La guerre en Ukraine: situation sur le terrain au dixième jour

De la fumée s'élève d'un entrepôt bombardé dans la ville de Stoyanka, à l'ouest de Kiev, après l'invasion de l'Ukraine par la Russie. (AFP).
De la fumée s'élève d'un entrepôt bombardé dans la ville de Stoyanka, à l'ouest de Kiev, après l'invasion de l'Ukraine par la Russie. (AFP).
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Publié le Samedi 05 mars 2022

La guerre en Ukraine: situation sur le terrain au dixième jour

  • La capitale Kiev reste sous contrôle ukrainien, tout comme Kharkiv (Est) et ce malgré d'intenses bombardements russes
  • Les troupes russes ont pris Kherson (dans le Sud) et ont encerclé plusieurs centres urbains de la région

PARIS: Au dixième jour de leur invasion de l'Ukraine, les forces russes poursuivent samedi leur avancée dans le pays, mais rencontrent toujours une résistance acharnée des Ukrainiens dans leurs tentatives de prendre des villes stratégiques. 

La capitale Kiev reste sous contrôle ukrainien, tout comme Kharkiv (Est) et ce malgré d'intenses bombardements russes. Les troupes russes ont pris Kherson (dans le Sud) et ont encerclé plusieurs centres urbains de la région.  

Voici un point de la situation, bâti à partir d'éléments des journalistes de l'AFP sur place et de services d'urgence ainsi que de déclarations ukrainiennes et russes, de sources occidentales, d'analystes et d'organisations internationales. La Russie pour sa part communique très peu sur son offensive.

L'Est

Kharkiv, deuxième ville d'Ukraine (1,4 million d'habitants), à 50 km de la frontière russe (Est), était toujours samedi aux mains des Ukrainiens malgré des bombardements intenses, selon des observateurs occidentaux. 

Les forces russes mènent aussi une offensive à travers les territoires séparatistes prorusses de Donetsk et Lougansk, mais il n'était pas possible dans l'immédiat de savoir jusqu'à quel point exactement elles avaient avancé. 

Les combats ont été intenses autour et à l'intérieur de la ville de Sumy (Nord-Est), où Kiev affirme que les forces russes ont procédé à de lourds bombardements, alors que des efforts sont en cours pour extraire les étudiants étrangers.

Kiev et le Nord

Kiev reste sous contrôle ukrainien, malgré d'intenses bombardements. Des observateurs occidentaux ont relevé la présence d'une colonne de véhicules russes forte de centaines de véhicules stationnés au nord de la capitale, près de l'aéroport de Gostomel.  

De violents affrontements ont eu lieu dans les environs de Gostomel mais la colonne n'a que peu avancé ces derniers jours. 

L'Ukraine garde également le contrôle de Tcherniguiv, au nord de Kiev, dont le centre-ville a été dévasté par des bombardements russes vendredi. De nombreux civils y sont morts ces derniers jours.

Le Sud

L'Ukraine a reconnu cette semaine que la Russie avait pris le contrôle de Kherson, la première ville significative capturée par Moscou.  

La Russie assiège la ville portuaire de Marioupol (sud-est), qui est toujours sous contrôle ukrainien. Une évacuation des civils, qui devait commencer en fin de matinée, a été reportée car les forces russes continuent de bombarder la ville, ont déclaré les autorités locales, ce que le pouvoir russe a d'abord nié, avant d'annoncer avoir repris son "offensive" depuis 15H00 GMT.

Marioupol est une ville d'importance stratégique pour la Russie. Sa prise permettrait en effet, à l'Est, la jonction entre les forces russes venues de la Crimée annexée, qui ont déjà pris les ports clés de Berdiansk et Kherson, et les troupes séparatistes et russes dans le Donbass.

Et à ces forces consolidées de remonter vers le Nord et pousser encore plus leurs troupes vers le centre et le Nord. 

La ville portuaire d'Odessa reste sous contrôle ukrainien. Elle est pour l'instant épargnée par les combats. Mais des craintes ont émergé sur une possible attaque et le débarquement de soldats russes actuellement stationnés sur des navires de guerre au large dans la mer Noire. 

Le ministère de la Défense britannique estime que les forces russes avancent vraisemblablement vers Mykolaïv, à l'est d'Odessa, mais qu'il y a une "possibilité réaliste" qu'elles contournent cette ville et priorisent Odessa.

L'Ouest

L'Ouest de l'Ukraine est pour l'instant largement épargné par les combats. Sa plus grande ville, Lviv, est devenue un hub pour les missions diplomatiques étrangères, les journalistes et les Ukrainiens cherchant à se mettre en sécurité ou à fuir dans un pays voisin.

Victimes

La Russie a affirmé mercredi que 498 de ses militaires avaient été tués en Ukraine, selon le premier bilan annoncé de ses pertes dans cette guerre, qui n'a pas été actualisé depuis.

L'Ukraine et des observateurs occidentaux affirment de leur côté que ce bilan est largement sous-évalué. Kiev affirme que plus de 9.000 soldats russes ont été tués. 

Mercredi, l'ONU a affirmé avoir comptabilisé la mort de 230 civils en Ukraine, dont 15 enfants, prévenant que ce bilan était susceptible d'être beaucoup plus élevé.  

Réfugiés

Les conséquences en chaîne de ce conflit continuent de s'aggraver. Plus de 1,37 million de réfugiés ont déjà fui l'Ukraine depuis l'invasion du pays le 24 février, dont environ la moitié ont été accueillis en Pologne, selon le dernier décompte du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.