Echange téléphonique «franc» entre Poutine et Macron au sujet de l'Ukraine

Le président russe Vladimir Poutine et son homologue français Emmanuel Macron ont eu jeudi un échange téléphonique "sérieux et franc" au sujet de l'opération militaire lancée par Moscou en Ukraine, a rapporté le Kremlin (AFP)
Le président russe Vladimir Poutine et son homologue français Emmanuel Macron ont eu jeudi un échange téléphonique "sérieux et franc" au sujet de l'opération militaire lancée par Moscou en Ukraine, a rapporté le Kremlin (AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 25 février 2022

Echange téléphonique «franc» entre Poutine et Macron au sujet de l'Ukraine

  • Il s'agit du premier contact téléphonique connu entre M. Poutine et un dirigeant occidental depuis le début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie jeudi matin
  • M. Poutine «a donné une explication détaillée sur les raisons et les circonstances de la décision de mener une opération militaire spéciale» en Ukraine

MOSCOU: Le président russe Vladimir Poutine et son homologue français Emmanuel Macron ont eu jeudi un échange téléphonique "sérieux et franc" au sujet de l'opération militaire lancée par Moscou en Ukraine, a rapporté le Kremlin.

Il s'agit du premier contact téléphonique connu entre M. Poutine et un dirigeant occidental depuis le début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie jeudi matin.

Les deux dirigeants "ont eu un échange de points de vue sérieux et franc au sujet de la situation autour de l'Ukraine", a déclaré le Kremlin dans un communiqué publié à l'issue de cet entretien organisé, selon la présidence française, "à l'initiative de la partie française".

Lors de sa conversation avec M. Macron, M. Poutine "a donné une explication détaillée sur les raisons et les circonstances de la décision de mener une opération militaire spéciale" en Ukraine, a ajouté le Kremlin.

Selon une source au sein de la présidence française, M. Macron a "exigé l'arrêt immédiat" de l'offensive russe en Ukraine "en rappelant que la Russie s'exposait à des sanctions massives".

Plusieurs dizaines de personnes sont mortes dans des bombardements et affrontements.

L'opération russe a été largement condamnée par la communauté internationale et les pays occidentaux ont infligé des sanctions économiques à Moscou en réaction.
«Duplicité» de Poutine

Emmanuel Macron a jugé vendredi utile de "laisser ouvert le chemin" du dialogue avec Moscou pour obtenir un arrêt de son offensive en Ukraine, tout en dénonçant "la duplicité" de son homologue russe Vladimir Poutine.

A l'issue d'un sommet de l'UE  à Bruxelles, le président français a indiqué avoir eu jeudi "un "échange franc, direct, rapide" avec Vladimir Poutine, pour réclamer "l'arrêt des combats dans les meilleurs délais" et "lui demander de discuter" avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky "dont c'était la demande".

"Je pense que c'est de ma responsabilité (...) tout en condamnant, tout en sanctionnant, tout en continuant à agir, de laisser ce chemin ouvert pour que le jour où les conditions pourront être remplies, nous puissions obtenir une cessation des hostilités", a-t-il fait valoir.

Pour autant, le président français, qui avait multiplié les initiatives diplomatiques ces dernières semaines, a déploré la "duplicité" du Kremlin.

Peu de temps avant l'invasion de l'Ukraine par la Russie, "nous discutions encore des détails de mise en oeuvre des accords de Minsk. Donc, oui, il y a eu duplicité, il y a eu un choix délibéré, conscient, du président Poutine de lancer la guerre quand nous pouvions encore négocier la paix", a-t-il estimé.

"Nous devons tirer toutes les conclusions du choix du président Poutine de vouloir faire bégayer l'histoire européenne et nous ramener à des logiques d'empire et de confrontation, de bafouer tous les principes qui président au droit international", a poursuivi Emmanuel Macron.

Déploiement de soldats en Roumanie
De plus, Macron a annoncé que la France allait accélérer le déploiement de soldats en Roumanie dans le cadre de l'Otan, en réponse à l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe. 

"La France continuera à jouer pleinement son rôle de réassurance des alliés de l'Otan en envoyant en Estonie un nouveau contingent au sein de la présence avancée renforcée, en anticipant sa participation à la police du ciel balte dès le mois de mars, et en accélérant aussi son déploiement en Roumanie", a déclaré le président français à l'issue d'un sommet exceptionnel de l'UE à Bruxelles et à la veille d'un sommet de l'Otan consacré à la crise en Ukraine.

Par ailleurs, "nous sommes prêts à continuer à livrer des matériels militaires et de soutien à la population, comme j'ai pu le dire au président (ukrainien Volodymyr) Zelensky", a ajouté Emmanuel Macron.

La France avait annoncé fin janvier qu'elle comptait envoyer "plusieurs centaines" de ses soldats en Roumanie dans le cadre d'un éventuel déploiement de l'Otan.

Le président Macron avait auparavant annoncé le 19 janvier la "disponibilité" de la France à s'engager "sur de nouvelles missions", "en particulier en Roumanie".

Ce pays, frontalier de l'Ukraine et qui a un accès à la mer Noire, se trouve "à l’épicentre des tensions" et doit donc être "réassuré", avait expliqué la ministre des Armées Florence Parly.

Paris avait indiqué sa volonté d'être la nation cadre de cette force.

En Estonie, la France participe, avec quelque 300 soldats mobilisés depuis un an, à la mission permanente de "présence renforcée avancée" (Enhanced Forward Presence, EFP), qui a été déployée après l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014.

Pour Emmanuel Macron, la crise russo-ukrainienne apporte la démonstration que "l'Europe n'est pas simplement un marché de consommateurs mais bien une puissance qui doit penser son indépendance énergétique, sa transition climatique" et "une Europe de la défense capable de protéger ses frontières, ses citoyens et de se projeter vers ses alliés".

"Dans les temps tragiques que nous vivons, l'Europe n'a d'autre choix que de redevenir, peut-être de devenir oserais-je dire, une puissance", a-t-il insisté.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Short Url
  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Short Url
  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Short Url
  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.