Kenza Zouari, une pionnière de l'art digital

Les NFT, certificat de propriété d'une œuvre digitale, sont le sujet du moment (Photo fournie).
Les NFT, certificat de propriété d'une œuvre digitale, sont le sujet du moment (Photo fournie).
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Publié le Mercredi 02 mars 2022

Kenza Zouari, une pionnière de l'art digital

  • «On a ce besoin de documenter, d'écrire et d'archiver»
  • «Les NFT permettent d'avoir accès beaucoup plus facilement à une audience internationale»

PARIS: Les NFT – «jetons non fongibles», un certificat digital de propriété d'une œuvre digitale – sont le sujet du moment. Comme bien souvent avec les phénomènes de mode, il y a une querelle entre des opinions viscéralement opposées. L'intérêt de la NFT est de remettre au centre du débat l'importance de la valorisation de l'art. Or, dans ce domaine, Kenza Zouari est une pionnière, tant dans l'art digital que dans l'art traditionnel.

Démarche singulière en Tunisie
Ayant pris une année de césure après une licence en management obtenue à la Mediterranean School of Business de Tunis, Kenza Zouari va travailler dans le domaine du cinéma, sa plus grande passion. Mais ce secteur si difficile d’accès à Tunis va la mener vers d'autres chemins artistiques. En 2017, elle va vivre ce qu'elle décrit comme un «déclic» en rejoignant la Fondation Kamel Lazaar, qui promeut l'art en Afrique du Nord et au Moyen-Orient notamment par le biais du festival d'art contemporain Jaou.

Kenza Zouari (Photo fournie).

C'est grâce à cette fondation qu'elle rencontre Kaïs Dhifi. Ce directeur artistique lui expose son «projet de vie»: fonder avec elle une agence créative d'un nouveau genre en Tunisie. Local Groupe voit le jour en 2020. Organiser des expositions de A à Z puis publier un livre qui relate cet événement: telle est la matrice de Local Groupe. Les deux premiers artistes furent les photographes Kaïs Dhifi lui-même avec City of Poets en 2020, et Souheila Ghorbel avec Winter Bloom en 2021. Le prochain créateur sollicité est l'illustrateur Issam Smiri. «On aime dénicher les artistes puis les accompagner. C'est souvent leur première exposition et leur premier ouvrage. On les accompagne sur ces deux volets», explique Kenza Zouari.
Local Groupe porte une attention très particulière aux livres dans sa démarche de valorisation des artistes. «On a ce besoin de documenter, d'écrire et d'archiver. À Tunis, il y a très peu d’ouvrages ou de beaux livres pour documenter les événements culturels. Or, c'est à travers les livres que l'on comprend l'évolution de l'art, mais aussi de l'artiste, dans un pays. À chaque fois que nous voyageons, nous distribuons nos livres.»
Nos fidèles lecteurs parisiens peuvent retrouver les livres de Local Groupe à la librairie Classic Paris, dans le IIe arrondissement.

Dans cette optique de valorisation, Kenza Zouari souhaite accompagner Local Groupe vers le monde des NFT.

Les NFT, une fenêtre d'opportunités
Elle va découvrir le monde des NFT lors du confinement, à Tunis, en mars 2020. En écoutant les différents salons de la plate-forme Clubhouse, elle prend conscience de l'importance des NFT.
Par l’intermédiaire de cette plate-forme, elle fait la connaissance de Pedro, qui la guide dans ce monde nouveau puis lui propose de travailler avec Unit, une galerie d'art contemporain située à Londres qui a fondé Institut, une curated marketplace (système qui permet de réunir des œuvres présélectionnées au sein d'une place de marché) pour les NFT. «Notre but est d'arriver à relier l'art traditionnel avec les NFT en disposant de collectionneurs du monde traditionnel de l'art qui investissent dans les NFT, mais aussi dans le sens contraire.»

La visibilité et la valorisation des artistes africains sont des sujets qui la tiennent à coeur (Photo fournie).

Les NFT apparaissent ici comme complémentaires avec la démarche de Local Groupe, mais avec des spécificités particulières. «Les NFT sont des œuvres digitales. Cela peut être une photographie, une vidéo, une peinture ou bien une animation. Ils permettent d'avoir accès beaucoup plus facilement à une audience internationale. L'artiste peut ainsi vendre ses œuvres plus facilement.» Kenza Zouari tempère néanmoins: en Tunisie, un flou légal persiste. Mais elle a bon espoir que le gouvernement se penche sur la question. Kenza Zouari insiste également sur la place importante du marketing dans les NFT. C'est pourquoi elle représente des artistes talentueux, comme l'artiste hollandais Niels Broszat.

Forte de ses expériences, elle a rejoint en novembre 2021 la Libano-Sénégalaise Linda Dounia, qui a fondé Cyber Baat, une DAO (organisation autonome décentralisée inhérente à la blockchain). Elle y est chargée de la partie représentation en Afrique du Nord, car Cyber Baat a pour mission de valoriser et de donner plus de visibilité aux artistes africains. C’est la raison pour laquelle Kenza Zouari sera présente au Art Dubai Digital qui se tiendra au mois de mars prochain.

La visibilité et la valorisation des artistes africains sont des sujets qui lui tiennent à cœur. En septembre dernier, elle a écrit un texte curatorial au titre éloquent et percutant: «Ma Terre n'est pas votre Terre. Une perspective décolonisée». Cet écrit fait partie de son exposition visible dans un métavers sur le site Cryptovoxels.

Kenza Zouari n'est pas seulement une pionnière, elle est surtout un exemple à suivre. La solidarité et l'humanité doivent rester au cœur de toute démarche.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".