il faut une autorisation du gouvernement pour pouvoir être sur le vol. » Pensant qu'il ne s'agit que d'une simple formalité, il effectue la demande, aussitôt refusée.

Les refus successifs, les billets d’avions à déplacer, les trains à annuler, « l'espoir puis le désespoir, annoncer à la famille que la demande a encore été refusée, expliquer aux enfants que papa voudrait rentrer mais qu'il ne peut pas » : ce père de deux garçons de six et huit ans ressort épuisé de cette période, avec 13 kg de plus.

« J'étais fatigué tout le temps. Se coucher à 18h pour avoir un minimum de sommeil c'est difficile, surtout quand il fait beau et chaud », se souvient-il. Il obtient enfin la permission de prendre un vol le 20 juin. S'ensuivent 15 jours d'isolement dans un hôtel de Singapour, 2.200 dollars à ses frais.

Bloqués dans leur pays d'accueil ou d'origine, des milliers d'expatriés ont vu leurs vies mises sens dessus-dessous par les restrictions de déplacement.

Selon une enquête interne d'Ipso - syndicat de la Banque centrale européenne -, à fin juin, 22,69% des employés de la BCE à Francfort travaillaient à distance, de l'étranger. Contre 12% en mars.

Le bouleversement affecte également les pays du Golfe, avec quelque 900.000 postes menacés aux Emirats Arabes Unis, anticipe un rapport d'Oxford Economics. Or, à Dubaï, l'un des sept membres des Emirats, les étrangers constituent environ 90% de la population...

Pour la rentrée 2020, Expat Communication, une entreprise spécialisée dans l'accompagnement des transitions internationales, et la Caisse des Français de l'Etranger estiment que le volume de départ d'expatriés a baissé de 70% par rapport à 2019.

Célibat géographique

Impossible cependant de donner des chiffres globaux sur le nombre d'expatriés coincés en France, explique Alix Carnot, directrice associée d'Expat communication. « Ils ne sont pas référencés. »

La société propose de l'aide pour les situations de célibat géographique. « Depuis le début du confinement, il y a eu tellement de couples qui ont été séparés pendant de très longs mois sans que ça soit prévu, que ces services qui existaient déjà ont beaucoup plus d'écho », affirme-t-elle.

Une trentenaire travaillant dans le secteur de l'énergie et ne souhaitant pas être identifiée se définit comme une « expat volante » : à chaque projet, sa destination change. En mission à Chicago, elle plie bagages début mars, au lendemain de la fermeture des frontières par Donald Trump. « J'ai senti que ça pouvait déraper », explique-elle. « Et en vivant à l'hôtel, je ne contrôlais rien. »

« Je me disais que le contact client serait impossible à reconstituer sans voir les gens. » Mais avec les plateformes de visioconférence, « on arrive à reconstituer une relation client ».

En revanche, sa situation personnelle la met face à un dilemme. Son fiancé étant médecin en Australie, ils ont été séparés des mois avant qu'il ne puisse la retrouver en France. « On a pu se marier in extremis. On a même pu organiser un dîner avec une trentaine de personnes. C'était la parenthèse enchantée », raconte-t-elle. « Mais même en étant mariée, l'Australie ne me donne pas l'autorisation de le voir pour Noël. »

Elle prévoit son retour aux Etats-Unis en octobre, sans savoir quand elle pourra revoir son mari. « A un moment on se dit : est-ce que je fous ma carrière en l'air ? Ou est-ce que je serre les dents encore six mois en acceptant d'être séparée de celui que j'aime, avec zéro visibilité sur une réunion familiale ? »


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.