Au World Defense Show de Riyad, le SAMI révèle ses ambitions à l'horizon 2030

(Photo AN : Abdullah Aljaber)
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Publié le Dimanche 06 mars 2022

Au World Defense Show de Riyad, le SAMI révèle ses ambitions à l'horizon 2030

  • Très remarquée a été la participation du général de division aérienne Laurent Marboeuf, officier général des Relations internationales militaires de l’État-major des armées françaises, à ce premier Riyad Défense Forums
  • Les industries militaires saoudiennes, ou SAMI, ambitionnent de se classer parmi les 25 premières entreprises de défense au monde d'ici 2030

RIYAD : L'Arabie saoudite a lancé dimanche sa toute première édition du World Defense Show. S'exprimant lors du panel d'ouverture de l'événement, le PDG de Saudi Arabian Military Industries, (ou SAMI), Walid Abu Khaled a déclaré que son entreprise, fondée il y a 3 ou 4 ans, est actuellement classée 85e mondiale. «Notre objectif est de figurer parmi les 25 meilleures entreprises au monde d'ici 2030» a-t-il cependant ajouté.

L'événement de quatre jours qui se tient du 6 au 9 mars accueillera 30 000 visiteurs, dont des délégations de haut niveau et des exposants de près de 80 pays.

Le salon accélérera l'avenir de l'industrie en présentant les derniers développements technologiques et en démontrant l'interopérabilité de la défense dans tous les principaux domaines - systèmes aériens, terrestres, maritimes, spatiaux et de sécurité.

Il présentera des produits et accueillera des démonstrations de centaines d'exposants locaux et mondiaux, y compris des partenaires internationaux tels que Lockheed Martin, Boeing, General Dynamics, Navantia, BAE Systems, L3 Harris et Norinco.

Très remarquée a été la participation du général de division aérienne Laurent Marboeuf, officier général des Relations internationales militaires de l’État-major des armées, à ce premier Riyad Défense Forum. Le général Marboeuf a tenu des entretiens chaleureux à cette occasion avec le Chef d'état-major saoudien le General Fayad Al Ruwaily.

Conversation entre le général de division aérienne Laurent Marboeuf, officier général relations internationales militaires de l’état-major des armées, et le Chef d'état-major saoudien le General Fayad Al Ruwaily au 1er Riyad Défense Forum (Twitter @FranceinKSA)
Conversation entre le général de division aérienne Laurent Marboeuf, officier général relations internationales militaires de l’état-major des armées, et le Chef d'état-major saoudien le General Fayad Al Ruwaily au 1er Riyad Défense Forum (Twitter @FranceinKSA) 

 

Mises à jour

  • Les industries militaires saoudiennes, ou SAMI, visent à fournir de l'électronique de défense aux trois branches militaires que sont l'armée de l'air, l'armée et la marine, a déclaré Ziad Al-Musallam, président et chef de la direction de SAMI Advanced Electronics, et vice-président cadre de SAMI.
  • Les industries militaires saoudiennes, ou SAMI, ambitionnent de se classer parmi les 25 premières entreprises de défense au monde d'ici 2030, a déclaré Walid Abu Khaled, directeur général de l'entreprise de défense publique.
  • L'Université King Fahd du pétrole et des minéraux a créé des programmes dans le cadre de son plan de développement des capacités humaines dans l'industrie afin de «localiser véritablement la technologie de défense», a déclaré Muhammad Al-Saggaf, président de l'université.
  • Une partie de notre joint-venture avec l'Arabie saoudite est que l'Arabie saoudite créera des logiciels et des radars, que l'Arabie saoudite possédera et contrôlera sans avoir à obtenir l'autorisation des États-Unis. Nous transférons donc la propriété intellectuelle et le savoir-faire au royaume, a déclaré Joseph Rank, directeur général de l'Arabie saoudite et de l'Afrique Lockheed Martin.
  • Alors que les entreprises de défense se tournent vers la numérisation, le vice-président de SAMI a souligné la nécessité de prendre sérieusement en considération l'intégration de la cybersécurité avec la guerre électronique.
  • La 5G devient un centre d'intérêt pour de nombreuses organisations. Le département américain de la Défense a dépensé 600 millions de dollars pour vérifier si la 5G leur convient, a déclaré Saud Al-Sheraihi, vice-président des projets et des solutions de STC.
  • STC a couvert toute la zone du projet de développement de la mer Rouge par une couverture 5G qui a été installée à l'aide de drones, a déclaré Al-Sheraihi.
  • La 5G peut réussir à connecter plusieurs systèmes ensemble pour renforcer la sécurité nationale, a déclaré Al-Sheraihi.
  • Le renouvellement de la flotte, l'efficacité et les performances opérationnelles, ainsi que les carburants alternatifs sont d'autres domaines d'intérêt qui peuvent compléter la numérisation de la défense, a déclaré Ted Colbert, président et chef de la direction de Boeing Global Services.
  • Boeing est responsable de l'exploitation des capacités numériques, notre T-7 est un bon exemple de produits numériques développés, a déclaré Colbert.
  • Les partenariats sont essentiels pour favoriser l'interopérabilité, et "l'Arabie saoudite occupe une position de leader dans l'interopérabilité de la défense", a déclaré Dana Mehnert, président des systèmes de communication chez L3Harris Technologies.
  • STC Academy a signé dimanche un protocole d'accord stratégique avec Thales Security System and Services Company lors du World Defense Show.
  • Le protocole d'accord vise à développer les connaissances en matière de cybersécurité pour améliorer les méthodologies et les pratiques internationales, y compris les laboratoires de simulation et à l'échelle cybernétique.
  • L'Université King Fahd du pétrole et des minéraux a créé des programmes dans le cadre de son plan de développement des capacités humaines dans l'industrie afin de "localiser véritablement la technologie de défense", a déclaré Muhammad Al-Saggaf, président de l'université.
  • Le constructeur aéronautique américain Boeing prévoit de voler avec des carburants d'aviation 100% durables d'ici 2030, a révélé le plus haut dirigeant d'une entreprise.

«Le 6 mars marquera une étape importante dans le parcours du Royaume vers la localisation de 50% de ses dépenses militaires d’ici à 2030», déclare Ahmad al-Ohali, gouverneur de l’Autorité générale des industries militaires d’Arabie saoudite qui organise le World Defense Show.

«C’est le meilleur moment de s’associer à l’écosystème de défense et de sécurité de l’Arabie saoudite au moment où nous continuons de transformer une industrie naissante au potentiel immense. Nos portes sont ouvertes aux fabricants et prestataires de services internationaux qui partagent notre vision en matière de transfert de la technologie, de développement des talents et d’industrialisation de la défense», poursuit-il.

«Le 6 mars marquera une étape importante dans le parcours du Royaume vers la localisation de 50% de ses dépenses militaires d’ici à 2030.»- Ahmad al-Ohali, gouverneur de l’Autorité générale des industries militaires d’Arabie saoudite qui organise le World Defense Show

«Le niveau de la demande internationale est très différent de ce que nous avons pu voir auparavant dans l’industrie, et cela témoigne de la position de l’Arabie saoudite en tant que marché clé pour l’industrie et de sa vision de soutenir la croissance économique en développant le secteur de la défense. Nous avons hâte d’assister à des conversations inspirantes sur l’avenir de la défense entre les visiteurs, les délégations et les exposants de plus de 80 pays», affirme Andrew Pearcey, PDG du World Defense Show.

L’événement met en place une plate-forme unique pour le réseautage, la collaboration, le partage de connaissances et la découverte d’innovations. Un programme personnalisé de rencontre avec l’acheteur accueillera jusqu’à 600 réunions, mettant en relation les acheteurs et les fournisseurs au sein de l’industrie mondiale de la défense.

Une autre plate-forme de réseautage phare est «Meet the KSA Government Program» (Se familiariser avec le programme gouvernemental de l’Arabie saoudite) qui met en lumière les possibilités pour les investisseurs en Arabie saoudite de rencontrer des acteurs locaux essentiels de la défense et d’en savoir plus sur la stratégie, les objectifs, les directives d’appels d’offre et d’approvisionnement de l’industrie, ainsi que les exigences de partenariat.

La délégation gouvernementale comprend les principaux partenaires des ministères de la Défense et de l’Intérieur, de la garde nationale, de la Présidence de la sécurité de l’État, de l’Autorité générale des industries militaires et de la société Saudi Arabian Military Industries.

Présent à l'événement, l'ambassadeur de France M. Ludovic Pouille a commenté sur son compte Twitter: «Bonjour du World Defense Show de Riyad, le premier grand salon de défense et de sécurité en Arabie saoudite. Ravi de la forte participation française à cet événement sans précédent.»

M. Pouille se disait aussi ravi d'inaugurer le pavillon France à la première édition du World Defense Show.

Le site du World Defense Show s’étend sur 800 000 mètres carrés et comprend trois grandes salles d’exposition, des espaces en plein air, une zone de démonstration dédiée à l’interopérabilité, une piste de trois kilomètres spécialement conçue pour l’événement et un espace pour les avions statiques.

Fonctionnant jusqu’à six fois par jour, un centre de commandement et de contrôle interactif et immersif présentera un spectacle de vingt minutes simulant l’avenir de l’interopérabilité au plus haut niveau. Il y aura également une zone dédiée aux start-up qui présentera les dernières technologies pilotées par les petites et moyennes entreprises du monde entier.

Vue du Riyad Défense Forum (Twitter @FranceinKSA)
Vue du Riyad Défense Forum (Twitter @FranceinKSA)

Des tables rondes quotidiennes sur divers sujets, ainsi que des présentations liminaires, présenteront au public des idées donnant lieu aux technologies exposées lors de l’événement. Les principales entités saoudiennes responsables du développement de l’industrie et de l’économie du Royaume organiseront des sessions qui offrent un aperçu de la transformation de l’industrie de la défense en Arabie saoudite.

À l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, des femmes de premier plan dans le domaine de la défense se réuniront lors d’un événement spécial pour célébrer, promouvoir et accélérer la participation à l’industrie de la défense. L’événement d’une journée comprendra des présentations liminaires et des tables rondes interactives pour établir des liens avec les diverses voix de la communauté de la défense d’aujourd'hui.

Le dernier jour, le Word Defense Show ouvrira ses portes à 5 000 étudiants saoudiens talentueux des meilleures institutions des STIM (science, technologie, ingénierie, mathématiques) du Royaume pour le programme «Future Talent». Ce dernier permettra aux participants d’explorer des possibilités de carrière et des programmes d’apprentissage dans les secteurs de la défense et de la sécurité, offrant de précieux conseils aux jeunes professionnels pour démarrer leur carrière et la faire progresser.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.