Guerre en Ethiopie: au moins 750 civils tués au deuxième semestre 2021

Un civil fuyant la violence dans la ville de Semera, en Éthiopie, le 17 février 2022 (Photo, AFP).
Un civil fuyant la violence dans la ville de Semera, en Éthiopie, le 17 février 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 12 mars 2022

Guerre en Ethiopie: au moins 750 civils tués au deuxième semestre 2021

  • Les 16 mois de guerre, jalonnés de nombreux récits d'exactions, ont fait des milliers de morts, et affamé des millions de personnes en Ethiopie
  • Forces progouvernementales et rebelles de la région du Tigré, s'affrontent dans le nord du pays depuis novembre 2020

NAIROBI: Au moins 750 civils ont été tués au deuxième semestre 2021 dans les régions de l'Afar et l'Amhara, touchées depuis juillet par les combats qui ravagent le nord de l'Ethiopie, selon un rapport publié vendredi par la Commission éthiopienne des droits humains (EHRC).

Cet organisme indépendant mais rattaché au gouvernement éthiopien fait également état de nombreuses violations des droits de l'homme -viols, torture, enlèvements- commis par les belligérants des deux camps. 

Forces progouvernementales et rebelles de la région du Tigré, voisine de l'Afar et l'Amhara, s'affrontent dans le nord de l'Ethiopie depuis novembre 2020.

Les 16 mois de guerre, jalonnés de nombreux récits d'exactions, ont fait des milliers de morts, et déplacé et affamé des millions de personnes.

En Afar et Amhara, où se sont concentrés les combats depuis juillet, "au moins 403 civils sont morts (...) à la suite de tirs d'artillerie lourde, de raids aériens et d'attaques de drones", affirme l'EHRC, et "au moins 346 civils ont été victimes d'exécutions illégales et extrajudiciaires par les parties au conflit, principalement par les forces du Tigré".

L'organisme accuse également les rebelles tigréens de "violences sexuelles généralisées, cruelles et systématiques, notamment de viols collectifs sur des femmes (...), y compris des filles et des femmes âgées".

Il affirme qu'ils se sont aussi livrés "à des enlèvements et à des disparitions forcées d'une manière qui constitue des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité".

Selon des chiffres gouvernementaux cités par l'EHRC, plus de 2.400 infrastructures médicales ont par ailleurs cessé leurs activités dans ces deux régions "en raison des destructions, des dégâts et des pillage subis" et plus de 1.000 écoles ont été détruites.

Déterioration «significative»

Ce rapport fait suite à celui rédigé conjointement par l'EHRC et le Haut Commissariat des Nations unies aux droits humains portant sur la période du 3 novembre 2020 au 28 juin 2021, qui évoquait déjà des violations dont certaines pouvaient "constituer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité".

Sur cette période, les troupes éthiopiennes et érythréennes, venues leur prêter main forte, sont accusées d'avoir commis la majorité des violences dénoncées.

Une commission d'enquête de l'ONU, dirigée par l'ancienne procureure générale de la Cour pénale internationale (CPI) Fatou Bensouda, est chargée d'enquêter sur les violations des droits humains commis par tous les belligérants depuis le début de ce conflit.

La guerre dans le nord de l'Ethiopie a éclaté en novembre 2020, quand le Premier ministre Abiy Ahmed a envoyé l'armée au Tigré pour destituer les autorités régionales dissidentes, issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Les rebelles ont repris le contrôle de la quasi-totalité du Tigré en juin dernier, avant d'avancer en Afar et Amhara puis de se rapprocher de la capitale Addis Abeba.

En décembre, le TPLF a annoncé se replier au Tigré. Mais il a lancé en janvier des opérations en Afar en réponse, affirme-t-il, à des attaques des forces progouvernementales contre ses positions.

Lundi, la Haute-Commissaire de l'ONU aux droits humains, Michelle Bachelet, a affirmé que la situation en termes de droits et de sécurité s'était "significativement détériorée" ces derniers mois dans le nord de l'Ethiopie.

Plus de 300 civils ont notamment été tués entre fin novembre et fin février dans des bombardements de l'aviation éthiopienne, principalement au Tigré mais aussi en Afar. Des attaques contre des cibles civiles ont été également perpétrées par d'autres parties au conflit, dont les rebelles du TPLF.

«Tendu et imprévisible»

Selon un rapport du Bureau des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) jeudi, "la situation générale dans le nord de l'Ethiopie reste très tendue et imprévisible".

"La situation dans certaines parties de la région de l'Afar continue de se détériorer avec des affrontements armés signalés" le long de la frontière tigréenne, souligne notamment Ocha. 

Ces combats bloquent le principal axe terrestre d'acheminement d'aide humanitaire vers le Tigré, où 4,6 millions de personnes -soit 83% de la population- se trouvaient en situation d'insécurité alimentaire, dont deux millions en "pénurie extrême de nourriture", selon des estimations du Programme alimentaire mondial fin janvier.

Au Tigré, "les stocks d'aide et de carburant pour la réponse humanitaire sont presque entièrement épuisés", explique Ocha.

De l'aide a été acheminée par trois vols, mais la distribution hors de la capitale tigréenne Mekele est très limitée en raison de la pénurie de carburant. 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.