«Situation compliquée» : sur le front est, le moral des troupes ukrainiennes se dégrade

Plusieurs localités comme Izioum et Kreminna sont tombées ces deux dernières semaines et l'armée russe continue de grignoter, poche par poche, tandis que pour les Ukrainiens il s'agit depuis plusieurs jours de contenir. (AFP)
Plusieurs localités comme Izioum et Kreminna sont tombées ces deux dernières semaines et l'armée russe continue de grignoter, poche par poche, tandis que pour les Ukrainiens il s'agit depuis plusieurs jours de contenir. (AFP)
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Publié le Mardi 26 avril 2022

«Situation compliquée» : sur le front est, le moral des troupes ukrainiennes se dégrade

  • «Pour la guerre psychologique», l'armée russe choisit la nuit pour tirer avec ses plus gros calibres, affirme la porte-parole de la 93e brigade
  • Après deux mois sur ce front brûlant de la guerre, sous les tirs russes, et deux semaines à tenter de contenir l'assaut ordonné par le Kremlin, ça ne va pas si bien que cela

BARVINKOVE: Le premier obus russe, tiré de la colline, tombe sur un champ. "Maintenant ils corrigent, ça va prendre quelques minutes et ensuite ça va tomber partout sur nous et sur la ville", avertit dans une grimace Iegor, un soldat de 34 ans.


Dans ce chaos de la bataille pour Barvinkove, sur le front est de l'Ukraine, apparaît en jean et gilet pare-balles Sviatoslav Vakartchouk, le chanteur le plus connu d'Ukraine, du groupe de rock "Okean Elzy". Un soldat se précipite sur lui pour un selfie.


"On est venu remonter le moral des troupes, voir les gars, je vais leur chanter un petit truc", dit à l'AFP la rockstar de 46 ans, venue avec sa guitare. 


"Leur moral est super", dit-il, à fond dans son rôle. "Enfin, ils ne sont pas heureux d'être là", rectifie-t-il. "Mais ils sont très déterminés et décidés pour la victoire. C'est aussi pour ça qu'on vient, pour qu'ils comprennent que ça va aller".


Mais après deux mois sur ce front brûlant de la guerre, sous les tirs russes, et deux semaines à tenter de contenir l'assaut ordonné par le Kremlin sur cette région où se concentre désormais son offensive, ça ne va pas si bien que cela. 


"Sur le plan du moral, la situation est compliquée. Ce n'est pas rose du tout", confirme à l'AFP Iryna Rybakova, l'officière de presse de la 93e brigade.


"Bien sûr, nous étions préparés à cette guerre, surtout pour l'armée de métier, mais pour les mobilisés, c'est plus compliqué", explique la militaire, tandis qu'après un barrage "sortant", la réplique russe s'annonce dans un grondement sourd. 

Pommes de terre 
A l'entrée de Barvinkove, à environ 5 km des lignes russes, six de ces mobilisés qui tiennent en autonomie un point de contrôle sont prêts à se jeter à tout moment dans leur tranchée, qu'ils creusent chaque jour à la pelle. 


"Sinon, on est morts", résume en mimant le "couic" à la gorge, Vassyl, 51 ans, engagé avec son fils Denys, 22 ans. 


Sur un réchaud à bois fume une marmite militaire en ferraille, où flottent quelques carottes non pelées, des pommes de terre et des oignons.


L'approvisionnement, avec le soutien de la population locale, disent-ils, a bien suivi, "sauf en cigarettes". Et, officiellement, on ne boit pas une goutte d'alcool au front.


La casemate est aussi enterrée sous un embossage, les six soldats y dorment serrés sur des palettes entre deux tours de garde. Car sur le front du Donbass, la nuit est encore pire que le jour.


"Pour la guerre psychologique", l'armée russe choisit ce moment-là pour tirer avec ses plus gros calibres, affirme la porte-parole de la 93e brigade en faisant la guide sur le bord d'une route.


Planté dans un champ, un cylindre à ailerons haut de trois mètres : le propulseur d'un Totchka, un immense missile balistique de courte portée de fabrication soviétique.


La charge a explosé dans la nuit de vendredi à samedi près d'une école désaffectée servant de base aux soldats, laissant un cratère de 15 m de diamètre.

«Rien dire»
Moscou a annoncé vendredi vouloir établir un contrôle total sur le Donbass et le sud de l'Ukraine pour "assurer un couloir terrestre vers la Crimée", déjà annexée par la Russie en mars 2014. 


Plusieurs localités comme Izioum et Kreminna sont tombées ces deux dernières semaines et l'armée russe continue de grignoter, poche par poche, tandis que pour les Ukrainiens il s'agit depuis plusieurs jours de contenir.


"On a une ligne de front très morcelée, qui ne suit pas une rivière, une route ou une autoroute. Maintenant c'est un village à nous, un à eux, un à nous, comme sur un échiquier", résume l'officière de la 93e brigade.


L'intégralité des axes de la région, est déjà modelée pour freiner une arrivée probable de l'ennemi.


Tout y est passé : des bouts de rails, aux mottes d'arbres, des tranchées défensives sur des kilomètres, des ponts explosés et des petits carrés de béton découpés sur les routes, prêts à y accueillir des mines qui exploseront au passage des blindés russes. 


Dans cette bataille pour le Donbass, les pertes sont déjà élevées, reconnaissent à les soldats rencontrés par l'AFP, tandis que l'administration militaire locale se refuse à donner un chiffre.


Interrogé sur la question, un soldat se noie dans un flot d'insultes contre l'ennemi, puis de larmes qu'il ne retient plus. Sa brigade, la 25e, a été "très durement touchée" ces trois dernières semaines, dit-il. 


"J'ai perdu un très bon camarade, sa femme doit accoucher dans quelque jours, on a préféré ne rien dire".


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.