Ukraine: Macron relaie auprès de Poutine les inquiétudes sur la sécurité nucléaire

Le président français Emmanuel Macron (à droite) et le président russe Vladimir Poutine (à gauche) dans la Galerie des Batailles alors qu'ils arrivent pour une conférence de presse conjointe en 2017. (AFP).
Le président français Emmanuel Macron (à droite) et le président russe Vladimir Poutine (à gauche) dans la Galerie des Batailles alors qu'ils arrivent pour une conférence de presse conjointe en 2017. (AFP).
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Publié le Lundi 07 mars 2022

Ukraine: Macron relaie auprès de Poutine les inquiétudes sur la sécurité nucléaire

  • Emmanuel Macron a réitéré auprès de Vladimir Poutine sa « grave préoccupation» pour la sécurité des sites nucléaires ukrainiens. Il a insisté sur « l’impératif que des mesures concrètes soient prises pour y répondre», selon l'Elysée
  • Lundi, lors d'une réunion du conseil des gouverneurs de l'AIEA, son directeur devrait faire des propositions pour la sécurité des centrales ukrainiennes

PARIS : Dans un entretien de près de deux heures avec Emmanuel Macron, Vladimir Poutine a dit sa détermination à atteindre ses objectifs "soit par la négociation, soit par la guerre", le président français réitérant sa "grave préoccupation" sur la sécurité nucléaire, selon l'Elysée.

Le président russe a assuré à Emmanuel Macron, selon la présidence française, qu'il "n'était pas dans son intention de procéder à des attaques des centrales nucléaires" en Ukraine et s'est dit "prêt à respecter les normes de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) pour la protection des centrales".

Mais l'attaque vendredi de la centrale nucléaire de Zaporojie, la plus grande d'Europe, dont les troupes russes ont pris le contrôle, a fait craindre le pire. 

Emmanuel Macron a réitéré auprès de Vladimir Poutine sa "grave préoccupation" pour la sécurité des sites nucléaires ukrainiens. Il a insisté sur "l’impératif que des mesures concrètes soient prises pour y répondre", selon l'Elysée.

Inquiétude relayée aussi dans la soirée auprès du président ukrainien Volodymyr Zelensky auquel le président français a dit que Vladimir Poutine lui avait "donné son accord pour qu’un travail conjoint soit engagé sur la base des recommandations de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique".

Lundi, lors d'une réunion du conseil des gouverneurs de l'AIEA, son directeur devrait faire des propositions pour la sécurité des centrales ukrainiennes.

En attendant, l'AIEA a exprimé dimanche sa "profonde inquiétude" à la suite d'informations indiquant une interruption des communications avec la centrale de Zaporojie. 

Signe d'inquiétude, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a confirmé que la France avait envoyé "différents produits médicaux" dont de l'iode en Ukraine. L'ambassadeur de France en Ukraine a fait état, sur la chaîne BFMTV, de la fourniture dans les prochains jours de "2,5 millions de doses d'iode pour pouvoir parer à tout danger nucléaire".

Par ailleurs, et alors que Washington fait état d'informations "très crédibles" selon lesquelles la Russie a commis des crimes de guerre en Ukraine, Vladimir Poutine a de nouveau "nié que son armée prenne des civils pour cibles", durant son entretien avec le président Macron, toujours selon l'Elysée.

La Cour pénale internationale a ouvert une enquête sur la situation en Ukraine.

"Nous savons que Kharkiv fait l'objet d'un siège violent et de bombardements denses, ainsi que Marioupol, et que Kiev est en passe d’être encerclée", a ajouté l'Elysée, alors que les images de destructions rappellent celles d'Alep pendant la guerre en Syrie ou de Grozny lors de celle de Tchétchénie.

Sur le terrain, "plus le conflit dure, plus le risque de voir des formes de guerre brutale augmente", ont souligné des conseillers de la présidence française.

"Le risque chimique n'est pas avéré", a précisé un conseiller interrogé sur ce sujet, "mais on a vu comment la Russie a pu se comporter en Tchétchénie ou en Syrie ou, à travers des milices, en Centrafrique ou au Mali". "Cela ne préjuge pas de ce que la Russie fera en Ukraine mais cela nécessite de trouver un moyen d’obtenir au plus vite l'arrêt des combats", a-t-il ajouté.

Vladimir Poutine, qui accuse les Ukrainiens d'empêcher les évacuations de civils, a lui estimé que "la responsabilité revenait aux Ukrainiens de laisser partir la population des villes encerclées", selon l'Elysée.

Pour Emmanuel Macron, le président russe reste "très déterminé à atteindre ses objectifs", dont "ce qu'il appelle la +dénazification+ et la neutralisation de l'Ukraine" ainsi que la reconnaissance de la Crimée en tant que territoire russe et de l'indépendance du Donbass. Exigences qui sont, selon Paris, "inacceptables pour les Ukrainiens".

"Il n'est pas impossible que nous prenions de nouvelles sanctions prochainement", a annoncé l'Elysée, sans préciser si elles pourraient aller jusqu'à limiter les importations de gaz et de pétrole russe, dont dépendent plusieurs pays européens.

"L'objectif reste non pas de faire la guerre à la Russie mais de faire changer Vladimir Poutine de calcul", ont répété les conseillers d’Emmanuel Macron.

Moscou a mis en garde les pays voisins de l'Ukraine contre l'accueil d'avions de combat de Kiev alors que les Etats-Unis ont dit "travailler activement" sur un accord avec la Pologne pour l'envoi d'avions de chasse.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.