Explication: Swift, la Russie et la région MENA

Un manifestant tient une pancarte indiquant SWIFT OFF  le 25 février 2022 à Berlin (Photo, AFP).
Un manifestant tient une pancarte indiquant SWIFT OFF le 25 février 2022 à Berlin (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 04 avril 2022

Explication: Swift, la Russie et la région MENA

  • JP Morgan anticipe une récession d’environ 7% en Russie
  • Plus de 11000 établissements, essentiellement des banques de plus de 200 pays, échangent 40 millions de messages chaque jour sur SWIFT

CASABLANCA:  Le retour de la tension entre l’Occident et la Russie est accueilli avec une relative froideur par les diplomaties du Maghreb et du monde arabe. Celles-ci craignent la reconstitution d’un monde bipolaire et son lot de contraintes que charriait la Guerre froide, entrainant, entre autres inconvénients, l’obligation de choisir un camp et un seul. Face aux sanctions financières occidentales imposées à la Russie, les différentes chancelleries de la région tentent de se frayer une troisième voie entre condamnations de principe et non alignement sur la pression exercée sur l’Ours russe.
En guise de sanctions financières après l’invasion de l’Ukraine, l’essentiel du système financier russe a été exclu du réseau de messagerie Swift à l’instar de ce qui a été exigé du régime iranien durant la dernière décennie.
Allons au-delà de cet acronyme pour évaluer l’ampleur du bannissement de la Russie de la finance mondiale, au moment où, selon nos confrères de l’AFP, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, a enjoint à de nouvelles sanctions immédiates du G7 contre Moscou, notamment la déconnexion, cette fois-ci, totale, des banques russes de la plateforme financière internationale.
Les pays trop modérés dans les mesures prises contre la Russie de Vladimir Poutine ont été mis à l’index par le président ukrainien.
Volodymyr Zelensky a rappelé, ce mercredi, les ambassadeurs d'Ukraine au Maroc et en Géorgie, jugeant qu'ils n'étaient pas assez «efficaces»

 

Світ уже бачив багато воєнних злочинів. У різні часи. На різних континентах. Але настав час зробити все, щоб воєнні злочини російських військових стали останнім проявом такого зла на землі. Кожен винний у таких злочинах буде внесений у спеціальну Книгу катів. Буде знайдений і покараний.

Posted by Володимир Зеленський on Sunday, April 3, 2022

Que cache l’acronyme Swift ? 

Il s’agit d’une entreprise privée belge, Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication. Celle-ci propose aux différentes institutions financières un système de messagerie instantanée. Plus de 11000 établissements, essentiellement des banques réparties de plus de 200 pays, y échangent, pas moins de, 40 millions de messages chaque 24 h.
C’est une antienne, la finance repose sur la confiance. Dans ce système, les informations envoyées ne sont pas annulées. Si une institution financière se dédit cela se répercute sur sa crédibilité. Lorsqu'un virement passe par la messagerie, il est effectué avec grande célérité, en moins de trente minutes.
Swift est, en ce sens, comparable à registre de comptes où l’on trouve trace de qui a viré des fonds, quand et, surtout, à qui. Contrairement au message martelé en cœur en Occident, cela signifie qu’en être exclu ne revient, nullement, à sortir du système financier. Pour autant, les opérations qui ne transitent pas par ce système sont extrêmement ralenties. Swift domine, en effet, le marché mondial, cependant des concurrents existent bel et bien, pour ne citer que le chinois Cips, qui met en lien plus de 1000 banques dans une centaine de pays.

Impact

Les experts sont loin d’être unanimes sur l’évaluation des conséquences des sanctions sur l’économie russe. Le FMI, certains économistes qui se sont exprimés sur la question estiment que l’ensemble des sanctions pourrait faire chuter le PIB russe de 1 à 5 points. Eric Heyer, économiste à l'OFCE, interrogé par nos confrères de franceinfo, évalue cet impact à une baisse de 2,5 points de PIB. La banque d’investissement JP Morgan anticipe une récession d’environ 7 %. Le rouble a vu sa valeur chuter, alors que dans le même temps, des fonds de pension spéculent sur un possible défaut paiement de la Russie. Pourtant, le pétrole est toujours le nerf de la guerre. Selon le cabinet Rystad Energy, les pays ayant annoncé, tambour battant, des sanctions contre Moscou, ont importé à hauteur de 200 milliards de dollars d'hydrocarbures russes par an, contre 25 milliards pour le reste du monde, exclusion faite de la Chine. 

Tourisme, gaz et blé pèsent de leur poids sur la balance diplomatique

Après l’exclusion de la Russie de SWIFT les échanges économiques et touristiques sont voués à se complexifier. L’industrie du tourisme qui soigne, à peine, ses plaies après la crise pandémique, se prépare à faire l’impasse sur les touristes russes. Sont concernés en premier chef : la Tunisie, le Maroc, et l’Égypte.

Le premier client d’armements russes en Afrique, l’Algérie, essaye de se tenir à bonne distance du conflit, tout en essayant de présenter une alternative crédible au gaz russe pour les européens.

L’approvisionnement en blé engage la sécurité intérieure des pays arabes, en particulier du Maghreb. Le prix de la tonne de céréales est surveillé comme le lait sur le feu au niveau des marchés internationaux.

Si aucune évaluation définitive du ralentissement de l'économie russe suite aux sanctions n'est établie, l'exclusion de SWIFT peut, à tout le moins, couter cher à la kleptocratie qui entoure de Vladimir Poutine dans l'un des pays où les écarts de revenus sont les plus importants. Le centile qui a le patrimoine le plus florissant possède près de 60% des richesses du pays selon le rapport annuel du crédit suisse. 


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.