Promouvoir l'autonomisation des femmes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord

Des femmes libyennes portant la tenue traditionnelle de leur pays lors de la fête nationale sur la place des Martyrs à Tripoli, le 13 mars 2016 (Photo, AFP).
Des femmes libyennes portant la tenue traditionnelle de leur pays lors de la fête nationale sur la place des Martyrs à Tripoli, le 13 mars 2016 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 09 mars 2022

Promouvoir l'autonomisation des femmes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord

  • La région MENA affiche le taux de jeunes au chômage le plus élevé au monde
  • En 2015, 27 % des femmes faisaient partie de la population active, contre 77 % des hommes

BEYROUTH: L'égalité des sexes est une préoccupation essentielle pour améliorer la situation des jeunes femmes sur le marché du travail dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA).

Depuis plus de 15 ans, le Programme MENA-OCDE pour la Compétitivité s'est activement engagé dans la promotion de l'égalité des sexes et de l'autonomisation économique des femmes dans la région en tant que moyen de stimuler une croissance durable et inclusive et en tant que moteur clé de la paix, de la stabilité et de la cohésion sociale.  

"Encourager les femmes à poursuivre leurs études dans le domaine de l'économie constitue un point crucial non seulement pour leur autonomisation, mais surtout pour assister à un progrès continu de la société dans son ensemble," lance la campagne "Women in Economics" sur son compte Twitter.

Les femmes des pays de la région MENA sont de plus en plus instruites et qualifiées, en témoigne leur plus forte participation à l'emploi, à l'entrepreneuriat et à la vie publique qui pourrait contribuer de manière substantielle à «reconstruire» les sociétés de manière plus juste, tout en offrant aux gouvernements la possibilité de remettre leurs économies sur les rails en se conformant aux points de l'Agenda 2030 pour le développement durable, lit-on dans un rapport rédigé par le Programme MENA-OCDE.

La région MENA affiche le taux de jeunes au chômage le plus élevé au monde.

Cette situation est particulièrement grave pour les jeunes femmes : en 2015, 27 % d'entre elles faisaient partie de la population active, contre 77 % des hommes, signale le Bureau international du travail (BIT), organisme rattaché à l'ONU, dans un rapport.

Les opportunités de carrière sont limitées pour les femmes dans les pays de la région. En moyenne, le taux de chômage des femmes titulaires de diplômes supérieurs dans la région est toujours supérieur à 50 %, estime le rapport.

En effet, la région MENA se caractérise par un taux vraiment faible de femmes qui occupent des postes de direction dans le monde : même le territoire palestinien occupé et la Tunisie, n'ont enregistré que 15% des femmes occupant des postes de direction – moins de la moitié de la moyenne à l’échelle mondiale, souligne le BIT. 

Dans cette perspective, l'ONU juge important de mettre en œuvre des politiques et des lois permettant aux femmes de faire preuve de leurs compétences professionnelles et administratives, notamment dans le domaine de la direction d'une entreprise. En Tunisie, par exemple, les femmes disposent de la meilleure situation du côté de l’égalité des sexes à la lumière des dispositions juridiques qui défendent leurs droits. En Égypte, tout comme en Tunisie, des manifestations dirigées par des femmes ont éclaté durant l’ère du printemps arabe, constituant une révolution «fraîche» des droits de la femme dans la région MENA. Dans les pays du Golfe, notamment l'Arabie saoudite, le lancement du programme de réformes Vision 2030  a constitué une initiative importante pour les femmes saoudiennes , qui leur permet d'accéder davantage aux opportunités d'emploi dans tous les domaines.

 

L’égalité des sexes, un «boost» économique

Discriminées dans l’accès au marché du travail et dans leur progression de carrière, les femmes sont également les premières victimes économiques de la COVID-19, confirme le rapport délivré par MENA-OCDE.

L’égalité des sexes contribue aujourd’hui à la lutte contre la pauvreté, et ce en raison de la contribution importante des femmes au développement du secteur des petites entreprises, en favorisant la création d'emplois et l’accélération de la croissance économique, lit-on. Les estimations réalisées par le BIT prouvent que si les femmes participent davantage au marché de travail, les revenus des ménages de la région pourraient augmenter à hauteur de 25 %. Par ailleurs, l'autonomisation des femmes conduit souvent à un meilleur bien-être non seulement de leurs familles, mais aussi de leurs communautés.

Au niveau global, l’égalité professionnelle pourrait entraîner une hausse du PIB mondial de 28 000 milliards de dollars, ce qui aurait également des retombées positives sur le niveau de vie des hommes. La productivité en serait accrue mécaniquement du fait de l’augmentation de la main-d'œuvre, mais aussi grâce aux bienfaits économiques liés à la diversité, conclut le rapport du BIT.


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.