Imran Khan à Moscou, le Pakistan sur une «corde raide» entre la Russie et l’Occident

Le Premier ministre pakistanais, Imran Khan, tentera de renforcer les relations bilatérales de son pays avec la Russie lors de sa visite de deux jours à Moscou (Photo, Reuters).
Le Premier ministre pakistanais, Imran Khan, tentera de renforcer les relations bilatérales de son pays avec la Russie lors de sa visite de deux jours à Moscou (Photo, Reuters).
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Publié le Jeudi 24 février 2022

Imran Khan à Moscou, le Pakistan sur une «corde raide» entre la Russie et l’Occident

  • M. Khan devrait tenir des discussions «approfondies» avec le président Vladimir Poutine dans un contexte d’escalade du conflit en Ukraine
  • Il s’agit de la première rencontre bilatérale entre les deux nations depuis 1999

ISLAMABAD: La visite du Premier ministre pakistanais, Imran Khan, à Moscou mercredi oblige le pays d’Asie du Sud à marcher sur une «corde raide», a affirmé un expert, alors que la première rencontre entre les deux nations depuis plus de vingt ans a lieu sur fond d’escalade entre la Russie et l’Occident dans le contexte de la crise ukrainienne.
Selon un communiqué du ministère pakistanais des Affaires étrangères, M. Khan tiendra des discussions «approfondies» sur la politique énergétique et d’autres questions avec le président russe, Vladimir Poutine, au cours de sa visite de deux jours.
Cette visite est la première effectuée par un Premier ministre pakistanais en Russie depuis 1999. Elle intervient au moment où une grande partie de l’Occident s’aligne sur la Russie, dans un contexte de craintes croissantes d’une invasion de l’Ukraine.
Avant son voyage, le dirigeant pakistanais avait exprimé l’espoir d’une résolution pacifique du conflit, mais avait précisé que sa visite n’était pas liée à la crise.
«Cette crise ukrainienne ne nous concerne pas. Nous entretenons une relation bilatérale avec la Russie, et nous voulons vraiment la renforcer», a déclaré M. Khan dans une interview accordée à la chaîne de télévision publique russe RT.
«Ce que nous voulons en ce moment, c’est ne faire partie d’aucun bloc. Nous souhaitons entretenir des relations commerciales avec tous les pays», a-t-il ajouté.
Selon Uzair Younus, directeur de l’initiative pour le Pakistan au sein du groupe de pression Atlantic Council basé à Washington, la visite de cette semaine oblige M. Khan à marcher sur une corde raide entre la Russie et l’Occident.
«Les dirigeants pakistanais doivent marcher sur une corde raide pour trouver un équilibre entre la relation émergente avec la Russie et ses relations historiques et économiquement vitales avec l’Occident», a expliqué M. Younus à Arab News.
Il a souligné que M. Khan devait se concentrer uniquement sur les liens entre la Russie et le Pakistan et «s’abstenir de mêler le Pakistan aux tensions entre la Russie et l’Ukraine».
«Le Premier ministre et son équipe doivent demeurer conscients du fait que les principaux intérêts économiques du Pakistan sont alignés sur les puissances occidentales», a-t-il ajouté.
Le montant annuel cumulé des exportations vers les États-Unis, la Grande-Bretagne et l’Union européenne s’élevait à plus de 12 milliards de dollars (1 dollar = 0,86 euro), a précisé M. Younus, tandis que les exportations vers la Russie ne représentaient que 163 millions de dollars.
Faisal Karim Kundi, un politicien du Parti du peuple pakistanais, un parti d’opposition, craint que la visite de M. Khan à Moscou n’affecte les relations commerciales avec les États-Unis et l’Europe.
«Malheureusement, nous ne pouvons pas nous permettre cela à un moment où notre économie est déjà très fragile et sous pression», a souligné M. Kundi.
Selon les experts, la visite du Premier ministre pakistanais en Russie devrait être examinée dans son contexte bilatéral, surtout lorsque ces réunions de haut niveau sont planifiées longtemps à l’avance.
L’ancien Premier ministre Shahid Khaqan Abbasi a déclaré que cela «ne devrait poser de problème à aucun autre pays».
«Ce qui se passe en Ukraine est une question à part et devrait être traité dans différentes instances de l’ONU», a estimé M. Abbasi.
Abdel Basit, chargé de recherche à la S. Rajaratnam School of International Studies de Singapour, a affirmé que même si le voyage risque d’être mal interprété au niveau international, il s’agit d’une visite importante pour le Pakistan.
«Cela peut faire passer les relations entre le Pakistan et la Russie de relations de défense à des relations commerciales et également répondre aux besoins énergétiques croissants du Pakistan», a expliqué M. Basit à Arab News.
Selon l’ancienne ministre des Affaires étrangères Tehmina Janjua, les États-Unis et d’autres pays occidentaux comprendront que la visite de Khan n’est pas liée à la crise ukrainienne.
«Le Pakistan et la Russie travaillent sur cette visite depuis 2020», a-t-elle indiqué à Arab News. «Nous ne devrions pas non plus nous inquiéter qu’elle ait un impact négatif sur les relations du Pakistan avec les États-Unis et d’autres pays occidentaux.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.