Flou autour du retrait de Vincent Bolloré avant le bicentenaire de son empire

Dans cette photo d'archive prise le 19 avril 2018, le président du conseil de surveillance du groupe de médias français Vivendi Vincent Bolloré assiste à une assemblée générale du groupe Vivendi à Paris. ERIC PIERMONT / AFP
Dans cette photo d'archive prise le 19 avril 2018, le président du conseil de surveillance du groupe de médias français Vivendi Vincent Bolloré assiste à une assemblée générale du groupe Vivendi à Paris. ERIC PIERMONT / AFP
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Publié le Mardi 15 février 2022

Flou autour du retrait de Vincent Bolloré avant le bicentenaire de son empire

  • Vincent Bolloré, retraité le 17 février?
  • Mais la perspective de la passation de pouvoir semble s'éloigner à mesure que l'échéance s'approche

PARIS: Vincent Bolloré, retraité le 17 février? La date, jour du bicentenaire de l'entreprise familiale, devait marquer le retrait des affaires de l'industriel et magnat des médias mais celui-ci semble désormais très hypothétique, tant les dossiers à régler sont encore nombreux.

"Aujourd'hui, je finis de laisser ma place de conseiller, après avoir été dirigeant jusqu'il y a trois ans. Ma famille a accepté de poursuivre cette saga industrielle. Elle va représenter la septième génération", relatait le 19 janvier Vincent Bolloré dans le cadre d'une commission d'enquête sénatoriale sur la concentration des médias.

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Vincent Bolloré (C) pose avec ses fils le PDG du groupe Havas Yannick Bolloré (à droite) et le vice-président du groupe Bolloré Cyrille Bolloré (à gauche) avant d'assister à une assemblée générale de Vivendi le 19 février 2018 à Paris. ERIC PIERMONT / AFP
ÉRIC PIERMONT / AFP

"Je laisserai ma place (...) lorsque nous fêterons le bicentenaire du groupe", ajoutait le milliardaire, 70 ans en avril, à la tête d'un empire avec un pied dans l'industrie (groupe Bolloré dans le transport et la logistique) et l'autre dans les médias (Vivendi).

Or, le bicentenaire sera finalement fêté à deux reprises: la première fois jeudi à Ergué-Gabéric, près de Quimper, où est implanté le siège social de l'entreprise, la Compagnie de l'Odet, puis en juillet, en grande pompe avec plusieurs centaines de personnes.

Mais la perspective de la passation de pouvoir semble s'éloigner à mesure que l'échéance s'approche: elle sera "reportée" en raison de plusieurs dossiers importants à gérer, affirmait la semaine dernière BFM Business.

Un fin connaisseur de l'univers Bolloré rappelle pour sa part à l'AFP que l'homme d'affaires "a bien engagé un processus de transfert des responsabilités" à ses enfants, "qui est en grande partie réalisé mais pas totalement". 

Vincent Bolloré, de patron «trop gentil» à titan des médias

Chouchou des médias lorsqu’il avait repris une papeterie familiale au bord du gouffre, le financier hors pair Vincent Bolloré est devenu leur bête noire en bâtissant un empire tentaculaire, incontournable dans l’édition, l'audiovisuel, la communication et la presse.

Bientôt septuagénaire, la 14e fortune de France, selon Challenges, tient encore fermement les rênes de la holding familiale, mais veut laisser la main à la septième génération, ses fils déjà présidents des groupes Bolloré (logistique internationale et pétrolière) et Vivendi (médias).

Le 17 février, le patron attaché à ses racines bretonnes célèbrera le bicentenaire de la manufacture de papier d'Odet, près de Quimper (Finistère), fondée par Nicolas Le Marié et reprise quelques années plus tard par son aïeul.

L'entreprise familiale aurait tourné court si Vincent Bolloré, jeune banquier d'affaires à Paris, n'avait pas décidé en 1981 de reprendre avec son frère les usines Odet-Cascadec-Bolloré (OCB) au bord du dépôt de bilan.

Il passe alors du papier cigarette au film plastique, puis aux condensateurs électriques. Bolloré Technologies entre en Bourse en 1985.

Cette aventure lui donne d'abord une image de patron sympathique. Souriant, affable, le jeune manager proche de la nouvelle droite - François Léotard, Alain Madelin et Gérard Longuet, dont il est le beau-frère - se décrit lui-même comme "trop gentil" lors d'une apparition chez Thierry Ardisson en 1987.

Il prend au même moment le contrôle de la SCAC (Société commerciale d'affrètement et de combustible), obtient des parts de l'ancien monopole d'État de production de tabac, et se fait introniser à la présidence de la discrète banque Rivaud.

Côté finances, les raids s'enchaînent, ciblant notamment les médias: d'abord Bouygues (maison mère de TF1), Pathé, Havas ou Ubisoft.

"Il est l'un des premiers activistes de France, et c'est un compliment", dit la cofondatrice du fonds CIAM Catherine Berjal, qui partage son goût pour flairer les bonnes affaires.

«Un côté cabot»

"Il a fait très peu de coups perdants et a souvent réussi à faire une plus-value quand il ne prenait pas le contrôle. C'est son côté pile je gagne, face je gagne aussi", appuie Philippe Bailly, du cabinet NPA Conseil.

Au lancement de la TNT en 2005, Vincent Bolloré gagne sa première chaîne de télévision, Direct 8, sur laquelle il n'hésite pas à intervenir en direct.

Malgré des débuts hasardeux, il parvient par un coup d'éclat financier à la revendre à Canal+ contre des parts de sa maison mère Vivendi, dont il prend le contrôle en 2014.

Sa mise au pas brutale de "l'esprit Canal" marque alors les esprits: les cadres sont débarqués, fin du "Zapping", de l'investigation, les "Guignols" sombrent, la rédaction de la chaîne d'infos entame une grève historique.

Vincent Bolloré impose le polémiste Éric Zemmour sur les antennes de CNews, qu'il relance sur le modèle de la très conservatrice chaîne américaine Fox News, et donne le champ libre à Cyril Hanouna sur C8.

Fervent catholique, il développe aussi les émissions chrétiennes, tendance traditionaliste.

"Je ne suis pas un investisseur financier, je suis un investisseur industriel. Je dois donc avoir le contrôle de l'éditorial", disait-il à Télérama en 2007.

Parallèlement, les procédures judiciaires pleuvent sur les journalistes qui enquêtent sur ses activités, notamment en Afrique.

"Il y a un côté cabot chez lui, il s’amuse de tout ça", affirme à l'AFP le journaliste Nicolas Vescovacci, qui a obtenu la condamnation de Vivendi pour "procédure abusive" à son encontre lors de la rédaction du livre "Vincent tout-puissant". 

Croque-mitaine

Aujourd'hui, Vincent Bolloré prévoit de céder la logistique africaine, plombée par des enquêtes pour corruption, tandis que son dernier coup de maître en introduisant Universal Music Group en Bourse lui permet de se renforcer encore dans les médiaset l'édition.

Après avoir racheté les magazines Prisma (Télé-Loisirs, Femme Actuelle, Capital), le patron d'Editis est sur le point d'avaler Lagardère (Hachette, Europe 1, Le JDD, Paris Match).

"Il y a une telle pression, en disant +Vincent Bolloré épouvantable Bogeyman+ (Croque-mitaine, ndlr) épouvantail, (...) c'est naturel qu'ils aient peur", a-t-il lancé en janvier à une commission d'enquête parlementaire sur la concentration des médias, qui l'interrogeait sur les inquiétudes de la rédaction du JDD pour son indépendance.

Le monde politique aussi s'inquiète, à moins de 100 jours de l'élection présidentielle.

"Monsieur Bolloré doit comprendre que ce n'est pas aux patrons de presse de décider qui doit être président de la République", avait lancé en novembre Marine Le Pen, la candidate du Rassemblement national, qui s'estimait mal traitée par rapport à Éric Zemmour.

"Notre intérêt n'est pas politique et n'est pas idéologique: c'est un intérêt purement économique", a assuré l'intéressé aux sénateurs.

Son fils Yannick, âgé de 42 ans, PDG de Havas depuis 2013, est devenu président du conseil de surveillance de Vivendi en 2018, tandis que son frère cadet Cyrille, 36 ans, a pris les rênes du groupe Bolloré en mars 2019. 

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Le président-directeur général du groupe Havas Yannick Bolloré et la PDG de Radio France Sibyle Veil arrivent pour un dîner d'État offert par le président français à l'Elysée à Paris, le 25 mars 2019, dans le cadre de la visite d'État du président chinois en France. LUDOVIC MARIN / AFP

Tour de contrôle

"Il est impossible de savoir quand il décidera de réaliser complètement (son retrait). De toute façon, même s'il le réalise, il gardera toujours la tour de contrôle de la Compagnie de l'Odet" qu'il préside, croit savoir cette même source. 

Cette holding, pilotée par le seul milliardaire, est à la tête de l'empire Bolloré, façonné en quarante ans à coups d'acquisitions et qui totalise désormais environ 80.000 salariés et 24 milliards d'euros de revenus. 

Vincent Bolloré aime à rappeler qu'au début des années 1980, quand il s'est attelé au redressement de la papeterie familiale alors en difficulté, celle-ci "employait un peu moins de 800 personnes" pour un chiffre d'affaires de 20 millions d'euros.

Depuis, elle s'est développée dans les médias - parfois au prix de remaniements brutaux -, entre audiovisuel (groupe Canal+ et ses chaînes C8 et CNews ou la radio Europe 1), presse (Prisma Media, premier groupe de magazines en France, le JDD, Paris-Match, Prisa en Espagne), publicité/communication (Havas), édition (Editis) ou télécoms (Telecom Italia).

Bolloré et les médias: un empire construit sur les grèves et les conflits

Premier actionnaire de Canal+, des magazines de Prisma, du JDD, Paris-Match et de la radio Europe 1, le milliardaire breton Vincent Bolloré a bâti un empire médiatique colossal, déclenchant des grèves et des hémorragies dans les rédactions au fil de ses acquisitions.

Canal+ ne rit plus

En déclarant en 2007 qu'en tant qu'investisseur industriel, il devait "avoir le contrôle de l'éditorial", le futur magnat des médias, alors patron de la petite chaîne Direct 8, avait donné le ton sur ses ambitions.   

Alors que personne n'y croyait, l'industriel breton parvient à revendre D8 et D17 à Canal+ en 2012, contre des parts de la maison-mère Vivendi. A coups de rachats d'actions, il parvient à en prendre le contrôle deux ans plus tard. 

Premier coup de maître, premier conflit: appréciée pour sa liberté de ton, Canal+ est brutalement mise au pas par l'homme d'affaires à partir de 2015.

Le "Zapping" et le magazine "Spécial Investigation" sont arrêtés, son rédacteur en chef adjoint ayant notamment accusé Canal+ de censure. Les marionnettes satiriques "Les Guignols de l'info" sont d'abord mises en sourdine puis arrêtées, Vincent Bolloré leur reprochant un "abus de dérision".

Dernière victime en date: le célèbre service des sports, secoué par au moins 25 départs depuis le renvoi de l'humoriste Sébastien Thoen, qui avait provoqué une vague de soutien fin 2020.

Grève historique à iTélé

En 2016, les salariés de la chaîne d'information entament aussi un bras de fer avec Canal+, demandant des garanties d'indépendance et protestant contre une réduction drastique des effectifs.

L'arrivée à l'antenne de Jean-Marc Morandini, mis en examen pour "corruption de mineurs aggravée", met aussi le feu aux poudres. 

Les salariés portent une grève très médiatique pendant 31 jours - une durée record - face à des dirigeants inflexibles. 

N'obtenant que de maigres concessions, la quasi-totalité des journalistes quitte la chaîne, rebaptisée CNews, qui prendra un virage à droite dans les années suivantes.

A l'assaut des magazines

En mai dernier, Vivendi boucle l'acquisition du premier groupe de presse magazine en France, Prisma Media. 

Télé-Loisirs, Femme Actuelle, Capital ou Gala viennent encore diversifier l'empireBolloré. Connaissant ses méthodes, certains journalistes font immédiatement valoir leur clause de cession, prévue en cas de changement d'actionnaire.

Une soixantaine de salariés et pigistes ont depuis quitté le groupe, et devraient être rejoints par 80 autres d'ici la fin de l'année, estime le syndicat SNJ-CGT.

Ces hémorragies sont loin d'inquiéter l'industriel breton, qui a estimé en janvier que les journalistes fonctionnent "comme la mer": quand une vague part, une autre revient.

Main de fer à Europe 1

Après avoir bataillé avec le magnat du luxe Bernard Arnault, Vincent Bolloré impose Vivendi comme actionnaire principal du groupe Lagardère, qui compte dans son giron les stations Europe 1, RFM et Virgin Radio. 

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Les journalistes français Patrick Cohen (à droite) et Anne Sinclair (à gauche) participent à une manifestation, organisée par l'intersyndicale et la société des rédacteurs en chef (SDR) de la radio française Europe 1, pour dénoncer "l'influence grandissante" du groupe de médias Vivendi de Vincent Bolloré et pour faire part de leur inquiétude face au rapprochement avec CNews le 30 juin 2021 devant l'immeuble abritant Europe 1 à Paris. ALAIN JOCARD / AFP

Le milliardaire conservateur décide alors au printemps 2021 de rapprocher Europe 1 avec sa chaîne CNews. Inquiet d'un changement de ligne éditoriale à droite, les salariés de la radio historique entament une grève à leur tour.

Au fil des semaines, des dizaines de journalistes quittent la station contraints ou de leur plein gré.  

Cette première étape préfigure une opération prévue de longue date par l'industriel, qui s'apprête à avaler d'ici mars le groupe Lagardère dans sa totalité (le Journal du Dimanche, Paris Match, Hachette Edition) avec une offre publique d'achat (OPA).

Chaises musicales au JDD

Après cinq ans à la tête du JDD, Hervé Gattegno, directeur général de l'hebdomadaire, est limogé au mois d'octobre. Certains y voient en coulisses l'influence du patron, suite à une couverture du futur candidat d'extrême droite à la présidentielle, Eric Zemmour, ayant fait polémique.  

Remplacé par Jérôme Bellay, ce dernier est aussi congédié à la surprise générale trois mois plus tard, faisant place au chroniqueur régulier de CNews Jérôme Béglé. 

Une nouvelle fois, la société des journalistes fait part de sa "vive préoccupation", à quelques mois d'une échéance électorale déterminante.

"Notre intérêt n'est pas politique et n'est pas idéologique: c'est un intérêt purement économique", a pourtant balayé Vincent Bolloré, lors d'une audition en janvier devant une commission parlementaire. 

Face aux sénateurs, Vincent Bolloré a nié tout objectif politique dans sa stratégie d'acquisitions dans les médias, tandis que ses détracteurs dénoncent notamment une chaîne d'information CNews qui serait devenue la porte-voix de ses opinions conservatrices.

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L'actionnaire majoritaire du groupe Bolloré, Vincent Bolloré, arrive pour une audition devant une commission d'enquête parlementaire sur la concentration des médias, au Sénat français à Paris le 19 janvier 2022. Thomas SAMSON / AFP

Conseiller informel

"Il n'a pas de titre mais on sait qu'il influence les grandes décisions stratégiques", souligne une source proche, pour qui l'homme d'affaires tiendra ce rôle de conseiller informel du groupe "pendant un temps indéfini" qui dépendra de "l'évolution des problèmes". 

Plusieurs dossiers brûlants restent à boucler: acquérir la totalité du capital du groupe Lagardère - une opération dont le début est attendu d'ici début mars -, empêcher le fonds d'investissement américain KKR de prendre pied dans Telecom Italia - dont Vivendi est premier actionnaire - et convaincre le gouvernement espagnol de laisser Vivendi prendre près de 30% du capital du groupe de médias Prisa, propriétaire notamment du quotidien El Pais, contre 9,9% actuellement.

Sans compter la cession planifiée de la branche logistique du groupe en Afrique, minée par plusieurs poursuites judiciaires, qu'il entend mener à bien. 

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Des ouvriers préparent des articles dans un entrepôt du Groupe Bolloré à l'aéroport international d'Abidjan le 12 mai 2020, où différents produits de consommation sont stockés pour le marché local en Côte d'Ivoire. ISSOUF SANOGO /AFP

"J'ai réalisé que la transmission était moins facile que ce que j'imaginais", avouait-il récemment dans l'ouvrage "Dictionnaire amoureux de l'entreprise et des entrepreneurs". "Il faut transmettre les fonctions de direction et par conséquent les abandonner. A ces moments, on voit le regard des autres qui, évidemment, se détourne pour aller vers le nouveau pouvoir - cela est bien naturel mais toujours un peu douloureux." 


Glucksmann assure être prêt à débattre avec les autres candidats de la primaire de la gauche

Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
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  • Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées"
  • France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin

PARIS: Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique.

Le candidat du petit parti Place publique défend la tenue d'un seul débat télévisé sur le service public, alors que ses rivaux socialistes en réclament trois et lui reprochent d'avoir "peur" de débattre.

Raphaël Glucksmann a expliqué sur BFMTV/RMC qu'il veut que leur débat ait "le maximum d'exposition", ce que le rendez-vous unique proposé par France Télévisions et France Inter assurerait selon lui.

"Ensuite s'il y a un accord entre les chaînes, s'il n'y a pas d'exclusivité, moi j'ai pas de problème à faire des débats, c'est pas la question, on verra, on négociera", a-t-il dit.

Le débat sur le service public est prévu le 6 octobre, tandis que les deux autres évoqués pourraient avoir lieu le 16 septembre sur TF1 et le 29 septembre sur BFMTV.

Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées".

"Le service public est attaqué aujourd'hui, en permanence", a-t-il dit.

France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin.

Questionné à ce sujet, Raphaël Glucksmann a répondu que Valeurs actuelles "participe à l'offensive de l'extrême droite" mais qu'il n'a pas à "commenter" les choix éditoriaux du service public.

Celui-ci est "indépendant" et n'est "pas à nos ordres", a-t-il dit.

"Il faut des éditorialistes de droite sur le service public, je pense qu'il y en a plein d'ailleurs. J'écoute le service public et je peux vous dire que je ne suis pas toujours d'accord avec leurs éditorialistes", a déclaré le candidat.


Après la tapisserie de Bayeux, premier entretien Burnham-Macron pour "renforcer" les relations

Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron et Andy Burnham veulent renforcer le partenariat franco-britannique, notamment sur l’Ukraine, la coopération avec l’UE et la lutte contre les traversées de la Manche
  • Malgré cette volonté de rapprochement, des divergences persistent sur les relations post-Brexit et les questions commerciales, tandis que les deux dirigeants veulent aussi défendre les institutions démocratiques face à la montée des extrêmes

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham et le président français Emmanuel Macron ont affiché jeudi à Londres leur volonté de "renforcer" les relations entre le Royaume-Uni et la France, mais aussi l'Union européenne, au lendemain d'une première rencontre autour de la tapisserie de Bayeux.

Le prêt au British Museum pour un an de cette broderie millénaire, décrivant la conquête de l'Angleterre en l'an 1066 par Guillaume le Conquérant, "montre ce que notre collaboration peut permettre de réaliser", a souligné le chef de gouvernement travailliste au début de l'entretien, soulignant qu'Emmanuel Macron était le premier dirigeant étranger qu'il accueillait au 10, Downing Street.

Aux côtés de celui qu'il a décrit comme le "plus proche voisin" de son pays et un "ami très important", Andy Burnham a aussi évoqué un bilan positif de leur coopération "sur l'Ukraine", sur la lutte contre les traversées de la Manche par des migrants à bord de petites embarcations, et "sur le renforcement de la relation entre le Royaume-Uni et l'UE".

Emmanuel Macron a lui assuré avoir "la volonté et l'engagement de nous rapprocher encore davantage".

- "Sujets difficiles" -

A l'issue d'un déjeuner en présence de leurs épouses et avant de quitter Londres, le président français a salué une "très bonne discussion".

A l'approche d'un sommet crucial entre l'UE et le Royaume-Uni attendu d'ici la fin de l'année, ce rapprochement était en haut de l'agenda de cette première rencontre.

Interrogé mercredi soir par des journalistes, le Premier ministre britannique avait estimé que "dix ans après le Brexit, les gens ici en ont assez des divisions. Ils voient que nous devons travailler plus étroitement ensemble".

Il a toutefois souligné qu'il y avait des "sujets difficiles" sur lesquels il espérait "trouver ensemble un moyen de surmonter" les obstacles, citant le plan de l'UE pour soutenir l'industrie "made in Europe", qui pourrait selon lui avoir des "répercussions sur l'industrie sidérurgique" britannique.

"Même si nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout, nous nous respectons (...) et restons ouverts à la discussion sur tous les sujets, y compris la relance des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne", avait de son côté commenté Emmanuel Macron dans son discours au British Museum.

Paris veut éviter que Londres fasse du "cherry-picking", autrement dit que les Britanniques ne retiennent du marché intérieur européen que ce qui les avantage.

La lutte contre l'arrivée de migrants sur de petites embarcations via la Manche est également un sujet prioritaire pour Londres.

Le gouvernement britannique, qui a enregistré cet été le nombre le plus bas d'arrivées de migrants depuis 2019, a salué le succès de son accord de coopération avec la France, reconduit pour trois ans en avril, et Andy Burnham a plaidé pour "accomplir davantage encore".

- Méga-canots -

Afin d'empêcher la traversée de "méga-canots", comme celui qui a récemment transporté 230 personnes, une équipe de 45 agents doit prochainement être déployée sur les côtes du nord-ouest de la France, soit "un quasi-triplement" des moyens dans cette zone, a fait savoir Downing Street dans un communiqué.

Autre sujet au menu: le renforcement de l'aide à l'Ukraine à un moment où les attaques russes de drones et de missiles balistiques s'intensifient et font un nombre croissant de victimes civiles.

Andy Burnham a effectué le 24 août sa première visite à Kiev, pour une réunion de la Coalition des volontaires, le groupe de pays qui soutiennent l'Ukraine, que le Royaume-Uni codirige avec la France.

Lors de ce premier entretien, qui se tenait à la veille d'une rencontre entre Jordan Bardella du Rassemblement National et Nigel Farage du parti anti-immigration Reform UK, Emmanuel Macron et Andy Burnham ont aussi évoqué "la montée des extrêmes" dans leurs pays, soulignant leur "intérêt commun" à montrer que des institutions démocratiques modérées peuvent répondre aux problèmes de leurs concitoyens, selon une source diplomatique.

Pendant sa visite au British Museum mercredi soir, le président français, qui quittera l'Élysée en mai, a dit espérer que son pays et le Royaume-Uni puissent "tisser un lien aussi étroit que les fils" de la tapisserie.

Le roi Charles III, accompagné de la reine Camilla, a quant à lui salué un prêt qui constitue "un précieux symbole de confiance".


Présidentielle: Hollande fait ses propositions pour séduire jusqu'au centre

Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
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  • Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode"
  • Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre

PARIS: Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre.

Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode, de perspectives et d'ambition".

Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre.

Mais "si émettre des idées, c'est être en campagne", alors "oui", il est en campagne, a-t-il concédé jeudi, à la foire de Châlons-en-Champagne (Marne).

Le député de Corrèze, qui a débattu récemment avec le candidat d'Horizons Edouard Philippe et a fait une apparition aux journées d'été du PS à Blois, sera la semaine prochaine à la fête de la rose de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), avant d'enchaîner les séances de dédicaces de son livre.

"L'enjeu, c'est d'unir les Français", face à la bipolarisation de la société entre "des extrêmes qui jouent la division" et une situation internationale tendue, où la France doit affirmer son indépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Russie, a-t-il expliqué mercredi.

Pour cela, "il va falloir aller au-delà des formations politiques", a-t-il glissé à Blois. Celui qui théorise la nécessité de "l'union sacrée des démocrates" et préconise d'aller chercher dès le premier tour les électeurs du centre au moment où la macronie est en fin de règne, assure ne pas vouloir proposer du "Hollande 2012" réchauffé.

Sur certains points, il se place même à rebours de son parti, comme sur la taxe Zucman pour les ultra-riches, devenue à ses yeux "un slogan. Pas une réponse" ou sur les retraites.

"Candidat de centre-droit" 

Alors que le PS veut revenir à un âge légal de départ à 62 ans, il propose de le fixer à 63 ans puis d'allonger progressivement la durée de cotisation.

"L'âge pivot doit tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie et être corrigé en permanence", a-t-il justifié.

L'ex-chef de l'Etat veut aussi "limiter à 1% pendant cinq ans l'indexation des pensions, ce qui procurerait un gain équivalent au report d'un an de l'âge de départ", et "ajouter une part de capitalisation", qui serait contrôlée par les partenaires sociaux.

De quoi faire bondir le patron des socialistes Olivier Faure: "Vous ne me trouverez pas aux côtés de ceux qui défendent ce modèle", a-t-il déclaré à Blois.

Autre nouveauté sur le plan économique, pour améliorer la feuille de paie, François Hollande suggère d'"augmenter le salaire net en diminuant les cotisations salariales". Cette perte de recettes pour la sécurité sociale serait alors compensée par un prélèvement sur le capital, via une "progressivité de la taxe sur les revenus financiers" et "un relèvement progressif de 20 à 24% du taux normal de la TVA", pourtant considérée par Olivier Faure comme "l'impôt le plus injuste".

Il estime que ce nouveau système permettrait de "relever les salaires d'environ 10% pour tous".

Et pour faire passer l'amère pilule, il propose de supprimer la TVA réduite à 5,5 %, qui s'applique sur les produits alimentaires et les travaux énergétiques, et de faire de même, mais de façon ponctuelle, pour les carburants.

Il souhaite aussi réduire les impôts de production en diminuant les aides aux entreprises, comme le propose Édouard Philippe.

De quoi séduire les centristes? François Hollande "articule des idées qui sont plus compatibles qu'elles ne l'étaient" auparavant, a reconnu le président du MoDem François Bayrou.

"On a l'impression que c'est un candidat de centre-droit. C'est un positionnement intéressant", note un cadre Horizons, tandis qu'un candidat à l'élection présidentielle constate qu'il "parle quand même très à droite pour un candidat de gauche".

"Je suis socialiste", répond l'ancien président, qui garde des marqueurs de gauche: il prévoit de "mettre à contribution les gros héritages et les patrimoines supérieurs à 10 millions d'euros brut", de porter à 30% la représentation des salariés dans les conseils d'administration des entreprises, ou de mettre en place un chèque de 10.000 euros baptisé "entrée dans la vie", pour les jeunes qui effectueront le service civique.