Élection à Chypre-Nord: le candidat pro-Erdogan en tête mais ballotage défavorable

Un employé électoral vide une urne à l’heure du décompte des votes pour la présidence de la république autoproclamée de Chypre Nord (TRNC) (Birol Bebek/AFP)
Un employé électoral vide une urne à l’heure du décompte des votes pour la présidence de la république autoproclamée de Chypre Nord (TRNC) (Birol Bebek/AFP)
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Publié le Dimanche 11 octobre 2020

Élection à Chypre-Nord: le candidat pro-Erdogan en tête mais ballotage défavorable

  • Le Conseil électoral a annoncé dimanche soir que le candidat soutenu par la Turquie, Ersin Tatar, était arrivé en tête du premier tour
  • Cette élection "présidentielle" a lieu sur fond de tensions en Méditerranée orientale autour de l'exploitation d'hydrocarbures entre Ankara et Athènes

NICOSIE : Le dirigeant sortant, Mustafa Akinci, affrontera le protégé d'Ankara, Ersin Tatar, au second tour de l'élection "présidentielle" de l'autoproclamée République turque de Chypre-Nord (RTCN), reconnue uniquement par la Turquie, et pourrait facilement emporter la victoire selon des experts.

Le Conseil électoral a annoncé dimanche soir que le candidat soutenu par la Turquie, M. Tatar, était arrivé en tête du premier tour avec 32,35% des voix, devant le "président" sortant M. Akinci, en froid avec le chef de l'Etat turc Recep Tayyip Erdogan, qui a récolté 29,84%.

Le dirigeant sortant, Mustafa Akinci, affrontera le protégé d'Ankara, Ersin Tatar, au second tour de l'élection "présidentielle" de l'autoproclamée République turque de Chypre-Nord (RTCN), reconnue uniquement par la Turquie, et pourrait facilement emporter la victoire selon des experts.

Le Conseil électoral a annoncé dimanche soir que le candidat soutenu par la Turquie, M. Tatar, était arrivé en tête du premier tour avec 32,35% des voix, devant le "président" sortant M. Akinci, en froid avec le chef de l'Etat turc Recep Tayyip Erdogan, qui a récolté 29,84%.

Un second tour les opposera le 18 octobre.

Cette élection "présidentielle" a lieu sur fond de tensions en Méditerranée orientale autour de l'exploitation d'hydrocarbures entre Ankara et Athènes, principal allié de la République de Chypre qui exerce son autorité sur les deux tiers sud de l'île et est membre de l'Union européenne.

La RTCN (plus de 300.000 habitants) est établie sur le tiers nord de l'île, occupé depuis 1974 par la Turquie en réaction à un coup d'Etat pour rattacher Chypre à la Grèce. La Turquie, dont les côtes sont distantes de quelque 80 km de celles de Chypre, considère l'île comme une pièce majeure dans sa stratégie pour étendre ses frontières maritimes.

M. Akinci est talonné par Tufan Erhurman (21,68% des voix), un autre social-démocrate qui prône comme lui une réunification de Chypre sous la forme d'un État fédéral.

Une réunion du parti de M. Erhurman se tiendra en début de semaine pour décider de la position à adopter pour le second tour.

"Il est probable qu'Akinci gagne au second tour avec plus de 55% des voix" en raison de reports des voix, notamment de M. Erhurman, a indiqué à l'AFP Mine Yucel, directrice de Prologue consulting, spécialisé dans les sondages.

Au QG du "président" sortant, quelques centaines de ses soutiens étaient rassemblés et dansaient, certains criant "on a gagné !".

M. Akinci a remercié la foule, le ton victorieux mais grave en évoquant le "fléau de la désinformation" lors de la campagne en temps de pandémie. Il a ajouté avoir confiance dans les électeurs pour choisir "librement" leur président.

M. Tatar a lui revendiqué la victoire, affirmant que son adversaire ne voulait pas "voir et respecter la volonté du peuple".

La participation s'est élevée à 58,21% (environ 199.000 inscrits) contre 62% en 2015.

"Intervention turque"

"Cette élection est cruciale pour notre destin", a déclaré M. Akinci, 72 ans, après avoir voté, dénonçant "l'intervention de la Turquie dans l'élection".

La Turquie soutient ouvertement M. Tatar, 60 ans, actuellement "Premier ministre" du gouvernement auquel revient une grande partie des pouvoirs exécutifs.

"L'enjeu principal de l'élection c'est la manière dont nous définirons ensuite nos relations avec la Turquie", affirme Kemal Baykalli, fondateur de l'ONG Unite Cyprus Now, regrettant une participation "plus basse" en raison du virus et du "ras-le-bol" des électeurs.

"La RTCN et son peuple forment un Etat (...) Nous méritons de vivre sur la base d'une souveraineté égale", a déclaré M. Tatar devant son bureau de vote, laissant entendre son soutien à une partition définitive du pays entre deux Etats souverains.

Depuis plusieurs années, les négociations pour une réunification achoppent notamment sur la question du retrait des quelque 30.000 soldats turcs présents dans la partie occupée.

"Nous voulons la paix"

"Cette élection est importante car nous choisissons le président qui négociera avec les Chypriotes-grecs sur l'avenir de Chypre", explique Esat Tulek, fonctionnaire à la retraite de 73 ans, électeur à Nicosie.

"Nous voulons la paix mais l'autre côté ne nous accepte pas, ils doivent reconnaître nos droits si nous faisons la paix", affirme Ertan Cinar, banquier à la retraite de 75 ans.

Le porte-parole du gouvernement de la République de Chypre Kyriacos Koushos a réagi en réitérant auprès de l'AFP l'engagement de son pays à "mener un dialogue constructif avec le nouveau leader de la communauté chypriote-turque (...) en ligne avec les résolutions de l'ONU, le droit international et les principes de l'Union européenne".

Le scrutin intervient après la réouverture controversée jeudi de Varosha (Est), ville-fantôme bouclée par l'armée turque et emblématique de la division de l'île.

L'annonce de cette réouverture partielle de la ville abandonnée depuis l'invasion turque avait été faite par M. Tatar, au côté de M. Erdogan à Ankara.

Une décision critiquée par M. Akinci, la République de Chypre, l'Union européenne et l'ONU qui surveille la zone tampon entre les deux parties de l'île.

L'élection en RTCN, qui dépend économiquement de la Turquie, a aussi lieu dans un contexte de crise économique, amplifiée par la pandémie de Covid-19. Plus de 800 cas y ont été recensés officiellement, dont quatre décès. (AFP)

 

 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.