Les Houthis épinglés pour avoir sapé les efforts de paix visant à mettre fin à la guerre

Un homme devant un bâtiment détruit pendant les combats dans la ville de Taïz, dans le sud-ouest du Yémen. (Reuters)
Un homme devant un bâtiment détruit pendant les combats dans la ville de Taïz, dans le sud-ouest du Yémen. (Reuters)
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Publié le Dimanche 20 mars 2022

Les Houthis épinglés pour avoir sapé les efforts de paix visant à mettre fin à la guerre

Un homme devant un bâtiment détruit pendant les combats dans la ville de Taïz, dans le sud-ouest du Yémen. (Reuters)
  • Le ministre d'État du Yémen, le général Abdel Ghani Jamil, a déclaré que les Houthis feraient tout ce qui est en leur pouvoir pour saper les pourparlers de paix à Riyad
  • Les combats à l'extérieur de Marib et à TaÏz se sont intensifiés depuis le début de l'année, alors que l'envoyé spécial de l'ONU pour le Yémen a engagé des discussions directes avec les parties yéménites

AL-MUKALLA: Les Houthis, soutenus par l'Iran, ont été vivement critiqués pour avoir frappé des installations civiles en Arabie saoudite et intensifié leurs opérations militaires au Yémen, alors que l'envoyé spécial des Nations unies pour le Yémen proposait une trêve humanitaire pendant le mois sacré du Ramadan. 

Les responsables gouvernementaux, les militants des droits de l'homme, les journalistes et le public yéménites ont reproché aux Houthis de torpiller les efforts de paix actuellement déployés par les Nations unies et le Conseil de coopération du Golfe (CCG) pour parvenir à un règlement pacifique de la guerre. 

La semaine dernière, le bloc du Golfe a invité les factions belligérantes du Yémen, y compris les Houthis, à participer à des pourparlers de paix sous son égide à Riyad, une mesure qui a ravivé l'espoir de trouver une issue à la crise humanitaire qui s'aggrave dans le pays. 

Les Houthis ont rapidement décliné l'offre, lançant des attaques transfrontalières meurtrières contre l'Arabie saoudite et intensifiant les attaques contre les zones contrôlées par le gouvernement au Yémen. 

Le ministère yéménite des Affaires étrangères a critiqué le «comportement agressif et terroriste» des Houthis et leur résistance permanente à tous les efforts visant à mettre fin aux hostilités au Yémen, qualifiant les dernières attaques de «réponse» de la milice à l'offre du CCG.  

«[Le ministère] renouvelle la position ferme de la République du Yémen à l'égard du royaume frère d'Arabie saoudite et son soutien à toutes les mesures qu'il prend pour faire face à ces actes terroristes lâches, préserver la sécurité de ses citoyens et résidents et protéger ses installations vitales», a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué repris par l'agence de presse officielle yéménite, Saba.  

D'autres Yéménites ont affirmé que l'escalade des opérations militaires et les attaques transfrontalières montrent que la milice ne prend pas la paix au sérieux et qu’est déterminée à contrecarrer les initiatives visant à mettre fin à la guerre. 

Hamdan al-Alaly a déclaré que les Houthis refusaient de participer à la prochaine conférence car il leur faudra affronter les forces yéménites qui s'opposent à leur projet. 

«Ils se trouveront petits et méprisables face à toutes les composantes yéménites qui les rejettent», a déclaré Al-Alaly, ajoutant que les Houthis exigent des pourparlers directs avec l'Arabie saoudite afin de légitimer leur prise de pouvoir militaire. 

«Ils cherchent à obtenir la reconnaissance de leur pouvoir par les pays de la région en réclamant des pourparlers avec la coalition, et non avec les Yéménites.» 

Le ministre d'État yéménite, le général Abdel Ghani Jamil, a déclaré que les Houthis feraient tout ce qui est en leur pouvoir pour faire échouer les pourparlers de paix à Riyad, car ces pourparlers rassembleraient les Yéménites contre leur régime oppressif. 

«Je pense que le message des Houthis ce soir est très clair. Ils ne veulent pas d'une invitation qui vise à unifier les rangs [de leurs opposants] sous la houlette de la grande sœur, l'Arabie saoudite», a déclaré M. Jamil.  

Par ailleurs, sur le terrain, les combats entre les Houthis et le gouvernement se sont multipliés dans des sites stratégiques à l'extérieur de la ville centrale de Marib, les Houthis cherchant une brèche après plusieurs mois d'impasse militaire. 

Un responsable militaire local a déclaré dimanche à Arab News que les Houthis avaient rassemblé d'énormes forces militaires et intensifié leurs frappes de drones et de missiles sur les zones contrôlées par le gouvernement en dehors de la ville. 

«Nous avons abattu deux drones équipés d'explosifs. Ils ont également tiré un missile balistique sur un camp de personnes déplacées dans la ville de Marib. Les Houthis se préparent à un assaut majeur», a déclaré le fonctionnaire, qui a requis l'anonymat, ajoutant que les troupes de l'armée et les combattants tribaux alliés ont repoussé les dernières attaques des Houthis alors que les avions de guerre de la coalition frappaient les sites et les équipements militaires de la milice. 

Les combats à l'extérieur de Marib et dans la ville de Taïz se sont intensifiés depuis le début de l'année, alors que l'envoyé spécial des Nations unies pour le Yémen, Hans Grundberg, s'est engagé dans des discussions directes approfondies avec les parties yéménites en vue de trouver une percée qui pourrait mettre fin à la guerre.  

Dimanche, M. Grundberg a déclaré qu'il avait discuté avec le négociateur en chef des Houthis, Mohammed Abdel Salam, et des responsables omanais à Mascate de l'organisation d'une trêve humanitaire pendant le mois sacré du Ramadan, qui commence au début du mois prochain.  

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com 


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.