Que fait l'Allemagne? Olaf Scholz sommé d'aller plus loin pour aider l'Ukraine

Le chancelier allemand Olaf Scholz prend la parole lors d'une conférence de presse à la suite d'une vidéoconférence avec des chefs d'État sur l'Ukraine à la chancellerie de Berlin, le 19 avril 2022. (Photo, AFP)
Le chancelier allemand Olaf Scholz prend la parole lors d'une conférence de presse à la suite d'une vidéoconférence avec des chefs d'État sur l'Ukraine à la chancellerie de Berlin, le 19 avril 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 20 avril 2022

Que fait l'Allemagne? Olaf Scholz sommé d'aller plus loin pour aider l'Ukraine

Le chancelier allemand Olaf Scholz prend la parole lors d'une conférence de presse à la suite d'une vidéoconférence avec des chefs d'État sur l'Ukraine à la chancellerie de Berlin, le 19 avril 2022. (Photo, AFP)
  • Le chancelier Olaf Scholz subit un flot continu de critiques sur son soutien à Kiev jugé trop pusillanime au moment où l'offensive russe en Ukraine redouble d'intensité
  • Berlin est aussi critiqué par certains de ses partenaires de l'UE comme la Pologne ou les Etats baltes pour son manque apparent de soutien à Kiev, voire sa complaisance à l'égard de Moscou

BERLIN: Partenaires européens irrités, crise larvée au sein de son gouvernement: le chancelier Olaf Scholz subit un flot continu de critiques sur son soutien à Kiev jugé trop pusillanime au moment où l'offensive russe en Ukraine redouble d'intensité. 

« Que fait l'Allemagne?: la question n'est pas posée seulement ici en Allemagne, mais au niveau international », estime notamment le chef de l'opposition conservatrice Friedrich Merz, en référence aux livraisons d'armes lourdes à l'Ukraine demandées aussi instamment par les Verts et les Libéraux, membres du gouvernement d'Olaf Scholz. 

Jusqu'ici, le chancelier rejette ce qu'il appelle un « cavalier seul de l'Allemagne », martelant qu'une décision sur cette question doit être coordonnée avec les alliés. 

Pourtant, plusieurs pays de l'Otan ont déjà donné leur feu vert à de telles livraisons, comme les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la République tchèque ou les Pays-Bas. 

Au final « la position allemande équivaut à un cavalier seul », ironise le quotidien conservateur Die Welt. 

La popularité du chancelier en place depuis décembre, souvent critiqué pour sa propension à se taire pendant les crises ou à manquer de clarté, s'en ressent.  

Selon un sondage Civey pour Der Spiegel, les deux-tiers des personnes interrogées lui reprochent un manque de leadership. 

Quid de la nouvelle ère? 

Il y a sept semaines, Olaf Scholz avait proclamé une « nouvelle ère » pour la défense et la diplomatie allemandes, dans un discours au Bundestag qui avait fait voler en éclats nombre de tabous nationaux. 

Il avait alors annoncé l'envoi d'armes défensives en Ukraine, contrairement au mantra allemand excluant d'équiper militairement des pays en guerre. 

Mais le soufflé semble retombé. 

« Il est remarquable de voir à quelle vitesse la ‘nouvelle ère’ semble avoir perdu de sa validité », note le quotidien Süddeutsche Zeitung. 

Lors d'une conférence de presse très attendue mardi, alors que la Russie a lancé sa grande offensive sur l'est de l'Ukraine, Olaf Scholz a tenté de rectifier le tir. 

Il a promis d'aider financièrement les alliés est-européens livrant des armements de fabrication soviétique - utilisé aussi par l'armée ukrainienne - à les remplacer.  

Il a argué de stocks insuffisants de la Bundeswehr, l'armée allemande. Il a évoqué aussi l'établissement en cours avec des industriels de la défense allemands d'une liste de matériels pour Kiev. 

« Les armes dont nous avons besoin ne sont pas sur cette liste », a affirmé l'ambassadeur ukrainien à Berlin Andrij Melnyk à la chaîne publique ZDF, réitérant que son pays a besoin de chars de type Leopard ou Marder dont dispose l'Allemagne. 

Décider « le plus tard possible »  

Berlin est aussi critiqué par certains de ses partenaires de l'UE comme la Pologne ou les Etats baltes pour son manque apparent de soutien à Kiev, voire sa complaisance à l'égard de Moscou. 

L'Allemagne a longtemps pratiqué la politique de la main tendue envers la Russie suivant l'idée que le commerce induirait une démocratisation progressive du pays. 

Cette ligne a également guidé les 16 années de règne d'Angela Merkel, qui a notamment défendu le projet gazoduc Nordstream 2 devant doubler l'approvisionnement de gaz russe vers l'Europe, suspendu sans avoir été mis en service après l'invasion de l'Ukraine. 

Le chancelier est également influencé par une frange de son parti social-démocrate (SPD) qui craint une trop grande implication de l'Allemagne dans le conflit pouvant déboucher à une extension de la guerre en Europe, soulignent les observateurs. 

Le SPD donne l'impression « qu'il n'a pas tiré un trait sur sa politique des dernières années vis-à-vis de la Russie », souligne le quotidien des Affaires Handelsblatt. 

Au-delà, une part de la population allemande, traditionnellement très pacifiste depuis les horreurs du IIIe Reich, résiste aussi à une militarisation du pays.  

« Le chancelier n'est jamais le premier, il est même souvent le dernier » sur les décisions à prendre depuis le début de la guerre, souligne le magazine Der Spiegel, rappelant ses hésitations, il y a quelques semaines, à exclure la Russie du système de paiements bancaires SWIFT ou encore son refus actuel de couper les livraisons de gaz russe dont dépend l'Allemagne. 

En digne héritier d'Angela Merkel, Olaf Scholz propose toujours « la concession la plus mince le plus tard possible », souligne sur twitter Catherine de Vries, professeur néerlandaise en sciences politiques à l'Université Bocconi, qui y voit une politique préjudiciable pour l'Europe. 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.