Malte s'apprête à reconduire son exécutif, valeur sûre dans un monde instable

Le Premier ministre maltais Robert Abela sort du Palais des Grands Maîtres à La Valette, Malte, le 13 janvier 2020 (Photo, AFP).
Le Premier ministre maltais Robert Abela sort du Palais des Grands Maîtres à La Valette, Malte, le 13 janvier 2020 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 24 mars 2022

Malte s'apprête à reconduire son exécutif, valeur sûre dans un monde instable

  • Le Premier ministre travailliste Robert Abela sollicite les suffrages après avoir remporté un vote à la tête du parti il y a deux ans
  • Un sondage Malta Today crédite les travaillistes de 53,3% des intentions de vote, contre 44,6% pour les nationalistes

LA VALETTE, Malte : Les Maltais votent samedi pour des élections législatives qui devraient reconduire facilement le gouvernement sortant, dans le contexte de la guerre russo-ukrainienne risquant de fragiliser la reprise post-pandémie de la petite île méditerranéenne dépendante des importations.

Le Premier ministre travailliste Robert Abela sollicite les suffrages après avoir remporté un vote à la tête du parti il y a deux ans pour remplacer Joseph Muscat, qui a démissionné à la suite des manifestations déclenchées par le meurtre de la journaliste Daphne Caruana Galizia. 

Un sondage Malta Today crédite les travaillistes de 53,3% des intentions de vote, contre 44,6% pour les nationalistes.

M. Abela a fait campagne sur la façon dont il a géré l'épidémie de coronavirus et l'économie, qui s'est effondrée en 2020 mais a fortement rebondi l'année dernière.

Dans un café sur le port de la capitale La Valette, Caroline Lapira dit qu'elle votera sans états d'âme pour le chef du gouvernement. Les aides publiques pendant la pandémie l'ont aidée à survivre durant les longs mois d'absence des touristes étrangers.

"Le Premier ministre est passé ici une fois, je l'ai remercié, sans lui je ne sais pas ce qu'il se serait passé", explique-t-elle à l'AFP en servant un Spritz.

Fin des passeports dorés

Minuscule nation insulaire méditerranéenne, membre de l'Union européenne depuis 2004 et de la zone euro depuis 2008, Malte dispose de peu de ressources naturelles, mais a bâti une économie florissante reposant en grande partie sur le tourisme, les services financiers et les jeux en ligne. 

Pourtant, l'invasion de l'Ukraine par la Russie le mois dernier a jeté une ombre sur le pays, entraînant une hausse des prix des matières premières qui pourrait s'avérer coûteuse pour un Etat aussi dépendant des importations.

Le gouvernement a été contraint de suspendre son programme de "passeports dorés" pour les Russes et les Biélorusses, le privant d'une importante source de fonds (il a rapporté 1,1 milliard d'euros en une petite décennie).

Le gouvernement a déjà promis 200 millions d'euros pour amortir les conséquences de la crise, qui s'ajoutent à 200 autres millions déjà débloqués afin d'atténuer les effets de la hausse des prix de l'énergie après la pandémie.

Les analystes estiment que l'incertitude ne fera que renforcer la position de M. Abela, même si le taux de participation devrait être légèrement inférieur à son niveau habituel de plus de 90%. 

"Robert Abela a dirigé dans une situation difficile, et c'est pourquoi je pense qu'il bénéficie d'un immense soutien", a déclaré Andrew Azzopardi, professeur associé à la Faculté du bien-être social de l'Université de Malte. Entre le conflit et le Covid, "les gens ne veulent pas aggraver la situation" en y ajoutant de l'instabilité politique.

Nuage sombre

Cependant, "il y a ce nuage, il y a cette ombre noire sur le Parti travailliste" et son rapport à l'Etat de droit, note George Zammit, maître de conférences en politique publique à l'Université de Malte. 

M. Abela a pris ses fonctions en janvier 2020 après la démission de M. Muscat, soupçonné de protéger ses amis et alliés d'une enquête sur le meurtre de la journaliste Caruana Galizia.

Celle-ci enquêtait sur la corruption de haut niveau lorsqu'elle a été tuée dans une voiture piégée près de sa maison le 16 octobre 2017, un meurtre qui a suscité une indignation mondiale. 

Une enquête publique dont les conclusions ont été publiées l'an dernier impute à l'Etat "la responsabilité de l'assassinat pour avoir créé un climat d'impunité".

M. Abela, qui ne faisait pas partie du cabinet de M. Muscat, a depuis mis en œuvre des réformes visant à démocratiser les institutions, en supprimant notamment le privilège du Premier ministre de nommer les juges et le chef de la police.

"Il aurait pu en faire beaucoup plus. Ils n'ont pas été inquiétés" après l'assassinat de la journaliste, tempère Yohann, un commerçant de 61 ans, sympathisant du parti nationaliste qui préfère ne pas donner son nom de crainte de nuire à ses affaires.

Et il reste à faire en effet: en 2021, Malte, souvent accusée d'être un paradis fiscal, a été placée sur la liste grise du GAFI, un organisme intergouvernemental basé à Paris qui promeut la lutte contre les délits liés au système financier international.

Marisa Xuereb, présidente de la Chambre de commerce locale, espère que Malte sera bientôt retirée de cette liste. Elle qualifie de "très injuste" les perceptions sur la corruption endémique sur son île. "Cela ne concerne qu'une minorité", assure-t-elle.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.