Deux ouragans en six semaines: les habitants de Louisiane épuisés

Maisons au milieu des flots en Louisiane au passage de l’ouragan Delta, suivi de l’ouragan Laura, le 10 octobre (Mario Tama/ Getty Images/AFP
Maisons au milieu des flots en Louisiane au passage de l’ouragan Delta, suivi de l’ouragan Laura, le 10 octobre (Mario Tama/ Getty Images/AFP
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Publié le Dimanche 11 octobre 2020

Deux ouragans en six semaines: les habitants de Louisiane épuisés

  • "Je suis né et j'ai grandi à Lake Charles, et je n'ai jamais vu autant de catastrophes. Deux ouragans en deux mois", soupire un habitant
  • "Je ne veux plus jamais revivre ça, personne ne veut revivre ça" témoigne un autre résident de Lake Charles

Lake Charles, États-Unis : "C'est comme quand quelqu'un se prend un coup alors qu'il a déjà un œil au beurre noir. Vous ne savez pas si le noir autour de son œil vient de cette fois ou de la fois d'avant". 

La métaphore est musclée, mais c'est la première qui vient à l'esprit de l'agent Aymond, un policier de la paroisse (équivalent du comté en Louisiane) de Calcasieu, en voyant les débris qui jonchent les rues de la ville de Lake Charles.

Laura, fin août, ou Delta, vendredi soir ? "Honnêtement je ne peux pas vous dire ce qui vient de quel ouragan". 

Les deux ont frappé le littoral de Louisiane à peu près au même endroit, et Delta a battu un record en devenant la 10e tempête de l'année à atteindre les côtes américaines. 

Six d'entre elles ont, à des degrés divers, touché la Louisiane. 

Et même si les dégâts de Delta ne semblent pas être si importants (quelques tuiles envolées, des rues et des maisons partiellement inondées), les habitants de la région sont las de toutes ces évacuations, ce stress, ces coupures de courant. Surtout dans des communautés modestes (la Louisiane est l'un des Etats les plus pauvres du pays) où les gens ont déjà du mal à accéder aux soins et à l'éducation.

"Je suis né et j'ai grandi à Lake Charles, et je n'ai jamais vu autant de catastrophes. Deux ouragans en deux mois", soupire Brian Moore, 49 ans.

Sous le soleil et la chaleur qui ont suivi samedi matin le passage de Delta, cet homme est en quête d'essence pour son générateur. Son ancienne maison a été "totalement détruite" par Laura et il venait de s'installer dans son nouveau domicile.

A une vingtaine de kilomètres à l'Est, dans une petite ville du nom d'Iowa, John Thibodeaux, dont le patronyme rappelle l'influence française dans la région, fait griller des saucisses sur un barbecue au charbon pour lui et ses voisins. La fameuse "Southern Hospitality" vantée dans le Sud du pays.

"C'est simplement la bonne chose à faire. Si tu manges et que personne d'autre ne mange, il y a un problème. Nourris tes voisins aussi", explique-t-il.

Mauvais humour

Ses yeux sont fatigués, l'homme, au visage marqué, n'a pratiquement pas dormi de la nuit. 

"Comment je me sens ? Comme de la merde. Si c'est Dame Nature qui fait ça, elle n'a pas un bon sens de l'humour". 

Pour Laura, il avait décidé d'aller dans un hôtel du coin. Mais l'établissement a fermé, trop endommagé par le passage de cet ouragan fin août, et John Thibodeaux a décidé de rester vendredi dans sa maison en bois, typique de la région.

Bien évidemment ses réparations temporaires n'ont pas tenu et des trombes d'eau se sont infiltrées chez lui pendant la nuit.

Mais l'homme tient à relativiser.

"Après Laura, quand je suis sorti de l'hôtel et que j'ai commencé à conduire dans le quartier, on aurait dit qu'une bombe thermonucléaire avait explosé !"

"J'ai déjà fait le tour du quartier hier soir et ce n'est pas aussi grave", confirme Rob Gaudet, fondateur de la Cajun Navy.

Cette ONG a passé la nuit, en commençant à peine trois heures après l'arrivée de Delta, sous la pluie et sous le vent, à chercher des personnes qui n'avaient pas pu évacuer, souvent les plus démunies, pour leur venir en aide.

Dans un abri aménagé dans le centre de Lake Charles, ils leur offrent gîte et couvert de fortune.

Robert Berard, 68 ans, est l'une de ces personnes.

"J'ai envoyé ma mère à Baton Rouge pour Laura. Elle est toujours là-bas". Lui a tenu à rester pour surveiller ses affaires, par crainte des pilleurs.

Le précédent ouragan a détruit sa maison et il vit depuis dans un petit immeuble adjacent, inondé pendant la nuit.  

"Je ne veux plus jamais revivre ça, personne ne veut revivre ça", raconte-t-il, visiblement encore secoué mais heureux que l'ONG lui ait donné des chaussures, lui qui était arrivé pieds nus.

"La prochaine fois, j'évacuerai". (AFP)


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.