En pause ou en panne: l'état des forces russes en question en Ukraine

Cette photo montre des véhicules de mobilité de l'infanterie russe GAZ Tigr détruits à la suite de combats à Kharkiv, situé à environ 50 km de la frontière ukraino-russe, le 28 février 2022. (AFP).
Cette photo montre des véhicules de mobilité de l'infanterie russe GAZ Tigr détruits à la suite de combats à Kharkiv, situé à environ 50 km de la frontière ukraino-russe, le 28 février 2022. (AFP).
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Publié le Jeudi 07 avril 2022

En pause ou en panne: l'état des forces russes en question en Ukraine

  • Si les experts occidentaux sont unanimes pour décrire un début de conflit raté pour la Russie, l'actuel redéploiement vers l'Est et le Donbass suscite des interprétations contrastées
  • «Les forces russes peuvent se préparer pour une offensive plus large dans les districts de Donetsk et Lougansk, mais auront du mal à produire la force de combat nécessaire», pronostique l'Institut américain pour l'étude de la guerre

PARIS: L'armée russe se concentre-t-elle sur sa réorganisation logistique ? Ou les difficultés auxquelles elle est confrontée sont telles qu'elle n'a d'autres choix que d'abaisser ses ambitions ? Après six semaines de guerre entamée dans la difficulté, la question demeure.

Si les experts occidentaux sont unanimes pour décrire un début de conflit raté pour la Russie, qui rêvait de prendre Kiev en quelques jours, l'actuel redéploiement vers l'Est et le Donbass suscite des interprétations contrastées.

"Après l'échec sur Kiev, les Russes n'ont plus réussi à percer, sauf sur la partie sud où ils sont sortis de Crimée vers Kherson et les territoires prorusses", explique à l'AFP une source au sein de l'état-major français. Ils "adoptent des positions défensives sur une bonne partie des lignes de confrontation Nord et concentrent leurs efforts sur la zone stratégique".

Mais une fois le constat posé, reste sa signification profonde. "Il est difficile de mesurer s'ils sont en pause stratégique pour repartir à l'attaque ou s'ils sont en panne", admet cette source.

"Les forces russes peuvent se préparer pour une offensive plus large dans les districts de Donetsk et Lougansk (...) mais auront du mal à produire la force de combat nécessaire", pronostique pour sa part l'Institut américain pour l'étude de la guerre (ISW).

A titre d'exemple, selon l'ancien colonel de l'armée française Michel Goya, "la 1ère Armée blindée de la garde a été transférée dans le secteur Donbass-Nord en vue de la bataille décisive du mois d’avril". Mais "lorsque cette masse d’attaque sera usée au combat fin avril-début mai, la capacité de manœuvre russe sera réduite à peu de choses".

Exténuée

Les informations diffusées et largement relayées par les Ukrainiens évoquent déjà de lourdes pertes humaines et matérielles côté russe. 

Les chiffres sont plus rares encore côté ukrainien, ce qui complique l'analyse du rapport de forces. Mais c'est un fait qu'une armée en défense souffre moins que celle qui l'attaque.

Une unité qui a perdu 30% de sa capacité de combat est inefficace, rappelle Raphael Cohen, expert militaire pour la Rand Corporation, en faisant siennes les estimations (non vérifiées) de pertes russes à entre 7 000 et 15 000 hommes.

Or, les conscrits censés s'y substituer sont inégalement formés et les mercenaires moins nombreux que prévus. "Si la Russie ne peut compenser ses pertes, elle risque d'être exténuée", affirme l'analyste. 

Michel Goya observe pour sa part que la société de mercenaires Wagner, réputée proche de Poutine, accepte tous les candidats qui se présentent.

"Ces engagements individuels destinés à combler les trous et non à constituer des forces nouvelles donnent une indication du niveau très élevé des pertes", écrit l'officier en retraite. Selon lui, la Russie semble "avoir perdu l'équivalent d'une trentaine de groupements tactiques interarmes (GTIA) sur 120 engagés et un potentiel maximum d'environ 140".

Alors que les regards des chancelleries occidentales se tournent vers les atrocités commises dans des zones sous contrôle russe, les militaires sont dubitatifs sur le rapport de force.

Initiative perdue

"Nous n'avons pas constaté de redéploiement massif de ces forces russes" parties du nord du pays, relève un responsable occidental sous couvert de l'anonymat, qui s'attend à ce que Moscou "réécrive son récit" sur ses objectifs militaires et sur ce qu'elle "définit comme un succès ou un échec".

Le 9 mai, Moscou célébrera en effet le très important anniversaire de la victoire contre l'Allemagne nazie en 1945. Le Kremlin aura désespérement besoin de victoires à revendiquer pour justifier son intervention en Ukraine.

Or, les observations des derniers jours ne sont pas toutes encourageantes pour son armée. "La Russie a complètement perdu l'initiative", affirme le responsable occidental. "Pas plus tard qu'hier, on voyait des files de blindés russes essayant d'avancer sur la route et qui peinaient face à la résistance ukrainienne", relève-t-il. "Même s'ils apprennent (...), ils continuent de compromettre leur capacité à atteindre leurs objectifs".

La chute complète de Marioupol, port stratégique du Sud-Est du pays, sur la mer d'Azov, semble imminente. La ville a été littéralement aplatie sous les bombes depuis des semaines et constituerait une victoire stratégique importante pour Moscou.

Mais les difficultés enregistrées depuis six semaines, la bravoure ukrainienne, le froid et les pertes - qui concernent aussi les officiers généraux - pèsent sur la santé psychologique de ses troupes. 

L'état-major "donne apparemment des intructions pour restreindre sévèrement l'accès à internet des troupes russes afin d'essayer de lutter contre leur moral en berne", ajoute à cet égard l'ISW. 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.