L'Allemagne, terre d'accueil des juifs ukrainiens, 77 ans après la Shoah

Soixante-dix-sept ans après la chute du régime nazi, c'est en Allemagne que des milliers de juifs ukrainiens trouvent refuge (Photo, AFP).
Soixante-dix-sept ans après la chute du régime nazi, c'est en Allemagne que des milliers de juifs ukrainiens trouvent refuge (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 31 mars 2022

L'Allemagne, terre d'accueil des juifs ukrainiens, 77 ans après la Shoah

  • Soixante-dix-sept ans après la chute du régime nazi, c'est en Allemagne que des milliers de juifs ukrainiens trouvent refuge
  • Entre 1993 et 2020, plus de 210 000 juifs de Moscou, Minsk ou Chisinau ont fait de l'Allemagne leur nouvelle patrie

BERLIN: Dans l'entrée de cette école juive de Berlin, un dessin proclame "Bienvenue" en lettres multicolores au-dessus de drapeaux ukrainien, allemand et israélien tracés d'un trait malhabile. Une petite main a aussi pris soin de colorier de gros coeurs au feutre rouge.

"Bienvenue" aux neuf enfants juifs ukrainiens que l'école élémentaire du mouvement Massorti (conservateur) accueille depuis qu'ils ont quitté dans la précipitation Kiev, Odessa ou Kharkiv, en raison de l'invasion russe.

Soixante-dix-sept ans après la chute du régime nazi, c'est en Allemagne que des milliers de juifs ukrainiens trouvent refuge, notamment à Berlin où ils sont reçus à bras ouverts par les nombreux juifs russophones qui se sont installés ici après l'effondrement de l'Union soviétique.

"Nous vivons une situation historiquement remarquable dans le contexte des terribles crimes de la Seconde Guerre mondiale commis par les Allemands en Ukraine", souligne Felix Klein, commissaire du gouvernement Scholz à la lutte contre l'antisémitisme, lors d'une visite de cette école.

Quelque 3 000 juifs ukrainiens --sur un total de plus de 283 000 réfugiés ukrainiens -- auraient déjà trouvé refuge en Allemagne, selon des estimations avancées par M. Klein.   

Racines ukrainiennes

"Au vu de l'histoire allemande, cela ne va pas de soi" que les juifs ukrainiens cherchent une protection ici, concède le président du Conseil central des Juifs d'Allemagne, Josef Schuster. "Mais l'Allemagne assume sa responsabilité historique".

Depuis le déclenchement de l'invasion russe, un immense élan de solidarité a gagné les Allemands qui se pressent dans les gares pour proposer hébergements, repas, vêtements aux Ukrainiens qui ont tout abandonné derrière eux.

Au sein de la communauté juive, "nous sommes particulièrement bien préparés", explique la rabbine Gesa Ederberg, dans cette école où sont scolarisés en allemand et en hébreu une soixantaine d'enfants de 6 à 12 ans. 

"Quarante pour cent des membres de notre communauté ont des racines ukrainiennes", précise-t-elle. "Et 80% de nos membres parlent russe".

Depuis trente ans, l'Allemagne est devenue la terre promise des juifs de l'ex-Union soviétique à qui elle a accordé des permis de travail et de résidence permanents. 

Entre 1993 et 2020, plus de 210 000 juifs de Moscou, Minsk ou Chisinau ont fait de l'Allemagne leur nouvelle patrie au point que la communauté, quasiment anéantie par la Shoah, est aujourd'hui la troisième plus importante en Europe après la France et la Grande-Bretagne.

Tout juste intégrée à la "classe d'accueil" de l'école, Sonia, 11 ans, mèches décolorées blondes, chaussettes remontées jusqu'aux genoux, a découvert une communauté juive berlinoise "beaucoup plus grande qu'à Odessa" dont elle est originaire. 

La guerre au dîner

Pour Ilona, rejoindre la communauté Massorti dont elle est membre à Kiev, a été comme retrouver une famille. "Nous avons un toit au-dessus de la tête et avons pu mettre en sécurité nos enfants", explique cette mère de deux filles de 13 et 5 ans, dont le visage ruissèle de larmes à l'évocation de l'odyssée qui l'a menée vers l'Allemagne.

"Nous étions dans un train pour Tchernivtsi (sud-ouest) la nuit où la guerre a éclaté", raconte-t-elle en cramponnant la main de son amie. "Nous sommes restés une semaine là-bas" avant d'être évacués en bus.

Les liens entre juifs d'Ukraine et d'Allemagne ont également permis d'évacuer 120 enfants, pour la plupart orphelins, d'Odessa vers Berlin.

Ils ont encore conduit certains membres de la communauté à ouvrir leur porte: ainsi Till Rohmann héberge dans ses chambres d'amis deux familles d'Odessa et Kharkiv. 

Pas facile de "devoir gérer la guerre à la table du petit-déjeuner et du dîner", admet ce père de deux enfants de 5 et deux ans. "Nous faisons de notre mieux pour qu'ils se sentent bien", ajoute ce musicien qui, il y a sept ans, hébergeait d'autres réfugiés, venus de Syrie.

"Par rapport à 2015, nous avons des similitudes culturelles avec les juifs ukrainiens", concède-t-il. "Nous avons des moyens de communiquer par l'hébreu, nous pouvons faire ensemble la prière de shabbat". 

Si Ilona se dit "extrêmement reconnaissante" pour l'accueil des Allemands, l'angoisse lui noue le ventre quand elle songe à son mari "engagé volontaire" pour défendre son pays, à sa soeur et sa nièce, toujours coincées à Kiev.  


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.