Ukraine : situation «tendue» dans le Donbass, la population doit évacuer

Des familles arrivent pour monter dans un train à la gare centrale de Kramatorsk alors qu'elles fuient la ville de Kramatorsk, dans l'est du pays, dans la région du Donbass, le 4 avril 2022, lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. (AFP).
Des familles arrivent pour monter dans un train à la gare centrale de Kramatorsk alors qu'elles fuient la ville de Kramatorsk, dans l'est du pays, dans la région du Donbass, le 4 avril 2022, lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. (AFP).
Short Url
Publié le Lundi 04 avril 2022

Ukraine : situation «tendue» dans le Donbass, la population doit évacuer

  • «Nous tenons fermement tout le territoire, mais partout la situation est tendue», a reconnu le gouverneur de l'administration militaro-civile de la région de Donetsk
  • Depuis que la Russie a annoncé vouloir «concentrer ses efforts sur la libération du Donbass», cet historique bassin minier de l'Ukraine vit dans l'angoisse d'une offensive russe majeure

KRAMATORSK: La situation est "tendue" dans toute la partie du Donbass sous contrôle de l'Ukraine, dans l'est, où l'armée est prête à affronter les forces russes, et la population civile doit évacuer sans délai, a déclaré lundi le gouverneur de cette région.

"Nous tenons fermement tout le territoire, (...) mais partout la situation est tendue", a reconnu le gouverneur de l'administration militaro-civile de la région de Donetsk, Pavlo Kyrylenko, s'exprimant au cours d'un point de presse dans la ville de Kramatorsk.

"La situation la plus difficile concerne Izioum (une localité récemment conquise par les troupes russes à la limite de la région voisine de Kharkiv) où nous nous attendons à une aggravation de la situation", a poursuivi M. Kyrylenko.

"L'ennemi bombarde partout (...) De nombreuses localités le long de la ligne de démarcation ont été détruites par les bombardements", a-t-il précisé.

Depuis que la Russie a retiré ses troupes de la région de Kiev (nord) et annoncé vouloir "concentrer ses efforts sur la libération du Donbass", cet historique bassin minier de l'Ukraine vit dans l'angoisse d'une offensive russe majeure.

Le gouvernement ukrainien a déjà dit s'attendre à une aggravation de la situation tandis que les forces russes tentent de prendre en tenaille l'armée ukrainienne, déployée depuis 2014 sur une ligne de front longeant Donetsk au sud et Lougansk à l'est - les capitales des deux "républiques" séparatistes prorusses du même nom - et qui va désormais jusqu'à Izioum, au nord-ouest.

Evacuations

Capitale régionale de fait, depuis octobre 2014, du territoire encore sous contrôle de Kiev dans cette partie du pays, Kramatorsk est située au centre de ce chaudron et se retrouverait alors encerclée.

"Je l'ai déjà dit et je me répète : la population civile doit quitter les lieux, nous donnerons les détails logistiques de ces évacuations, c'est un processus progressif et pas un ordre du jour au lendemain (...). Mais la situation va devenir plus dure, c'est clair", a souligné le gouverneur.

Il a refusé de donner des détails sur les évacuations en cours, précisant simplement que jusqu'à dimanche, "146.000 personnes avaient déjà quitté la région". Il en reste près de 700.000 dans toute la zone sous contrôle ukrainien, a-t-il ajouté.

"Si l'ennemi respectait les lois de la guerre, la rhétorique serait différente. Nous voulons désormais que le moins de civils possible reste ici, jusqu'à ce que la situation se stabilise", a encore expliqué le gouverneur.

À Kramatorsk, des centaines de personnes se sont de nouveau rassemblées lundi à la gare pour y prendre un train pour l'ouest de l'Ukraine. Depuis quelques jours, ces évacuations, dans l'ordre et encadrées par des volontaires, se font au rythme d'environ quatre trains par jour, soit près de 2.000 personnes.

"Bien sûr, nous sommes informés du regroupement et de la concentration des forces ennemies" dans l'est, autour de Kramatorsk. "Après les événements de Boutcha", au nord-ouest de Kiev, où des centaines de civils ukrainiens ont été exécutés en zone d'occupation russe, selon les autorités ukrainiennes, "on peut tout attendre de l'ennemi", a-t-il jugé.

"Nous ne céderons pas un pouce de notre territoire sans combattre. Nos forces sont prêtes à affronter l'ennemi et à le tuer". "Mais encore une fois, il est beaucoup plus aisé de combattre quand les civils ont évacué les villes", a-t-il conclu, appelant la population encore sur place à être attentive aux messages et aux directives des autorités, aux sirènes d'alarme et à faire des provisions.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Short Url
  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Short Url
  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Short Url
  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.