Le secteur touristique mondial subit les conséquences de la guerre en Ukraine

Les touristes russes ont été bloqués à l’étranger après l’imposition des sanctions (Photo, Getty Images).
Les touristes russes ont été bloqués à l’étranger après l’imposition des sanctions (Photo, Getty Images).
Une touriste ukrainienne pose pour une photo près de la mosquée Hagia Sophia à Sultanahmet à Istanbul, en Turquie, le 9 mai 2021 (Photo, AFP).
Une touriste ukrainienne pose pour une photo près de la mosquée Hagia Sophia à Sultanahmet à Istanbul, en Turquie, le 9 mai 2021 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 21 avril 2022

Le secteur touristique mondial subit les conséquences de la guerre en Ukraine

  • La chute soudaine du nombre de Russes et d’Ukrainiens qui se rendent à l’étranger depuis le 24 février a nui à la reprise du secteur
  • La flambée des prix des carburants a causé un accroissement de la pression sur les destinations touristiques en difficulté

DUBAÏ: À partir de son bureau situé au centre de Moscou, Vladimir Inyakin, fondateur de l’agence de voyage locale All World, aide les personnes qui tentent de se procurer des billets pour quitter la Russie.
Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, le 24 février, qui a incité les pays occidentaux à interdire l’accès des avions de ligne russes à leur espace aérien, le modèle économique du secteur des voyages russe s’est rapidement transformé.
Alors qu’auparavant, M. Inyakin aidait ses clients à réserver des escapades de luxe aux quatre coins du monde, il les aide aujourd’hui à se rendre dans n’importe quel pays offrant un répit face à l’atmosphère de crise, de conflit et d’isolement international qui prévaut actuellement.
M. Inyakin, qui a créé son agence de voyage en 2008, raconte à Arab News qu’«au début, les Russes avaient peur, paniquaient, pleuraient et étaient prêts à payer une fortune pour quitter le pays». Mais aujourd’hui, près de deux mois après le début de la guerre en Ukraine, certains Russes envisagent de nouveau de voyager et M. Inyakin est là pour organiser leurs itinéraires.
Certes, les sanctions occidentales ont considérablement réduit la liste des pays où les Russes peuvent se rendre sans trop de tracas. Les Bermudes, qui ont suspendu la certification des avions russes qui y sont enregistrés, constituent un extrême. À l’autre extrême, on trouve des pays qui ont longtemps bénéficié du tourisme russe et qui restent ouverts aux visiteurs en provenance de Russie.
«De nombreux pays ont peur de perdre leurs clients russes», explique M. Inyakin. «Nous ne pouvons plus desservir que quinze pays, principalement des pays de l’ex-URSS, ainsi que l’Iran, Israël, la Turquie, le Vietnam, Zanzibar, le Qatar, les Émirats arabes unis (EAU) et la Thaïlande avec certaines compagnies aériennes russes.»
«Ils voyagent là où ils peuvent avec un billet aller simple et de l’argent liquide, comme en Ouzbékistan, en Géorgie, en Arménie et aux EAU», précise M. Inyakin. «Si vous vous rendez à l’étranger, vous devez prendre de l’argent liquide avec vous. Ceux qui peuvent se le permettre vont à Dubaï.»
Lorsque la valeur du rouble russe s’est effondrée au début de la guerre, les épargnants russes se sont précipités pour convertir leur argent dans d’autres monnaies plus stables ou pour le placer dans des comptes et des investissements sûrs à l’étranger.
Cependant, dans un surprenant retournement de situation, le rouble a progressivement rebondi, sa valeur ayant doublé par rapport à celle du 7 mars. Le 8 avril, le dollar a dépassé le seuil des 72 roubles, mais il a depuis perdu une partie de ses gains.
Selon un article de Reuters, l’affaiblissement du rouble s’explique par la possibilité que la Russie assouplisse davantage ses mesures de contrôle temporaires, en réduisant les exigences relatives aux ventes obligatoires de recettes en devises par les entreprises exportatrices.
Les prix du kérosène ont augmenté de façon spectaculaire depuis que les sanctions occidentales ont été imposées à l’économie russe basée sur les hydrocarbures, ce qui a entraîné une hausse générale des prix des billets d’avion. Les billets aller-retour sans escale de Moscou à Dubaï coûtent 609 dollars (1 dollar = 0,93 euro) sur Flydubai, 1359 dollars sur Emirates et 810 dollars sur Turkish Airlines, soit plusieurs centaines de dollars de plus qu’avant le 24 février.
Avant la guerre, indique M. Inyakin, «On pouvait faire un vol aller-retour de Moscou à Dubaï avec Aeroflot pour 300-350 dollars». Aeroflot n’a pas encore repris ses activités.
«Il y a actuellement une inflation et le taux de change dollar-rouble russe est extrêmement élevé», explique à Arab News un citoyen russe vivant dans le Golfe, sous couvert d’anonymat.
Lorsque le service de messagerie Swift, qui relie plus de 11 000 institutions financières dans le monde, a suspendu les services de sept banques russes à la fin du mois de février en raison de la guerre, le système financier du pays a été paralysé et sa capacité à faire du commerce à l’échelle mondiale a été réduite.
Concrètement, cette suspension a rendu presque impossible pour les Russes d’utiliser leurs cartes de crédit et leurs comptes bancaires à l’étranger.
«Aujourd’hui, le principal défi pour les Russes qui souhaitent voyager est que si vous êtes un citoyen russe vivant en Russie, vous ne pouvez pas facilement réserver des billets d’avion ou des hôtels puisque Visa et Mastercard ne sont plus valables en Russie», déplore le résident du Golfe. «Très peu de pays acceptent Mir, le système de paiement national russe.»

Les Russes jouent un rôle essentiel dans la reprise du secteur touristique (Photo, AFP).


La baisse du nombre de Russes qui voyagent à l’étranger a déjà un impact négatif sur au moins cinq pôles touristiques autrefois populaires auprès des Russes et Ukrainiens: la Thaïlande, le Vietnam, la Turquie, l’Égypte et Chypre.
Les secteurs des loisirs et de l’hôtellerie de ces pays ne peuvent guère se permettre de telles perturbations, surtout après les fermetures et les interdictions de voyager imposées pendant la pandémie de Covid-19 qui a décimé le tourisme mondial en 2020 et 2021.
Les sanctions et les boycotts imposés en réponse à la guerre nuisent également au secteur touristique russe. Les voyagistes russes qui misent sur la reprise post-pandémie seront cruellement déçus.

Pour des millions d’hommes encore en Ukraine, le voyage n’est tout simplement pas envisageable (Photo, AFP).


Avant la guerre, les Ukrainiens étaient eux aussi de grands voyageurs. Mais aujourd’hui, étant donné que des millions d’entre eux ont été déplacés à cause des combats, leurs dépenses, comme celles des Russes, ont disparu du marché touristique international.
«Nous, Ukrainiens, aimons généralement voyager», affirme Mariia, une Ukrainienne originaire d’Odessa qui vit désormais à Dubaï. «En ce moment, nous ne pensons même pas au tourisme.»
Pour des millions d’hommes encore en Ukraine, le voyage n’est tout simplement pas envisageable. Ceux âgés de 18 à 60 ans, comme le père et le frère de Mariia, ont l’âge de la conscription. «Ils peuvent être appelés à accomplir leur service militaire à tout moment», dit-elle.
Avec ses villes historiques, sa campagne verdoyante et son littoral pittoresque, l’Ukraine était une destination touristique populaire à part entière. Aujourd’hui, son espace aérien est fermé aux avions de ligne, tandis que ses villes et ses infrastructures sont en ruines.
«Je n’ai jamais pensé dans ma vie que j’entendrais les sirènes d’alerte aérienne par appel vidéo dans ma ville», lance Mariia. «Je ne savais même pas que nous en avions. C’était tellement bouleversant.»
La Turquie est peut-être le pays qui ressentira le plus la diminution du nombre de visiteurs russes et ukrainiens. Les hôtels de luxe, les marinas et les plages chatoyantes de Bodrum et d’Antalya ont longtemps été le terrain de jeu des touristes d’Europe de l’Est.
Avant la pandémie, le tourisme représentait 10% du produit intérieur brut (PIB) de la Turquie. En 2021, après la levée des restrictions de voyage liées à la Covid-19, environ 4,7 millions de Russes et 2,1 millions d’Ukrainiens ont visité le pays, soit un quart de ses 24,7 millions de touristes cette année-là.
L’Association des agences de voyages en Turquie s’attendait à ce que 7 millions de Russes et 2,5 millions d’Ukrainiens visitent le pays cette année et que le secteur enregistre des recettes de 35 milliards de dollars.

Une touriste ukrainienne pose pour une photo près de la mosquée Hagia Sophia à Sultanahmet à Istanbul, en Turquie, le 9 mai 2021 (Photo, AFP).


Bien que la Turquie n’ait pas sanctionné la Russie ni fermé son espace aérien aux compagnies aériennes russes, l’invasion de l’Ukraine a anéanti les espoirs d’une reprise post-pandémie.
Le Vietnam a également revu à la baisse ses estimations pour l’année à venir. La province de Khanh Hoa et l’île de Phu Quoc ont toujours été populaires auprès des touristes russes, tout comme la ville de Phan Thiet, affectueusement appelée «Petit Moscou».
Selon une enquête réalisée par l’Administration nationale du tourisme du Vietnam en 2019, les Russes dépensaient en moyenne 1600 dollars par séjour, contre environ 900 dollars pour le touriste moyen.
Plusieurs agences de voyage vietnamiennes proposant uniquement leurs services aux visiteurs russes ont vu le jour au fil des ans. Toutefois, le 23 mars de cette année, en réponse à la guerre, Vietnam Airlines a annoncé qu’elle suspendait ses vols à destination et en provenance de la Russie.
Les mêmes scénarios se déroulent en Thaïlande. Le 25 mars, le South China Morning Post a rapporté que plus de 7000 touristes russes étaient bloqués dans les destinations de vacances autrefois populaires du pays.

Une photo prise le 29 septembre 2021 montre des touristes russes dans la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh, au bord de la mer Rouge (Photo, AFP).


Si l’on regarde le bon côté des choses, de nombreux Russes en détresse ont pu être rapatriés ces dernières semaines. L’agence de presse nationale TASS, citant l’Agence fédérale du tourisme de Russie, a précisé que plus de 85 000 touristes russes avaient été rapatriés en mars. L’article mentionne aussi que l’Égypte a accueilli le plus grand nombre de touristes à forfait, soit environ 4000.
Le processus de rapatriement a néanmoins été compliqué en raison des nouvelles sanctions occidentales visant les avions qui devraient être utilisés pour les vols spéciaux entre l’Égypte et la Russie. Les voyagistes doivent choisir des itinéraires différents pour faire passer les touristes russes bloqués par des pays tiers tels que les EAU, la Turquie, les Maldives et la Thaïlande.
«La guerre en Ukraine pose de nouveaux défis à l’environnement économique mondial et risque de freiner le rétablissement de la confiance dans les voyages internationaux», souligne l’Organisation mondiale du tourisme de l’ONU dans un communiqué le 31 mars.
«La fermeture des espaces aériens ukrainien et russe, ainsi que l’interdiction des compagnies aériennes russes par de nombreux pays européens, affectent les voyages intra-européens. Elle provoque également des détours dans les vols long-courriers entre l’Europe et l’Asie de l’Est, ce qui se traduit par des vols plus longs et des prix plus élevés.»
«La Russie et l’Ukraine représentaient ensemble 3% des dépenses mondiales en tourisme international en 2020 et au moins 14 milliards de dollars de recettes touristiques mondiales pourraient être perdus si le conflit se prolonge.»
En Italie, où les touristes commencent tout juste à revenir après deux ans de restrictions liées à la pandémie, l’absence de touristes ukrainiens et russes est palpable. Le pays a rejoint les autres membres de l’UE en imposant des sanctions à la Russie et a cessé de traiter avec les banques russes.
Selon un article publié dans le quotidien britannique The Guardian, si la Russie ne figure pas parmi les vingt premiers pays en termes de nombre de touristes en Italie, elle occupe la neuvième place en termes de temps passé dans le pays et la deuxième place en termes d’impact économique global, derrière l’Allemagne.
«Habituellement, le touriste russe moyen séjournait en Italie pendant cinq jours ou plus, contre deux ou trois pour la plupart des autres pays, et il dépensait environ 65% d’argent de plus que le touriste moyen par jour», explique M. Costabile. «Je vous assure que l’absence de visiteurs russes dans le secteur se fera sentir.»
Dubaï est un pays où les Russes sont toujours les bienvenus. Longtemps une destination touristique populaire pour les Russes et les Ukrainiens, la capitale commerciale des EAU est toujours aussi chaleureuse et accueillante pour ceux peuvent se permettre de la visiter.

Dubaï a toujours été une destination populaire pour les Russes et les Ukrainiens (Photo, Shutterstock).


«En raison de cette période difficile pour la Russie, aujourd’hui frappée par des sanctions, de plus en plus de Russes cherchent à s’installer à Dubaï», déclare à Arab News Anastasia, une consultante en art russe arrivée à Dubaï il y a deux mois.
D’autres, cependant, s’inquiètent de l’avenir, ne sachant pas où aller, s’il faut rester, ou comment subvenir à leurs besoins à court terme.
«Tout est encore tellement flou», dit à Arab News un expatrié russe qui vit dans le Golfe, sous couvert d’anonymat. «Personne ne sait combien de temps cette guerre va durer et combien de personnes seront touchées. On ne sait pas calculer les risques.»
L’ambassade d’Ukraine aux EAU a récemment annoncé que les touristes ukrainiens arrivés dans le pays du Golfe avant la guerre pouvaient demander un visa de résidence d’un an.
Quant aux plus de 1000 Ukrainiens qui se sont retrouvés bloqués à Dubaï lorsque l’invasion a commencé en février, les organisations humanitaires sont intervenues pour les héberger ou leur réserver des billets pour la Pologne, où sont réfugiés des millions d’Ukrainiens déplacés par la guerre.
«Ils ne pensent plus à voyager maintenant», confie un Ukrainien vivant à Dubaï à Arab News sous couvert d’anonymat, décrivant la situation de sa propre famille.
«Il n’y a pas de vols à destination ou en provenance de l’Ukraine. Les personnes qui ont réussi à fuir très tôt sont en grande partie celles qui pouvaient se le permettre et qui ont alors opté pour des pays comme Dubaï.»
Alors que les négociateurs russes et ukrainiens ne parviennent toujours pas à conclure un accord de paix et que les combats se déroulent désormais dans l’est contesté du pays, rien ne laisse présager un retour à la normale dans un avenir proche.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.