Dans un château tchèque, des «princesses» ukrainiennes rêvent de rentrer chez elles

Le château de Becov nad Teplou en République tchèque. (Photo, AFP)
Le château de Becov nad Teplou en République tchèque. (Photo, AFP)
Le drapeau ukrainien flotte sur le mât du château de Becov nad Teplou, où des réfugiés ukrainiens ont trouvé refuge, le 29 mars 2022, à Becov nad Teplou, République tchèque. (Photo, AFP)
Le drapeau ukrainien flotte sur le mât du château de Becov nad Teplou, où des réfugiés ukrainiens ont trouvé refuge, le 29 mars 2022, à Becov nad Teplou, République tchèque. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 30 mars 2022

Dans un château tchèque, des «princesses» ukrainiennes rêvent de rentrer chez elles

Le château de Becov nad Teplou en République tchèque. (Photo, AFP)
Le drapeau ukrainien flotte sur le mât du château de Becov nad Teplou, où des réfugiés ukrainiens ont trouvé refuge, le 29 mars 2022, à Becov nad Teplou, République tchèque. (Photo, AFP)
  • «Nous n'avons jamais pensé vivre dans un château», déclare Mme Chandyba dans l'édifice qui abrite le reliquaire de saint Maur, un artefact roman du XIIIe siècle
  • Le château de Becov accueille aujourd'hui une douzaine d'enfants réfugiés et dix femmes aux métiers divers, dont une fleuriste, une avocate et une pianiste

BECOY NAD TEPLOU: Olga Chandyba n'a jamais vécu dans un château jusqu'à ce que la guerre la force à fuir l'Ukraine. Mais elle donnerait tout pour quitter ce refuge de conte de fées en République tchèque et rentrer chez elle. 

Cette couturière de 37 ans fait partie d'un groupe de 22 réfugiés ukrainiens qui séjournent actuellement au château de Becov nad Teplou, grâce à une initiative de l'Institut national du patrimoine. 

« Nous n'avons jamais pensé vivre dans un château », déclare Mme Chandyba dans l'édifice qui abrite le reliquaire de saint Maur, un artefact roman du XIIIe siècle. 

« Nous sommes comme des princesses. Pour nos enfants, c'est une aventure, et c'est une aventure aussi pour nous, d'une certaine manière », dit-elle. 

Le château de Becov accueille aujourd'hui une douzaine d'enfants réfugiés et dix femmes aux métiers divers, dont une fleuriste, une avocate et une pianiste. 

« Nous sommes très reconnaissants pour le calme, la chaleur, la gentillesse », poursuit la jeune femme, partie à bord d'un train de la ville fortement bombardée d'Okhtyrka, en Ukraine. 

La République tchèque a accueilli environ 300 000 des quatre millions de réfugiés ukrainiens ayant fui la guerre.  

L'Institut du patrimoine a installé 110 lits dans 17 sites à l'échelle nationale pour accueillir gratuitement des réfugiés ukrainiens. « Nous avons jusqu'à présent enregistré 66 réfugiés », a déclaré sa porte-parole Klara Veberova. 

Becov nad Teplou en abrite un tiers, installés dans deux bâtiments juste derrière l'entrée du château, et notamment dans un dortoir habituellement destiné à héberger les guides. « Cette année, nous n'engagerons que des guides locaux qui ont un logement », précise le gardien de Becov, Tomas Wizovsky. 

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Olga Shandyba, une autre mère ukrainienne et ses enfants cuisinent dans un petit appartement du complexe du château de Becov nad Teplou, où des réfugiés ukrainiens ont trouvé refuge, le 29 mars 2022 à Becov nad Teplou, en République tchèque. (Photo, AFP)

Bleu et jaune  

Nastya Bidkova, une professeure de chant de Dnipro (est de l'Ukraine), a salué l'opportunité « absolument inattendue » de séjourner dans un château du XIVe siècle. 

« Nous nous sommes sentis très chanceux quand nous sommes arrivés la nuit et que nous avons vu un beau château avec nos drapeaux à la fenêtre. C'était vraiment sympa », raconte-t-elle. 

De tous les châteaux impliqués dans le projet, Becov a eu la tâche la plus facile pour installer des drapeaux ukrainiens car le bleu et le jaune étaient les couleurs de ses anciens propriétaires, la famille Questenberg, souligne Tomas Wizovsky. 

« Nous les avions en magasin et avons pu les faire flotter presque à l'instant où la décision a été prise pour montrer notre solidarité ». 

Avec moins de 1 000 habitants, la ville de Becov nad Teplou a connu une forte augmentation de sa population puisque plus de 60 réfugiés ukrainiens y sont arrivés au cours du mois dernier. 

Outre les réfugiés abrités dans le château, certains ont été placés dans des hôtels et des pensions, d'autres chez des particuliers. La ville a également organisé une réunion pour souhaiter la bienvenue à ces nouveaux arrivants. 

Les enfants fréquentent maintenant l'école locale. La ville s'occupe également des visas et de produits de première nécessité tels que les draps et les serviettes et leur cherche des emplois, difficiles à trouver. 

Les réfugiés se sont également vus offrir une visite gratuite du château avec tous ses joyaux.  

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Des enfants ukrainiens jouent dans une cour du complexe du château de Becov nad Teplou, où des réfugiés ukrainiens ont trouvé refuge, le 29 mars 2022 à Becov nad Teplou, en République tchèque. (Photo, AFP)

'Des enfants comme les autres'  

Malgré l'hospitalité, l'ombre de l'invasion russe plane toujours, même si les enfants ont commencé à se  débarrasser de leurs peurs. 

« Pendant les deux premiers jours, ils n'ont pas parlé, ils étaient timides, trop silencieux après toutes leurs souffrances et leurs voyages », se rappelle Tomas Wizovsky. « Maintenant, ce sont des enfants comme les autres. » 

Mais leurs mères ont souvent l'air inquiètes, les sourires sont rares, et elles cherchent des petits boulots pour s'occuper.  

Mme Bidkova renoncerait volontiers à cette vie de château pour rentrer en Ukraine, « retrouver nos familles et nos hommes qui se battent pour la paix là-bas ». 

Mme Chandyba espère elle aussi retourner dans sa maison - « si elle est toujours debout ».


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.