L'Allemagne redoute une importation du conflit ukrainien sur son territoire

L'Allemagne abrite 1,2 million de personnes originaires, elles ou leurs familles, de Russie et 325 000 d'Ukraine auxquels s'ajoute l'arrivée depuis un mois de plus de 316 000 réfugiés ukrainiens (Photo, AFP).
L'Allemagne abrite 1,2 million de personnes originaires, elles ou leurs familles, de Russie et 325 000 d'Ukraine auxquels s'ajoute l'arrivée depuis un mois de plus de 316 000 réfugiés ukrainiens (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 10 avril 2022

L'Allemagne redoute une importation du conflit ukrainien sur son territoire

  • De nouveaux défilés de ce type sont prévus dimanche, notamment à Francfort et Hanovre
  • Le site internet de son garage automobile a été piraté et ses notations en ligne ont chuté

BERLIN: De magasins russes barbouillés de peinture aux injures dans la rue, les agressions envers la communauté russe en Allemagne se multiplient depuis l'invasion de l'Ukraine, faisant redouter aux autorités une importation du conflit sur leur territoire. 

Pour s'y opposer, des manifestations sous forme de cortège de voitures "contre la russophobie" arborant des drapeaux russes s'organisent dans le pays, qui abrite la plus importante diaspora de l'Union européenne, créant la polémique pour leur manque de distanciation face à l'agression militaire russe. 

De nouveaux défilés de ce type sont prévus dimanche, notamment à Francfort et Hanovre.

Organisateur d'un convoi à Berlin dimanche dernier qui avait rassemblé 400 véhicules, Christian Freier, 40 ans, reçoit depuis quotidiennement des centaines de menaces de mort et des images difficilement soutenables de corps déchiquetés ou brûlés.

Le site internet de son garage automobile a été piraté et ses notations en ligne ont chuté: "ma vie est un enfer", se plaint ce Russo-allemand.

Peu de messages politiques ont été brandis dans le cortège qui a choqué la classe politique allemande, le jour même où les atrocités de Boutcha étaient mises au jour.

Une femme a cependant été arrêtée pour avoir affiché la lettre "Z", symbole de soutien à l'armée russe et désormais interdit à Berlin.

"Mon but était seulement de protester contre les agressions que subissent au quotidien les Russes en Allemagne", assure M. Freier, prétendant que sa manifestation n'avait aucun rapport avec le conflit dont il ne veut surtout pas parler.

Depuis le début de l'invasion russe en Ukraine, 383 délits anti-russes et 181 délits anti-ukrainiens ont été rapportés officiellement à la police allemande. 

L'Allemagne abrite 1,2 million de personnes originaires, elles ou leurs familles, de Russie et 325 000 d'Ukraine auxquels s'ajoute l'arrivée depuis un mois de plus de 316 000 réfugiés ukrainiens.

«Cortège de la honte»

"Chaque guerre est condamnable et aucune n'est justifiable", avance le co-organisateur du cortège berlinois, l'Allemand René Hermann, 50 ans. Il allègue ne "pas se positionner dans ce conflit".

Mais loin des journalistes, l'homme s'avère être un blogueur influent aux milliers d'abonnés sur le réseau social Tiktok. Jusqu'à la suspension récente de son compte, il y diffusait de nombreux messages typiques de la propagande pro-Kremlin. 

L'un d'eux prétendait que "des prisonniers racontent que Kiev a ordonné de mettre en scène un massacre pour manipuler la pensée occidentale".

"Les motifs de participation à ces manifestations sont très hétérogènes", analyse Jochen Töpfer, sociologue à l'Université Otto-von-Guericke de Magdebourg et spécialiste de la société russe.

"L'organisateur a parlé d'une manifestation contre la discrimination en Allemagne. A côté de cela, des fans de Poutine participent certainement, ou des personnes qui n'aiment pas Poutine mais ne veulent pas voir leur pays discrédité, malgré la guerre", explique-t-il à l'AFP.

Le défilé berlinois a suscité une vague d'indignation nationale: le quotidien Bild a parlé de "cortèges de la honte".

"Pour l'amour du ciel, comment avez-vous pu autoriser ce cortège de voitures de la honte en plein Berlin?", s'est offusqué en s'adressant à la maire de Berlin, Franziska Giffey, l'ambassadeur d'Ukraine en Allemagne Andrij Melnyk.

Elle lui a répondu "comprendre" sa colère mais indiqué qu'elle ne pouvait pas interdire une manifestation où étaient brandis "des drapeaux russes". 

Russes «occidentalisés»

Les autorités de sécurité "surveillent de près dans quelle mesure les citoyens russes, mais aussi ukrainiens, sont en danger en Allemagne", a déclaré la ministre allemande de l'Intérieur Nancy Faeser.

Ajoutant: "nous devons veiller très attentivement à ce que cette guerre ne soit pas importée dans notre société".

Une hypothèse dont doute le chercheur Tobias Rupprecht de l'Université libre de Berlin: "la plupart des Russes ici ont une image beaucoup plus critique du conflit, ils ont tendance à être beaucoup plus occidentaux que les Russes en Russie".

Toutefois, "plus la guerre dure, plus le risque est grand de voir un nombre plus élevé de délits commis dans ce contexte en Allemagne", redoute M. Töpfer.

Des organisations russes ont aussi condamné les défilés.

"Nous ne tolérerons pas que les quelques cas de discrimination soient utilisés comme couverture pour des événements propagandistes pro-Poutine", a prévenu la communauté d'intérêts des Allemands de Russie en Hesse (IDRH).


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.