«Z»: le symbole de soutien à l'armée russe qui envahit l'espace public

Des piétons traversent une rue devant un panneau d'affichage affichant le symbole «Z» aux couleurs du ruban de Saint-Georges et un slogan disant : "Nous n'abandonnons pas notre peuple", en soutien aux forces armées russes, en Saint-Pétersbourg, le 7 mars 2022. (Photo, AFP)
Des piétons traversent une rue devant un panneau d'affichage affichant le symbole «Z» aux couleurs du ruban de Saint-Georges et un slogan disant : "Nous n'abandonnons pas notre peuple", en soutien aux forces armées russes, en Saint-Pétersbourg, le 7 mars 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 08 mars 2022

«Z»: le symbole de soutien à l'armée russe qui envahit l'espace public

  • Le «  Z», une lettre latine et non cyrillique, a d'abord fait surface en étant peint sur les blindés russes avançant vers ou en Ukraine, possiblement afin de les distinguer d'équipements ukrainiens semblables et éviter les tirs amis
  • Si plusieurs théories existent sur sa signification, une chose est certaine: il s'agit d'un symbole de soutien à l'armée russe, dont l'apparition cristallise les passions, pour ou contre

MOSCOU : Depuis le début de l'intervention russe en Ukraine, la lettre "Z", inscrite sur les chars de Moscou, a fait son apparition dans l'espace public en Russie: sur les voitures, le torse d'un athlète et jusque sur le vernis à ongles des femmes.

Si plusieurs théories existent sur sa signification, une chose est certaine: il s'agit d'un symbole de soutien à l'armée russe, dont l'apparition cristallise les passions, pour ou contre.

Le "Z", une lettre latine et non cyrillique, a d'abord fait surface en étant peint sur les blindés russes avançant vers ou en Ukraine, possiblement afin de les distinguer d'équipements ukrainiens semblables et éviter les tirs amis.

Mais le signe de reconnaissance est vite devenu un symbole, se propageant sur les voitures dans les rues de Moscou, sur les vêtements ou sur les profils des Russes sur les réseaux sociaux. Et les autorités semblent vouloir encourager le phénomène.

Sur ses pages Instagram et Telegram, le ministère russe de la Défense décline la lettre en plusieurs messages: "Za Pobedu" ("pour la victoire"), "Za Mir" ("pour la paix"), "Za pravdu" ("pour la vérité"), "Za Rossiïou" ("pour la Russie").

Des médias locaux ont aussi publié une photo prise du ciel d'une soixantaine d'enfants malades, leurs familles et des soignants formant un "Z" dans la cour enneigée de leur hospice situé à Kazan, au Tatarstan.

Quelques jours plus tard, le gymnaste russe Ivan Kuliak, 20 ans, est monté sur la troisième marche du podium de la Coupe du monde de gymnastique à Doha, au Qatar, avec un "Z" fixé sur la poitrine. A côté, sur la première marche, un athlète ukrainien.

Le Fédération internationale de gymnastique a réagi en demandant "l'ouverture d'une procédure disciplinaire contre Kuliak pour son comportement choquant". 

Le jeune athlète a pour sa part déclaré aux médias russes que si c'était à refaire "je ferais la même chose": "Je l'ai vu porté par nos militaires et j'ai regardé ce que voulait dire le symbole. (...) Je voulais montrer ma position. En tant qu'athlète, je me battrai toujours pour la victoire et je jouerai pour la paix".

Flashmobs

Parmi les théories sur la significations du "Z", figure aussi la possibilité toute prosaïque qu'il s'agisse de la première lettre du mot "zapad", qui veut dire "ouest" en russe, en référence aux forces armées du district occidental du pays.

Enfin, certains ont aussi relevé qu'il s'agissait de la première lettre du nom du président ukrainien, Volodymyr Zelensky.

Quoi qu'il en soit, des politiciens aux célébrités, en passant par certains influenceurs, chacun veut s'afficher avec son "Z", devenu un symbole d'allégeance au Kremlin.

Roskomnadzor, le gendarme des médias russes, a ainsi écrit en lettre majuscule le "Z" dans son nom sur Telegram.

Dans de nombreuses régions russes, y compris reculées, les flashmobs et autres manifestations de soutien se sont multipliées sous le slogan "Nous n'abandonnons pas les nôtres", avec aussi des chorales de femmes chantant avec un "Z" sur la poitrine, des taxis affichant le "Z" à leurs fenêtres ou des voitures garées en forme de "Z".

Une habitante de Donetsk, ville dans l'est séparatiste prorusse de l'Ukraine, a aussi publié sur Instagram une photo de ses ongles peints en noir avec un "Z" blanc.

Et à Barnaoul (sud), un immense "Z" a été déplié sur la neige, aux couleurs orange et marron du ruban de Saint-Georges, symbole de valeur militaire.

Des esprits industrieux ont aussi flairé le bon filon et des t-shirts siglés "Z" sont désormais vendus en ligne.

Dans le camp des opposants à l'intervention militaire, les symboles sont moins visibles dans l'espace public, même si de petites manifesatations ont lieu quotidiennement malgré l'interdiction.

Des slogans pacifistes sont parfois inscrits à la peinture sur des murs à Moscou. Mais ils sont rapidement effacés.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.