L'Arabie saoudite soutient le mécanisme d'aide humanitaire pour le Liban

Le président libanais, Michel Aoun, reçoit ce mercredi l'ambassadeur d'Arabie saoudite à Beyrouth, Walid Boukhari, au palais de Baabda (Photo, SPA).
Le président libanais, Michel Aoun, reçoit ce mercredi l'ambassadeur d'Arabie saoudite à Beyrouth, Walid Boukhari, au palais de Baabda (Photo, SPA).
Short Url
Publié le Jeudi 14 avril 2022

L'Arabie saoudite soutient le mécanisme d'aide humanitaire pour le Liban

  • Le Royaume «tient à aider le peuple libanais» a assuré l'ambassadeur saoudien au président Aoun
  • Walid Boukhari et Michel Aoun ont évoqué le renforcement des relations bilatérales

BEYROUTH: L'Arabie saoudite a exprimé son soutien au peuple libanais et sa volonté de renforcer les relations entre les deux pays après le retour de son émissaire à Beyrouth.
Walid Boukhari, l'ambassadeur saoudien au Liban, a affirmé mercredi au président libanais, Michel Aoun, que «le Royaume tient à aider le peuple libanais dans des circonstances difficiles et à renforcer les relations entre les deux pays».
Selon le bureau des médias du président Libanais, les deux hommes ont discuté des relations bilatérales. Boukhari a également tenu à évoquer le «mécanisme du fonds conjoint franco-saoudien visant à fournir un soutien humanitaire et à assurer la stabilité et le développement au Liban».
L'Arabie saoudite, le Koweït et d'autres pays du Golfe ont rappelé leurs ambassadeurs du Liban en octobre, en signe de protestation contre les propos insultants de l'ancien ministre de l'Information George Qordahi concernant la guerre au Yémen.
Boukhari a rencontré Aoun pour la dernière fois en mars 2021. Cette réunion a eu lieu après une tentative infructueuse de former un gouvernement dirigé par l'ancien Premier ministre Saad Hariri et l'échange d'accusations de perturbation du processus entre Hariri et Aoun.
Depuis son retour à Beyrouth, Boukhari s’est entretenu avec des autorités religieuses, des anciens Premiers ministres, l’actuel Premier ministre Mikati, des anciens ministres de l'Intérieur et l’actuel ministre de l'Intérieur, ainsi que des diplomates étrangers et d'autres responsables politiques.
L'ambassadeur du Koweït Abdel-al Sulaiman al-Qenaei est également rentré à Beyrouth. Après avoir rencontré mercredi le Premier ministre, Najib Mikati, Al-Qenaei a souligné que «le rétablissement des relations diplomatiques et le retour des ambassadeurs est un signe du succès de l'initiative koweïtienne».
Il a ajouté que le Liban et les pays du Golfe avaient mutuellement décidé que leur longue histoire était au-dessus de tout et que «ce qui s'est passé appartient au passé et que le retour des ambassadeurs conduira à un rapprochement et une coopération supplémentaires qui profiteront aux pays frères».
Les développements du mercredi ont coïncidé avec le 47e anniversaire du début de la guerre civile au Liban. «La souffrance des Libanais se répète sous différentes formes» a tweeté Hariri pour l'occasion.
Les commissions parlementaires mixtes n'ont pour le moment pas été en mesure d'approuver mercredi un projet de loi sur le contrôle des capitaux libanais.
«Nous sommes en train d’apporter des modifications au projet actuel» a affirmé Ibrahim Kanaan, président de la commission des finances et du budget.
Les politiciens n'ont pas réussi à adopter la loi depuis 2019, lorsque le Liban a sombré dans une crise financière qui a paralysé son système bancaire et gelé les comptes en dollars américains des déposants.
Les contrôles formels des capitaux sont une recommandation politique du Fonds monétaire international, auprès duquel le Liban espère obtenir un programme d'aide.
Le législateur Bilal Abdallah a déclaré que le projet contenait «des défauts et nécessitait des amendements».
«Les exigences du FMI sont sévères… Comment ferons-nous face aux gens si la farine et les médicaments ne sont plus subventionnés? Quel est l’intérêt de briguer des sièges parlementaires dans un pays en faillite?» s'est-il interrogé auprès d'Arab News.
«Certaines personnes empêchent tout progrès vers le plan de relance du pays. Toutefois, certains oublient que le pays est en faillite et que nous ne devons pas arrêter les négociations avec le FMI», a-t-il poursuivi.
La pression monte sur l’accord préliminaire conclu la semaine dernière entre une équipe du FMI et les autorités libanaises dans le but de mettre en œuvre les exigences du fonds afin d’éviter un effondrement financier total.
La Depositors Outcry Association a protesté à Beyrouth contre le projet de loi sur le contrôle des capitaux. Son président, Alaa Khorchid, a refusé d'«accepter le vol de notre argent suivi de la promulgation d'une loi qui protège les voleurs.»
Autre développement, le rapport du Département d'État américain sur les droits de l'homme au Liban a averti quant à «de graves ingérences politiques dans le système judiciaire et les affaires judiciaires, et l'imposition de restrictions sévères à la liberté d'expression et des médias, notamment des violences, des menaces de violence, des arrestations, des poursuites injustifiées contre des journalistes, la censure et l'existence de lois criminalisant la diffamation, des restrictions sévères à la liberté d'internet et le retour forcé de réfugiés dans un pays où leur vie ou leur liberté sont menacées».
Le rapport a également évoqué «la présence d'une corruption officielle grave et généralisée de haut niveau». Il a ainsi soutenu que «les responsables gouvernementaux jouissent d'une certaine impunité pour les violations des droits de l'homme, notamment l'évasion fiscale ou l’abus de pouvoir dans les procédures judiciaires».
Le rapport a aussi mentionné «les centres de détention non officiels du parti terroriste Hezbollah et des milices palestiniennes».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Short Url
  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Short Url
  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Short Url
  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.