La mosquée de Francfort propose son aide aux réfugiés ukrainiens pendant le ramadan

L’administrateur de la mosquée, Mohammed Seddadi, un Germano-Marocain de 51 ans, a été témoin des nombreuses crises auxquelles ont été confrontées les mosquées du pays. (Photo fournie)
L’administrateur de la mosquée, Mohammed Seddadi, un Germano-Marocain de 51 ans, a été témoin des nombreuses crises auxquelles ont été confrontées les mosquées du pays. (Photo fournie)
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Publié le Lundi 25 avril 2022

La mosquée de Francfort propose son aide aux réfugiés ukrainiens pendant le ramadan

L’administrateur de la mosquée, Mohammed Seddadi, un Germano-Marocain de 51 ans, a été témoin des nombreuses crises auxquelles ont été confrontées les mosquées du pays. (Photo fournie)
  • La mosquée Abou Bakr agit en étroite coordination avec la direction des camps de réfugiés
  • «Le concept de l’iftar et de la charité est que toute personne démunie reçoive quelque chose à manger», explique l’administrateur de la mosquée à Arab News

FRANCFORT: Depuis le début de la guerre en Ukraine, des millions de personnes ont fui le pays, dont beaucoup sont originaires du Moyen-Orient. Une mosquée dans la ville allemande de Francfort fait tout son possible pour leur permettre de passer un bon ramadan. 

La mosquée Abou Bakr, située dans le quartier de Hausen, est l’une des 50 mosquées de Francfort. Depuis sa construction et son inauguration en 2007, elle a connu plusieurs crises. Mohammed Seddadi, un Germano-Marocain de 51 ans, qui est l’administrateur de la mosquée, se souvient de tous ces événements. Il a fait face à sa première crise après les attentats du 11-septembre. 

M. Seddadi et ses collègues avaient reçu le permis pour construire la mosquée un an plus tôt. Après les attentats, ils hésitaient à la construire en raison de la montée de l’islamophobie. «Ensuite, les politiciens locaux, dont le maire, nous ont rendu visite et nous ont dit qu’il était nécessaire de la construire maintenant plus que jamais», raconte-t-il à Arab News. «Ils nous ont réconfortés.» 

M. Seddadi est arrivé à Francfort en 1990, lorsqu’il était étudiant. En 1992, il a rejoint un groupe d’étudiants musulmans qui se retrouvaient régulièrement pour discuter et prier. Il avait essayé de rejoindre plusieurs autres groupes de ce genre auparavant, mais il n’avait trouvé aucun d’entre eux intéressant. «Celui-ci n’avait pas de limites nationales. Je me suis donc senti chez moi», confie-t-il. «La foi ne devrait pas avoir de limite nationale du tout.» 

Ce n’est pas seulement la foi mais aussi la loyauté envers l’Allemagne que M. Seddadi considère comme une nécessité. «J’aime ce pays et sa liberté. C’est ma maison», précise-t-il. Il a fallu attendre longtemps avant que les fondations de la mosquée ne soient posées. En 1996, le groupe a acheté une propriété à Hausen où les fidèles priaient dans le bâtiment d’un ancien garage. 

«Nous avions deux objectifs principaux à l’époque: recueillir des dons pour construire une mosquée, et apprendre à connaître le quartier», indique M. Seddadi. Les voisins de toutes confessions étaient régulièrement invités à se joindre aux repas lors des festivités islamiques. «Il est important pour nous d’être de bons voisins.» 

La mosquée, qui comprend deux étages et peut accueillir plus de 1 000 personnes pour la prière, a été achevée et inaugurée en 2007. Deux imams, originaires d’Égypte et du Maroc, dirigent les prières et prononcent des sermons. M. Seddadi espère pouvoir trouver un troisième imam. «J’aimerais avoir un imam allemand qui soit né, ait grandi et ait été éduqué ici», lance-t-il. Au sous-sol, un restaurant sert des plats du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. «C’est ouvert à tout le monde.» 

Lorsque la pandémie de Covid-19 a frappé en 2020, la mosquée a été confrontée à une autre crise juste avant le ramadan, ses salles de prière ne pouvant pas accueillir tous les fidèles. En raison des inquiétudes des membres de la communauté et du besoin croissant de conseils spirituels, M. Seddadi et les deux imams recevaient environ 30 appels téléphoniques par jour. 

Le restaurant est resté fermé, mais M. Seddadi et ses collègues ont commencé une nouvelle initiative: «Nous avons livré les menus ou proposions des repas d’iftar», explique-t-il. La crise la plus récente est la guerre en Ukraine. Pour M. Seddadi et ses collègues, cela a été une surprise. «Nous n’aurions jamais pensé que cela pouvait devenir aussi grave», dit-il. «Avec une guerre aussi proche, on a besoin de nous.» 

Les membres de neuf mosquées de Francfort ont tenu une réunion spéciale. Les participants ont pris plusieurs décisions pour venir en aide à ceux qui en ont besoin. Depuis le début de la guerre, plus de 5 millions de réfugiés ont quitté l’Ukraine. Parmi eux, plus de 360 000 se sont rendus en Allemagne. 

Nombre d’entre eux sont originaires du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, l’Ukraine comptant une communauté de dizaines de milliers de personnes de cette région. M. Seddadi s’efforce de leur fournir tout le nécessaire pour qu’ils puissent passer un ramadan plus heureux. Comme chaque année, le personnel de cuisine de la mosquée prépare et confectionne des repas pour les personnes dans le besoin. 

Les repas sont directement livrés aux camps de réfugiés en ville, mais peuvent aussi être récupérés par les réfugiés devant la mosquée. Pour ce faire, M. Seddadi et ses collègues coordonnent étroitement avec la direction des camps. Pour atteindre ces objectifs, le personnel de cuisine doit préparer 150 repas par jour, un nombre qui les épuise. «C’est difficile», affirme M. Seddadi, «mais nous ne pouvons pas rejeter la demande de quiconque est dans le besoin». Des bénévoles du quartier, y compris des non-musulmans, apportent aussi leur aide. 

L’ouverture de la mosquée, très chère à M. Seddadi, est une évidence pendant le ramadan, puisque le personnel livre également des menus aux non-musulmans d’Ukraine. «Le concept de l’iftar et de la charité est que toute personne démunie puisse recevoir quelque chose à manger», explique M. Seddadi. Alors que la guerre en Ukraine s’éternise, il n’a qu’un seul souhait : «Qu’elle s'arrête le plus vite possible. Les images que je vois et les histoires que j’entends sont tout simplement insupportables.» 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.