Ethiopie: un convoi d'aide humanitaire, le premier en trois mois, entre au Tigré

Des hommes portent un sac de blé lors d'une distribution de nourriture par le Programme alimentaire mondial (PAM) pour les personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays (PDI) à Debark, à 90 kilomètres de la ville de Gondar, en Éthiopie, le 15 septembre dernier (Photo, AFP).
Des hommes portent un sac de blé lors d'une distribution de nourriture par le Programme alimentaire mondial (PAM) pour les personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays (PDI) à Debark, à 90 kilomètres de la ville de Gondar, en Éthiopie, le 15 septembre dernier (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 02 avril 2022

Ethiopie: un convoi d'aide humanitaire, le premier en trois mois, entre au Tigré

  • Un convoi de 20 camions, accompagné d'un camion-citerne de carburant, est parti jeudi de Semera
  • Les Etats-Unis ont salué l'afflux de l'aide, «un pas important»

ADDIS ABEBA : Une semaine après l'annonce d'une "trêve humanitaire", 13 camions d'aide alimentaire, le premier convoi routier à rejoindre le Tigré en trois mois, sont arrivés vendredi à Mekele, capitale de cette région éthiopienne théâtre d'un conflit depuis novembre 2020 et menacée de famine.

"D'autres camions et du carburant suivront" samedi matin, a indiqué le Programme alimentaire mondial (PAM), précisant que le convoi transportait "plus de 500 tonnes de nourriture et denrées nutritionnelles".

Ce "premier convoi humanitaire à arriver dans la région du Tigré depuis fin décembre" est un "progrès notable mais il y a besoin de plus - un flux quotidien et sans encombres de convois est nécessaire pour répondre aux besoins de cinq millions de personnes", souligne l'organisation onusienne.

Un convoi de 20 camions, accompagné d'un camion-citerne de carburant, est parti jeudi de Semera, capitale de la région voisine de l'Afar, avant d'être bloqué par les forces régionales afar, a expliqué à l'AFP une source humanitaire. Il a pu reprendre la route vendredi.

Depuis plusieurs jours, Addis Abeba et rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qui s'affrontent depuis bientôt 17 mois, s'accusaient mutuellement de bloquer les convois d'aide, malgré une "trêve humanitaire" annoncée le 24 mars.

Jeudi, le gouvernement éthiopien avait annoncé que 21 camions du PAM avaient "commencé à transporter de l'aide humanitaire vers la région du Tigré", en traversant l'Afar.

«Pénurie extrême»

Aucune aide n'a été acheminée au Tigré par la route depuis mi-décembre, en raison de combats et de l'insécurité dans l'Afar, dont une partie est occupée par le TPLF.

Seuls des produits médicaux et de nutrition sont arrivés par les airs, en bien plus faible quantité que ce qu'autorisent les convois routiers.

"C'est un grand pas dans la bonne direction. L'important, cependant, ce n'est pas le nombre de camions autorisés (à rejoindre le Tigré), mais si un système est en place pour garantir un accès humanitaire sans entraves à ceux qui en ont besoin", a réagi le porte-parole du TPLF, Getachew Reda.

Quelque 4,6 millions de personnes, soit 83% des six millions d'habitants du Tigré, sont en situation "d'insécurité alimentaire", tandis que deux millions souffrent d'une "pénurie extrême de nourriture", estimait le PAM en janvier.

En outre, faute de carburant, de vivres et de liquidités, les opérations humanitaires au Tigré - où plus de 400.000 personnes ont été déplacées par le conflit - sont quasiment interrompues depuis mi-février, selon l'ONU. Et les services de base (télécommunications, internet, électricité, banque...) y sont à l'arrêt depuis plusieurs mois.

Il aura fallu huit jours, depuis l'annonce de la trêve, pour que le convoi, stationné depuis des semaines à Semera, se mette en mouvement.

Le PAM indiquait pourtant depuis une semaine "se tenir prêt" à faire partir ses camions vers le Tigré, "dès qu'un accès sûr et sans restriction sera garanti par toutes les parties".

Jeudi, une source humanitaire avait indiqué à l'AFP que le PAM avait reçu l'autorisation du gouvernement fédéral et attendait "le feu vert" des autorités régionales de l'Afar, ainsi que des "assurances que les milices et populations (de l'Afar) laisseront passer le convoi".

Plusieurs convois d'aide ont été pillés par le passé par des habitants de l'Afar.

Ces derniers jours, "concrètement il manquait l'autorisation des autorités afar" qui réclament, comme le gouvernement fédéral, que le TPLF se retire de la région, selon cette source.

Pressions diplomatiques

Les Etats-Unis ont salué l'afflux de l'aide, "un pas important", appelant tous les belligérants à "assurer la sécurité du personnel humanitaire".

"Nous exhortons toutes les parties à s'appuyer sur ce développement humanitaire positif pour prendre de nouvelles mesures difficiles afin de parvenir à la paix dans le nord de l'Ethiopie", a dit le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken dans un communiqué.

Washington a multiplié les pressions diplomatiques pour permettre le passage de l'aide et mercredi, la chargée d'affaires américaine en Ethiopie, Tracey Jacobson, a rencontré à Semera le président de l'Afar, Awol Arba, qui avait plusieurs fois affirmé publiquement qu'il ne laisserait pas passer l'aide à destination du Tigré.

Le conflit - dont le bilan est inconnu - a commencé quand le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed y a envoyé l'armée fédérale destituer les autorités du TPLF, parti qui administrait la région après avoir dirigé l'Ethiopie durant près de 30 ans.

Prix Nobel de la paix 2019, M. Abiy accusait le TPLF, qui contestait son autorité depuis des mois, d'avoir attaqué des bases de l'armée fédérale au Tigré.

Après avoir pris Mekele en un mois, l'armée éthiopienne a été chassée du Tigré courant 2021 par une contre-offensive du TPLF et le conflit, marqué par de nombreuses exactions de chaque camp, s'est propagé à l'Afar et à l'Amhara voisines.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.