En Ukraine, la destruction du système de santé plonge le pays dans une catastrophe humanitaire

Les forces russes ont pris les maternités pour cibles et ces dernières se sont transformées en centres de traitement des blessés. En Ukraine, les femmes enceintes, ainsi que les nouvelles mères et leurs bébés, sont particulièrement vulnérables. (AFP)
Les forces russes ont pris les maternités pour cibles et ces dernières se sont transformées en centres de traitement des blessés. En Ukraine, les femmes enceintes, ainsi que les nouvelles mères et leurs bébés, sont particulièrement vulnérables. (AFP)
Les forces russes ont pris les maternités pour cibles et ces dernières se sont transformées en centres de traitement des blessés. En Ukraine, les femmes enceintes, ainsi que les nouvelles mères et leurs bébés, sont particulièrement vulnérables. (AFP)
Les forces russes ont pris les maternités pour cibles et ces dernières se sont transformées en centres de traitement des blessés. En Ukraine, les femmes enceintes, ainsi que les nouvelles mères et leurs bébés, sont particulièrement vulnérables. (AFP)
Un Ukrainien blessé lors d’une attaque russe reçoit des soins à l’hôpital central de Mykolaïv, à cent kilomètres d’Odessa, dans l’ouest de l'Ukraine, le 8 mars 2022. (vidéo extraite d’un document de la police/AFP)
Un Ukrainien blessé lors d’une attaque russe reçoit des soins à l’hôpital central de Mykolaïv, à cent kilomètres d’Odessa, dans l’ouest de l'Ukraine, le 8 mars 2022. (vidéo extraite d’un document de la police/AFP)
Des personnes sortent d’un hôpital pour enfants endommagé après une frappe aérienne russe à Marioupol, dans le sud-est du pays, le 9 mars 2022. (AFP)
Des personnes sortent d’un hôpital pour enfants endommagé après une frappe aérienne russe à Marioupol, dans le sud-est du pays, le 9 mars 2022. (AFP)
Les forces russes ont pris les maternités pour cibles et ces dernières se sont transformées en centres de traitement des blessés. En Ukraine, les femmes enceintes, ainsi que les nouvelles mères et leurs bébés, sont particulièrement vulnérables. (AFP)
Les forces russes ont pris les maternités pour cibles et ces dernières se sont transformées en centres de traitement des blessés. En Ukraine, les femmes enceintes, ainsi que les nouvelles mères et leurs bébés, sont particulièrement vulnérables. (AFP)
On voit sur cette photo un hôpital de campagne établi par le groupe de secours américain Samaritan’s Purse dans le parking souterrain d’un centre commercial à Sokilnyky, dans la partie ouest de l’Ukraine. (Yuriy Dyachyshyn/AFP)
On voit sur cette photo un hôpital de campagne établi par le groupe de secours américain Samaritan’s Purse dans le parking souterrain d’un centre commercial à Sokilnyky, dans la partie ouest de l’Ukraine. (Yuriy Dyachyshyn/AFP)
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Publié le Jeudi 17 mars 2022

En Ukraine, la destruction du système de santé plonge le pays dans une catastrophe humanitaire

  • Vingt-quatre des attaques signalées ont conduit à l’endommagement ou la destruction totale des établissements de santé
  • Médecins et personnel de santé se voient dans l’obligation de soigner les malades, les personnes âgées et les blessés, alors que les établissements de santé sont bombardés

DJEDDAH: La guerre en Ukraine a contraint les médecins et les infirmiers à devenir presque surhumains du jour au lendemain. Ils se voient dans l’obligation de soigner les malades, les personnes âgées et les blessés qui ne sont pas en mesure de fuir ce pays ravagé par la guerre, alors que les établissements de santé sont bombardés.

Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le 24 février, quelque quarante-trois attaques contre des établissements de santé ont été recensées par le système de surveillance de l’Organisation mondiale de la santé.

Vingt-quatre des attaques signalées ont conduit à l’endommagement ou la destruction totale des établissements de santé, tandis que, dans cinq cas, des ambulances ont été touchées. Ces attaques ont fait douze morts et trente-quatre blessés, mais les organismes d’aide redoutent que le bilan national ne soit bien plus élevé.

Crédit: Arab News
Crédit: Arab News

«L’OMS condamne fermement les actes de violence contre le système de santé. Chaque attaque prive des personnes de services vitaux. Prendre les établissements de soins de santé pour cible est une violation du droit international humanitaire et des droits de l’homme», déclare l’agence des Nations unies dans un communiqué publié le 14 mars.

En raison de la perturbation du commerce et de la distribution, l’oxygène, l’insuline, les fournitures chirurgicales, l’anesthésie, les kits de transfusion et d’autres fournitures médicales, y compris celles qui sont destinées à la gestion des complications de la grossesse, se font dangereusement rares en Ukraine.

«Les chaînes d’approvisionnement ont été gravement perturbées. De nombreux distributeurs ne sont pas opérationnels, certains stocks sont inaccessibles en raison d’opérations militaires, les fournitures médicales s’épuisent et les hôpitaux ont du mal à fournir des soins aux malades et aux blessés», dit l’OMS.

Les forces russes ont pris les maternités pour cible et ces dernières se sont transformées en centres de traitement des blessés. En Ukraine, les femmes enceintes, ainsi que les nouvelles mères et leurs bébés, sont particulièrement vulnérables. (AFP)
Les forces russes ont pris les maternités pour cible et ces dernières se sont transformées en centres de traitement des blessés. En Ukraine, les femmes enceintes, ainsi que les nouvelles mères et leurs bébés, sont particulièrement vulnérables. (AFP)

La détérioration des infrastructures de santé a également suscité des inquiétudes croissantes au sujet de l’hypothermie, des engelures et des maladies respiratoires qui se déclarent dans des conditions de froid extrême. Les sonnettes d’alarme ont également été tirées pour les problèmes de santé mentale et la pénurie de traitements de maladies chroniques comme les troubles cardiovasculaires, le diabète et les cancers.

«Face à cette crise sinistre qui s’aggrave, nous mobilisons des efforts de secours considérables», affirme le secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires humanitaires, Martin Griffiths, alors qu’un fonds de 40 millions de dollars (1 dollar = 0,91 euro) alloué par le Fonds central d’intervention d’urgence a été annoncé le 14 mars dernier pour venir en aide aux organismes humanitaires.

En raison des combats actifs dans le nord, l’est et le sud du pays, de nombreux agents de santé communautaires ont été contraints de fuir ou de se cacher, laissant les personnes âgées et les individus à mobilité réduite se débrouiller tout seuls.

Des enfants déplacés par la guerre en Ukraine jouent au centre caritatif de Siret, en Roumanie, le 16 mars 2022. (Clodagh Kilcoyne/Reuters)
Des enfants déplacés par la guerre en Ukraine jouent au centre caritatif de Siret, en Roumanie, le 16 mars 2022. (Clodagh Kilcoyne/Reuters)

La scène n’est malheureusement que trop commune. Des bâtiments en flammes, des personnes entassées qui ont trouvé refuge dans des abris antibombes, des blessés transportés par des ambulanciers et des morts recouverts de morceaux de carton attendant d’être transférés dans une morgue pour être identifiés par leurs proches.

Dans un communiqué conjoint publié le 13 mars, l’OMS, le Fonds des nations unies pour l’enfance et le Fonds des nations unies pour la population ont appelé à un cessez-le-feu immédiat et à la fin des attaques contre les établissements et les professionnels de santé en Ukraine.

«Attaquer les plus vulnérables – les bébés, les enfants, les femmes enceintes, ceux qui souffrent déjà de maladies, ainsi que les agents de santé qui mettent leur propre vie en péril pour sauver les autres – est un acte de cruauté inadmissible», affirment-ils.

Les images les plus choquantes prises en Ukraine ces derniers jours sont sans doute celles qui montrent les conséquences épouvantables d’un bombardement contre une maternité de Marioupol, une ville portuaire assiégée, le 9 mars.

Au moins trois personnes auraient été tuées dans l’attaque, dont une jeune fille, tandis qu’une autre femme enceinte blessée est décédée, avec son bébé, le 14 mars. Les images de ces femmes que l’on évacue des ruines symbolisent désormais le bilan brutal de la guerre menée contre les civils.

Un Ukrainien blessé lors d’une attaque russe reçoit des soins à l’hôpital central de Mykolaïv, dans l’ouest de l'Ukraine, le 8 mars 2022. (vidéo extraite d’un document de la police/AFP)
Des personnes sortent d’un hôpital pour enfants endommagé après une frappe aérienne russe à Marioupol, dans le sud-est du pays, le 9 mars 2022. (AFP)

Selon le Fonds pour la population – l’agence des Nations unies chargée de la santé sexuelle et reproductive –, deux autres maternités ukrainiennes avaient déjà été détruites avant cette attaque.

Située aux abords de Kiev, la maternité de Leleka offre la meilleure expérience d’accouchement aux femmes enceintes. Aujourd’hui, elle s’est transformée en hôpital pour fournir des soins aux soldats blessés tout en dispensant des soins obstétriques de première nécessité.

Plus de vingt bébés sont nés à l’hôpital depuis le 24 février. Les villageois voisins qui fuient les bombardements pourraient mettre jusqu’à quatre heures pour atteindre l'hôpital, autrefois facilement accessible par une autoroute. Désormais, les gens doivent emprunter les routes de campagne pour s’abriter.

«C’est vraiment difficile de comprendre aujourd’hui ce qui se passe à Kiev, notamment avec nos hôpitaux, qui étaient considérés comme les meilleurs et les plus nombreux d’Ukraine. Personnellement, je n’aurais jamais imaginé que cela puisse devenir une réalité en Europe. Je n’ai vu de telles images que dans les films auparavant», déclare Vadim Zukin, directeur de la maternité de Leleka.

Les patients de l’hôpital national d’Ohmatdyt, le plus grand hôpital pour enfants d’Ukraine, situé près du centre de Kiev, ont été réveillés aujourd’hui par des tirs de roquette; des fragments d’obus ont été retrouvés près de l’hôpital.

EN CHIFFRES

36 tonnes de fournitures médicales vitales sont parvenues à Lviv (OMS).


10 tonnes de kits de traumatologie et de chirurgie d’urgence sont arrivées à Kiev (OMS).


40 millions de dollars ont été alloués par le Fonds central d’intervention d’urgence pour renforcer les efforts des organismes humanitaires.


Il y a 6,7 millions d’Ukrainiens déplacés à l’intérieur du pays.


2,8 millions d’Ukrainiens ont trouvé refuge dans des pays voisins.

L’hôpital a également ouvert ses portes afin de traiter tous les patients touchés par la guerre. Le photographe du New York Times, Juan Diego Arredondo, a été transporté à Ohmatdyt pour y être soigné, tandis qu’on a annoncé la mort, sur les lieux, de son collègue Brent Renaud.

Anastasia Magerramova, attachée de presse d’Ohmatdyt, a partagé des images et des vidéos à l’intérieur de l’hôpital. On y voit des salles remplies de patients en état de choc. Les médecins et le personnel hospitalier ont déplacé certains d’eux au sous-sol, tandis que les plus vulnérables disposent au moins d’un médecin traitant et d’une infirmière à leurs côtés.

Les responsables russes affirment que la maternité a été reprise par des extrémistes ukrainiens pour servir de base et qu’aucun patient ou médecin ne s’y trouve encore. L’ambassadeur de Russie auprès de l'ONU et l’ambassade de Russie à Londres ont également affirmé que les images des conséquences de l’attaque avaient été manipulées.

Cette image satellite prise le 14 mars 2022 montre un hôpital et des immeubles détruits lors de bombardements aériens russes à Marioupol, en Ukraine. (Technologies Maxar/AFP)
Cette image satellite prise le 14 mars 2022 montre un hôpital et des immeubles détruits lors de bombardements aériens russes à Marioupol, en Ukraine. (Technologies Maxar/AFP)

Moscou affirme que son «opération militaire spéciale» en Ukraine vise à protéger la sécurité de la Russie et celle des russophones dans la région orientale du Donbass. Les nations occidentales ont accusé la Russie d’envahir un pays souverain et d’y commettre des crimes de guerre.

«Les attaques contre le personnel de santé ont des répercussions directes sur la capacité des personnes à accéder aux soins essentiels, en particulier les femmes, les enfants et d’autres groupes vulnérables», déclarent les organismes des Nations unies dans leur communiqué conjoint.

«Nous avons déjà constaté que les besoins en soins de santé des femmes enceintes, des nouvelles mères, des jeunes enfants et des personnes âgées en Ukraine augmentent, tandis que l’accès aux services est terriblement limité par la violence.»

Plus de 4 300 naissances ont eu lieu en Ukraine depuis le début de l’invasion russe «et 80 000 femmes ukrainiennes devraient accoucher dans les trois prochains mois», indiquent les responsables de l’ONU.

Cette photo montre un hôpital de campagne établi par le groupe de secours américain Samaritan’s Purse dans le parking souterrain d’un centre commercial à Sokilnyky, dans la partie ouest de l’Ukraine. (Yuriy Dyachyshyn/AFP)
Cette photo montre un hôpital de campagne établi par le groupe de secours américain Samaritan’s Purse dans le parking souterrain d’un centre commercial à Sokilnyky, dans la partie ouest de l’Ukraine. (Yuriy Dyachyshyn/AFP)

«En Ukraine, le système de santé est vraiment mis à rude épreuve et son effondrement serait une catastrophe. Tous les efforts possibles devraient être déployés pour empêcher que cela se produise.»

«Nous appelons à un cessez-le-feu immédiat avec un accès sans entrave afin que les personnes dans le besoin puissent accéder à l’aide humanitaire. Une résolution pacifique pour mettre fin à la guerre en Ukraine est possible.»

La situation humanitaire à Marioupol est particulièrement désastreuse, puisque l’aide ne peut être acheminée. Par ailleurs, les civils sont dans l’incapacité de fuir après les échecs répétés de la mise en place de couloirs d'évacuation. L’accès à la nourriture et à l’eau potable constitue également un véritable problème de santé.

«Pour les jeunes enfants, cela peut être particulièrement dangereux», déclare Kate White, responsable des situations d’urgence chez Médecins sans frontières, dans un communiqué publié le 11 mars.

«Contrairement aux adultes, leur corps ne peut supporter de fortes fluctuations de l’apport alimentaire et hydrique. Ils sont donc exposés à un risque élevé de déshydratation. L’eau contaminée peut également provoquer une diarrhée qui, à son tour, peut enclencher un cercle vicieux, puisque la diarrhée entraîne une plus grande déshydratation. Dans des situations extrêmes, cela peut également conduire à la mort.»

Crédits: Arab News
Crédits: Arab News

Environ dix-huit millions de personnes en Ukraine auraient été touchées par la guerre, dont 6,7 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays.

Plus de 2,8 millions d’individus ont trouvé refuge dans les pays voisins au cours des deux semaines qui ont suivi l’invasion. La majorité d’entre eux se sont dirigés vers l’Ouest, en Pologne. Il s’agit de la crise de réfugiés dont la croissance a été la plus rapide en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

Il est interdit aux hommes ukrainiens âgés de 18 à 60 ans de quitter le pays, ce qui signifie que ceux qui traversent les frontières vers les pays voisins sont principalement des femmes, des enfants, des personnes âgées et des personnes handicapées, selon le Comité international de la Croix-Rouge.

Alors que les organismes humanitaires s’efforcent d’évacuer les civils pris au piège dans la zone de conflit et de fournir du matériel médical ainsi que des logements sanitaires aux personnes déplacées, les plaies invisibles causées par le traumatisme de la guerre seront, quant à elles, plus difficiles à traiter.

«Très souvent, les conséquences sur la santé mentale mettent des années à se manifester, mais elles nécessitent également une assistance immédiate. Nous devrons faire face aux répercussions de cette guerre sur la santé mentale à grande échelle pendant des années», conclut Kate White.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.