«Notre-Dame brûle»: «l'invraisemblable» drame porté à l'écran par Jean-Jacques Annaud

«Notre-Dame brûle» montre les deux: l'un des ouvriers du chantier de restauration fume, malgré l'interdiction, près de la "forêt" de poutres millénaires, tandis que des pigeons picorent les câbles électriques des cloches. (AFP)
«Notre-Dame brûle» montre les deux: l'un des ouvriers du chantier de restauration fume, malgré l'interdiction, près de la "forêt" de poutres millénaires, tandis que des pigeons picorent les câbles électriques des cloches. (AFP)
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Publié le Mardi 08 mars 2022

«Notre-Dame brûle»: «l'invraisemblable» drame porté à l'écran par Jean-Jacques Annaud

  • Thriller captivant et film catastrophe à la facture hollywoodienne, le film remonte des premières fumées en fin d'après-midi jusqu'à l'extinction complète du feu 15 heures plus tard
  • «Quand je me suis penché dans la documentation après l'incendie, je ne pouvais pas y croire alors que tout s'est révélé vrai...», confie Jean-Jacques Annaud

PARIS: Presque trois ans après l'incendie de Notre-Dame, Jean-Jacques Annaud remonte le fil de la catastrophe et de la "cascade de dysfonctionnements" qui ont failli compromettre le sauvetage de la cathédrale, dans un film épique et ambitieux.


A 78 ans, le réalisateur oscarisé de "La Victoire en chantant" (1976) et de "La Guerre du feu" (1981) signe le premier film sur le désastre du 15 avril 2019, où Paris a failli voir le joyau gothique, en proie aux flammes, s'effondrer.


Thriller captivant et film catastrophe à la facture hollywoodienne, le film (en salles le 16 mars) remonte des premières fumées en fin d'après-midi jusqu'à l'extinction complète du feu quinze heures plus tard, au prix d'un combat acharné des sapeurs-pompiers.


"Quand je me suis penché dans la documentation après l'incendie, je ne pouvais pas y croire alors que tout s'est révélé vrai...", confie à l'AFP Jean-Jacques Annaud, qui a eu accès aux éléments d'enquête et a interrogé les principaux intervenants.


"Du début à la fin, il y a eu une cascade de dysfonctionnements, de contretemps et d'obstacles absolument invraisemblables...", ajoute ce chantre du cinéma épique, qui a bénéficié du conseil technique et scientifique de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris.

Mégot ou court-circuit 

L'enquête est toujours en cours, et la justice retient pour le moment deux pistes: un mégot ou un court-circuit, pour expliquer l'origine, accidentelle, du sinistre.


"Notre-Dame brûle" montre les deux: l'un des ouvriers du chantier de restauration fume, malgré l'interdiction, près de la "forêt" de poutres millénaires, tandis que des pigeons picorent les câbles électriques des cloches. Un peu plus loin, un soudeur provoque des flammèches près d'une bouteille de liquide inflammable abandonnée...


"Je ne fais pas l'enquête. Ce n'est pas le sujet de mon film. J'évoque les pistes telles qu'elles existent. J'ai fait un travail de journaliste en croisant les informations et témoignages. J'ai rencontré la plupart des intervenants sur l'incendie", jusqu'aux généraux des sapeurs-pompiers de Paris, ou au régisseur de Notre-Dame, Laurent Prades, ajoute Jean-Jacques Annaud qui publie le carnet du bord du film aux éditions Gründ.


Parmi les "faits invraisemblables", le cinéaste, qui a tourné notamment dans les cathédrales de Sens et de Bourges, en plus des impressionnantes scènes de feu reconstituées en studio, évoque tout aussi bien les défaillances de vérification des alarmes incendie, l'absence de surveillance vidéo dans la "forêt" ou les embouteillages parisiens qui ont ralenti les secours.


Sans compter plusieurs Vélib' en panne - fait tout aussi avéré - qui ont retardé le retour précipité du régisseur, le seul à avoir sur lui la clé qui donne accès à la châsse de la "couronne d'épines", trésor de Notre-Dame sauvé de justesse.


"Le +gardien de levée de doute+ chargé de vérifier la réalité d'un feu, s'est dirigé vers les combles de la sacristie au lieu des combles de la nef...", observe encore le cinéaste.

«Amant»

Avec un impressionnant réalisme, "Notre-Dame brûle" met surtout en avant l'épopée des sapeurs-pompiers, luttant contre le feu alors que du plomb liquide dégueule des gargouilles depuis la toiture en feu, et tandis que les cloches, frappées par l'eau à haute pression, produisent une étrange mélodie.


Un "drame absolu" pour un cinéaste comme Jean-Jacques Annaud, qui explique ne pas être croyant mais avoir "un grand respect pour la foi des autres": "une star internationale d'une grande beauté (y) est attaquée par le plus charismatique des méchants: le feu".


"J'aperçois Notre-Dame depuis mon balcon. Je lui parle souvent en l'appelant +ma chérie +. Je lui demande +comment tu vas aujourd’hui ?+. De toutes les actrices que j’ai eu la chance de diriger, Notre-Dame, toujours aussi belle, est sans nul doute la plus digne, mais aussi la plus fragile. Je suis heureux d’avoir pu croire, un bref instant, avoir été son amant".


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".