Katalin Novak, première femme présidente en Hongrie

La présidente hongroise nouvellement élue Katalin Novak sourit après avoir prêté serment au Parlement à Budapest. (AFP).
La présidente hongroise nouvellement élue Katalin Novak sourit après avoir prêté serment au Parlement à Budapest. (AFP).
Short Url
Publié le Jeudi 10 mars 2022

Katalin Novak, première femme présidente en Hongrie

  • Katalin Novak, ex-ministre, a recueilli 137 voix au sein du Parlement et est devenue la première femme présidente de Hongrie
  • Le magazine Forbes l'a présentée comme la femme la plus influente de la vie publique en Hongrie dans son nouveau classement

BUDAPEST: Katalin Novak est devenue jeudi la première femme présidente de Hongrie, pays d'Europe centrale gouverné depuis douze ans par le souverainiste Viktor Orban dont cette fidèle était ministre de la politique familiale.

L'ex-ministre de 44 ans a recueilli 137 voix au sein du Parlement contre 51 pour son rival de l'opposition, l'économiste Peter Rona.

Pièce maîtresse du dispositif de M. Orban visant à défendre une vision traditionnelle de la famille, Katalin Novak a brandi ses valeurs dans un discours avant le vote.

"Nous, femmes, élevons les enfants, prenons soin des malades, cuisinons, il nous faut nous dédoubler, gagner notre vie, enseigner, gagner des prix Nobel", a-t-elle déclaré.

"Nous connaissons le pouvoir des mots mais pouvons nous taire et écouter quand il le faut, et défendre nos familles avec un plus grand courage que les hommes si le danger guette", a ajouté celle qui est la plus jeune à prendre cette fonction. 

La responsable était arrivée au Parlement tout sourire avec son mari et ses trois enfants, une présence "qui compte beaucoup", selon un message posté sur les réseaux sociaux.

Francophile

Sa désignation à ce poste essentiellement protocolaire intervient à moins d'un mois de législatives qui s'annoncent serrées pour le Fidesz, le parti de droite de M. Orban.

Les six partis de l'opposition, unis dans une alliance inédite, espèrent renverser le dirigeant régulièrement critiqué par la Commission européenne pour les atteintes portées depuis 2010 à l'Etat de droit.

Leur chef de file Peter Marki-Zay a jugé Katalin Novak "inapte" au poste de présidente du fait de sa proximité avec M. Orban.

Elle succèdera le 10 mai à Janos Ader, 62 ans, qui occupait la présidence depuis 2012.

Originaire de la ville de Szeged (Sud), diplômée en économie et en droit, passée par Sciences-Po Paris avant une formation à l'ENA (l'ancienne Ecole nationale d'administration en France), Mme Novak parle couramment le français et a été faite chevalier de la Légion d'honneur en 2019.

A l'automne dernier, elle était aux premières loges lors des visites à Budapest d'Eric Zemmour et de Marine Le Pen, les deux candidats d'extrême droite à la présidentielle française.

Le magazine Forbes l'a présentée comme la femme la plus influente de la vie publique en Hongrie dans son nouveau classement.

Entrée comme simple fonctionnaire au ministère des Affaires étrangères en 2001, Katalin Novak a ensuite élevé ses trois enfants en Allemagne, où travaillait son époux, avant de revenir lors de la victoire de Viktor Orban en 2010.

«Marionnette»

Nommée secrétaire d'Etat chargée de la Famille et de la jeunesse en 2014, elle obtient ses galons de ministre en 2020 dans un gouvernement ne comptant que trois femmes. 

De confession protestante, elle avait suscité en 2020 la controverse en déclarant dans une vidéo que les femmes n'avaient pas besoin de "concurrencer constamment" les hommes dans la vie et de "gagner autant".

Mme Novak a eu pour mission de mettre un terme au déclin démographique du pays, déclarant que la Hongrie ne veut "ni immigration, ni remplacement de population".

A la tête de son ministère, elle a mis en place des politiques natalistes volontaristes qui, en redressant la courbe des naissances, n'ont pas foncièrement inversé la tendance. 

Indéfectible soutien de Viktor Orban, Katalin Novak a défendu mordicus la loi interdisant d'évoquer auprès des moins de 18 ans "le changement de sexe et l'homosexualité", qui a suscité un tollé à Bruxelles.

"En Occident, la propagande LGBT+ cible les jardins d'enfants et les écoles", a-t-elle dit dans une interview, soutenant que les homosexuels ne doivent pas élever des enfants.

Face aux critiques concernant sa loyauté, elle s'insurge. "Maintenant qu'une femme accède à la présidence, on la traite de marionnette. Qu'est-ce, si ce n'est du mépris?", lâche-t-elle.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Short Url
  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Short Url
  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Short Url
  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.