Déconfinement à Shanghai? Deux pas en avant, un pas en arrière

Vue des unités résidentielles lors d'un verrouillage du coronavirus Covid-19 dans le district de Jing'an à Shanghai le 21 avril 2022. (Hector Retamal/AFP)
Vue des unités résidentielles lors d'un verrouillage du coronavirus Covid-19 dans le district de Jing'an à Shanghai le 21 avril 2022. (Hector Retamal/AFP)
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Publié le Vendredi 22 avril 2022

Déconfinement à Shanghai? Deux pas en avant, un pas en arrière

  • Avec le nombre de nouveaux cas quotidiens qui diminue, la mairie commence à autoriser certains résidents à sortir de chez eux et les usines à reprendre leur activité
  • Dans la pratique, un enchevêtrement de restrictions continue de limiter les déplacements et de nombreuses zones de la ville risquent de revenir à un confinement strict

SHANGHAI, Chine : C'était une première en 20 jours: Mme Rui a pu s'aventurer cette semaine hors de son complexe résidentiel dans Shanghai confinée. Mais l'ambiance dans la ville est méconnaissable et la liberté souvent de courte durée.

La capitale économique chinoise affronte la pire flambée de Covid enregistrée dans le pays depuis le début de la pandémie. Plus de 17.000 nouveaux cas positifs au coronavirus y ont encore été annoncés vendredi - un chiffre toutefois en reflux.

Placés sous confinement total depuis début avril, les 25 millions d'habitants de Shanghai peuvent, de façon épisodique et seulement pour certains d'entre eux, sortir quelques heures afin de goûter à un petit vent de liberté.

Mais la courte balade de Mme Rui dans les rues de la ville avait un côté surréaliste, entre rues désertes, vitrines de magasin parfois barricadées et même un salon de coiffure installé... dans une piscine vide.

Près de chez elle, quelques supérettes ont rouvert, mais bloquent leurs entrées avec des piles de paniers à provisions, obligeant les clients à «crier leur commande depuis le trottoir», explique cette chargée de communication dans une société de vente en ligne.

«La période qui vient de passer était vraiment difficile pour tout le monde», souligne-t-elle à propos des trois semaines écoulées.

Car en plus du confinement, les habitants de Shanghai, s'ils sont testés positifs, sont envoyés dans des centres de quarantaine au confort aléatoire, qui hébergent chacun des centaines voire des milliers de personnes dans la promiscuité.

- Avenues vides -

Mais avec le nombre de nouveaux cas quotidiens qui diminue, la mairie commence à autoriser certains résidents à sortir de chez eux et les usines à reprendre leur activité.

Les autorités municipales ont ainsi publié une liste des zones où les confinements ont été assouplis.

Ces deux dernières semaines, 12 millions de personnes ont ainsi été informées qu'elles pouvaient désormais descendre les escaliers de leur immeuble, voire sortir dans la rue - en fonction du niveau de risque de leur quartier par rapport au Covid-19.

Mais l'enthousiasme suscité par cette liberté retrouvée a vite été tempéré.

Car dans la pratique, un enchevêtrement de restrictions continue de limiter les déplacements et de nombreuses zones de la ville risquent de revenir à un confinement strict.

Des vidéos publiées par des Shanghaïens ayant pu sortir de chez eux ces derniers jours montrent des avenues bordées d'arbres pratiquement désertes. Des paysages de quiétude perturbés occasionnellement par un livreur à scooter ou un agent en combinaison intégrale de protection.

«Je ne peux pas quitter mon quartier, mais c'est déjà pas mal», écrit un utilisateur du réseau social Xiaohongshu.

- «Dystopique» -

D'autres se sont filmés en train de danser dans des rues commerçantes d'ordinaire noires de monde.

Un Américain qui habite dans le district de Jing'an, au coeur de Shanghai, qualifie de «dystopique» sa balade solitaire la semaine dernière dans les rues de la ville.

Alors que le printemps reprend ses droits, les fleurs ont éclos et «tout a l'air très propre et immaculé», déclare-t-il.

Des policiers placés aux intersections vérifiaient toutefois que les gens dehors venaient bien d'un quartier à faible risque.

Un dispositif qui n'était pas du goût de Dan, lequel estime avoir été traité «comme un délinquant, même avec l'autorisation d'être dehors».

Sa liberté fut de courte durée: son district interdit toutes les sorties depuis jeudi. La situation dans d'autres quartiers est variable.

Dans certains secteurs, malgré l'assurance de la mairie qu'ils sont libres de se déplacer, les habitants restent limités à une seule balade quotidienne.

D'autres sont toujours confinés dans leur appartement alors qu'ils habitent dans des zones à faible risque.

Pour Dan, ce manque de clarté est «vraiment exaspérant».

Les autorités «publient ces listes (des zones où les confinements sont assouplis) pour pouvoir dire que les choses s'améliorent. Mais tout en restreignant et en contredisant la politique qu'elles mettent elles-mêmes en place», peste-t-il.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.