Le Maroc déterminé à imposer son règlement au Sahara occidental

Un hélicoptère de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO) atterrit du côté marocain du point de passage frontalier entre le Maroc et la Mauritanie à Guerguerat situé au Sahara occidental, le 25 novembre 2020, après l'intervention des forces armées royales marocaines dans la zone. (AFP).
Un hélicoptère de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO) atterrit du côté marocain du point de passage frontalier entre le Maroc et la Mauritanie à Guerguerat situé au Sahara occidental, le 25 novembre 2020, après l'intervention des forces armées royales marocaines dans la zone. (AFP).
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Publié le Jeudi 31 mars 2022

Le Maroc déterminé à imposer son règlement au Sahara occidental

  • «La question du Sahara fait consensus. L'ensemble de la société adhère à cette cause, priorité absolue pour chaque Marocain», explique un professeur de relations internationales à l'Université Mohammed V
  • Le conflit du Sahara occidentaloppose depuis 1975 le royaume chérifien aux indépendantistes sahraouis du Front Polisario, soutenus par l'Algérie

RABAT: Fort du soutien américain, et désormais celui de Berlin et Madrid, le Maroc est déterminé à régler en sa faveur l'interminable conflit du Sahara occidental qui l'oppose aux indépendantistes sahraouis soutenus par l'Algérie, même au prix d'une brouille avec ses alliés, estiment des analystes.

"La question du Sahara fait consensus. L'ensemble de la société adhère à cette cause, priorité absolue pour chaque Marocain", explique Tajeddine Houssaini, professeur de relations internationales à l'Université Mohammed V de Rabat.

Pour le Maroc, l'ex-colonie espagnole -- qu'il appelle ses "provinces du Sud" -- a historiquement fait partie de son territoire, une "vérité immuable" qui "ne sera jamais à l'ordre du jour d'une quelconque tractation", selon le roi Mohammed VI.

L'inlassable mobilisation de la diplomatie marocaine vient de payer avec le ralliement de l'Allemagne et de l'Espagne au plan d'autonomie sous souveraineté marocaine proposé en 2007 par Rabat pour résoudre le "différend".

Le conflit du Sahara occidental, contrôlé à 80% par le Maroc mais considéré comme un "territoire non autonome" par l'ONU, oppose depuis 1975 le royaume chérifien aux indépendantistes sahraouis du Front Polisario, soutenus par l'Algérie.

Aujourd'hui, l'Algérie apparaît isolée, relèvent des analystes, et l'ONU tente difficilement de relancer un dialogue politique suspendu depuis 2019.

L'Espagne, elle, a opéré un changement de position radical fin mars en apportant son soutien au projet d'autonomie, considérant désormais l'initiative marocaine "comme la base la plus sérieuse, réaliste et crédible" pour résoudre le contentieux.

Pour le Premier ministre Pedro Sanchez, le virage de Madrid était nécessaire pour nouer une relation "plus solide" avec le Maroc, partenaire commercial majeur et allié "stratégique" dans la lutte contre l'immigration illégale.

Dans la foulée, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, est attendu vendredi à Rabat pour relancer les relations bilatérales.

Le revirement espagnol, après un an de brouille, a été salué comme un "coup diplomatique" par les Marocains. 

"C'est sans aucun doute une victoire du Maroc à court terme", reconnaît Bernabé López, professeur d'études arabes et islamique à l'Université autonome de Madrid, mais "il est difficile de savoir" si le changement de la position espagnole aura un effet concret.

"Il faudra voir si à l'avenir il y a une bonne entente (entre Madrid et Rabat) et si cela peut aider d'autres pays à se rallier" à cette position, s'interroge-t-il.

«Rapport de force»

Depuis la reconnaissance de la "marocanité" du Sahara occidental par Washington en décembre 2020, en contrepartie de la reprise de ses relations avec Israël, Rabat presse la communauté internationale de suivre l'exemple américain.

Ainsi, après avoir reçu son homologue américain, Antony Blinken, le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, a invité mardi l'Europe à "sortir de sa zone de confort" et, à l'instar de l'Espagne, à endosser le plan d'autonomie.

Cet appel se double d'une mise en garde "à ceux qui affichent des positions floues ou ambivalentes".

Dans un discours à la nation en novembre, Mohammed VI a averti que "le Maroc n'engagerait avec eux aucune démarche d'ordre économique ou commercial qui exclurait le Sahara marocain". 

"L'offensive marocaine se fait à un moment où les yeux sont braqués sur l'Ukraine", observe la politologue Khadija Mohsen-Finan.

"Elle se fait aussi au terme d'un long processus consistant pour le Maroc à se rendre indispensable aux Occidentaux: migration, survol du territoire, sécurité et lutte contre l'islamisme", ajoute-t-elle. 

Aux yeux de l'historien du Maghreb, Pierre Vermeren, "les Marocains ont parfaitement tiré les enseignements de la géopolitique actuelle. Le rapport de force est devenu la norme au détriment du droit international".

Preuve de sa volonté de s'affranchir de toute tutelle au nom de ses intérêts, le Maroc n'a pas participé aux deux votes de l'Assemblée générale de l'ONU condamnant Moscou pour l'invasion de l'Ukraine, afin de ne pas se mettre à dos la Russie, membre du Conseil de sécurité de l'ONU, selon des analystes.

La position du Maroc a "vivement déçu" ses partenaires, selon une source diplomatique occidentale, "au regard de la gravité de l'agression russe et au titre de ses alliances traditionnelles avec les pays occidentaux, auxquelles elle a préféré un rapprochement avec la Russie, pourtant favorable au Front Polisario".

En réaction, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a décidé de rappeler son ambassadrice au Maroc, Oksana Vassilieva, jugeant qu'elle "perdait son temps" à Rabat.


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.