La guerre en Ukraine, terrain miné pour les journalistes

Cette image sans date, fournie par Fox News, montre (de gauche à droite) le caméraman Pierre Zakrzewski, le journaliste américain Trey Yingst et la journaliste ukrainienne Oleksandra "Sasha" Kuvshynova en reportage en Ukraine. (AFP).
Cette image sans date, fournie par Fox News, montre (de gauche à droite) le caméraman Pierre Zakrzewski, le journaliste américain Trey Yingst et la journaliste ukrainienne Oleksandra "Sasha" Kuvshynova en reportage en Ukraine. (AFP).
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Publié le Vendredi 18 mars 2022

La guerre en Ukraine, terrain miné pour les journalistes

  • Les risques du métier sont connus. Mais la mort annoncée de cinq journalistes illustre «l'extrême dangerosité du théâtre ukrainien», selon le ministre français de la Défense
  • La situation sur place est «extrêmement mouvante, changeante, sans ligne de front figée depuis plusieurs jours», confie un reporter envoyé à Lviv par la RTBF

PARIS: Avec cinq journalistes tués en Ukraine en moins de trois semaines, le déploiement d'artillerie lourde et les frappes visant des civils font craindre à la profession un bilan particulièrement lourd, d'autant plus que de jeunes reporters, parfois peu aguerris, affluent pour couvrir cette guerre.

Les risques du métier sont connus. Mais la mort annoncée mardi de deux journalistes de Fox News - le Franco-Irlandais Pierre Zakrzewski, habitué des terrains de guerre, et l'Ukrainienne Oleksandra Kuvshynova-, peu après celle de l'Américain Brent Renaud, illustre "l'extrême dangerosité du théâtre ukrainien", selon le ministre français de la Défense, Jean-Yves le Drian.

La situation sur place est "extrêmement mouvante, changeante, sans ligne de front figée depuis plusieurs jours", confie à l'AFP le reporter Sébastien Georis, envoyé à Lviv par la RTBF, dont les équipes sont invitées à "rester au maximum dans les zones les plus sécurisées". 

De retour d'Ukraine, le photographe Patrick Chauvel, 72 ans, qui a suivi une trentaine de conflits, a témoigné d'une guerre "très, très compliquée à couvrir". C'est un pays, la Russie, "qui en envahit un autre", c'est "très rare", a-t-il expliqué lundi dans l'émission "Quotidien". 

Ce sont "des combats d'artillerie (...) Une bombe de 250 kilos, elle a un rayon mortel de 50-60 mètres et ça tombe à peu près n'importe où (...) Les gens sont très paranos, ils ont la gâchette facile", a ajouté le photographe de guerre, évoquant notamment la peur, du côté des Ukrainiens, des "saboteurs" ou "infiltrés" russes. 

Autre particularité, le fait que les journalistes semblent être "devenus des cibles", comme l'indiquait récemment à l'AFP le secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), Christophe Deloire, alors que le droit international exige des forces armées qu'elles les protègent.

"Est-ce pire que pour d'autres conflits? Difficile" à dire après seulement trois semaines, dit le secrétaire général de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), Anthony Bellanger, interrogé par l'AFP.

"En revanche, je crains (...) que le bilan devienne plus que macabre", ajoute-t-il, invoquant un "terrain de guerre où l'armée russe bombarde de façon aveugle".  

Indépendants précaires et non-formés

D'après une source diplomatique européenne, le recours à des supplétifs syriens et tchétchènes par Moscou, "avec un art de la guerre et un respect du droit international humanitaire qui n'est pas tout à fait le nôtre", pourrait encore aggraver la situation.

Au total, depuis le début de l'invasion russe le 24 février, deux reporters étrangers ont perdu la vie, et trois Ukrainiens, dont Evgueni Sakoun, tué dans le bombardement de la tour de télévision à Kiev et son confrère Viktor Doudar, mort pendant des combats près de Mykolaïv (sud), mais pas pendant son activité de journaliste, selon RSF.

Le danger est également présent avec de nombreux "gosses" qui "s'improvisent reporters de guerre", comme s'en est inquiétée sur Twitter Laura-Maï Gaveriaux, correspondante des Echos à Dubaï.

Sans vouloir "accabler" ces jeunes, la journaliste déplore auprès de l'AFP que certains partent en Ukraine sans suivre "de vraies formations à la Croix-rouge", sans assurance, ni matériel. 

"En colère", celle qui se mobilise pour faire livrer des gilets pare-balles à des confrères, surpris par l'invasion russe, dénonce aussi la précarité des pigistes, certaines rédactions refusant de financer leur équipement.

Difficile de s'assurer et d'investir 440 euros pour un gilet pare-balles et 660 euros pour un casque sans garantie de voir son travail correctement rémunéré.

Fraîchement arrivé en Ukraine, l'envoyé spécial du quotidien espagnol El Mundo, Lluís Miquel Hurtado, tacle également la responsabilité de certains médias qui "n'investissent plus dans le journalisme".

Reste qu'"on ne peut pas aller la fleur au fusil à Kiev", prévient Clara Marchaud, correspondante en Ukraine pour le Figaro, collaborant également avec l'AFP. Il faut "faire ses devoirs avant d'arriver" pour ne pas prendre un logement près d'une base militaire, par exemple.

L'Unesco, consciente que des "milliers de journalistes" travaillent en Ukraine "souvent sans l'équipement de protection ou la formation nécessaires", en particulier des Ukrainiens "propulsés" correspondants de guerre malgré eux, a annoncé jeudi qu'elle fournirait un premier lot de 125 casques et gilets pare-balles siglés "presse". 

Elle s'appuiera pour cela sur le centre récemment ouvert à Lviv par RSF, et sur la FIJ.

D'après RSF, sur les 46 journalistes tués dans l'exercice de leur fonction en 2021, 18 l'ont été sur des zones de conflit.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.