L'augmentation du nombre de véhicules électriques dans le CCG, un bon signe pour un avenir écologique

Les consommateurs de la région du CCG sont attirés par les véhicules électriques pour leur ingénierie avancée, mais des obstacles subsistent, préviennent les experts. (Photo: municipalité de Médine)
Les consommateurs de la région du CCG sont attirés par les véhicules électriques pour leur ingénierie avancée, mais des obstacles subsistent, préviennent les experts. (Photo: municipalité de Médine)
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Publié le Mercredi 27 avril 2022

L'augmentation du nombre de véhicules électriques dans le CCG, un bon signe pour un avenir écologique

  • Les consommateurs régionaux sont attirés par les véhicules électriques pour leur ingénierie avancée et leurs faibles émissions de carbone
  • La montée en flèche de la popularité des véhicules électriques rapproche les tendances du CCG de celles qui règnent sur les marchés occidentaux

DUBAÏ: Parmi les nombreuses industries qui sont confrontées à des pressions pour qu’elles apportent des changements fondamentaux à leurs processus de production figure le secteur automobile, l'un des principaux émetteurs de gaz à effet de serre responsable du réchauffement climatique.

Selon l'Agence américaine pour la protection de l'environnement, un véhicule de tourisme type émet environ 4,6 tonnes métriques de dioxyde de carbone par an.

Cela suppose que le véhicule à essence moyen qui est en circulation aujourd'hui consomme environ 35,5 kilomètres par gallon (4,5 litres) et parcourt 18 507 kilomètres par an. Chaque gallon d'essence brûlé ajoute quelque 8 887 grammes de dioxyde de carbone à l'atmosphère.

De tels chiffres amènent même à se demander s'il est possible pour les géants de l'industrie automobile de réduire de manière considérable leur empreinte carbone afin de respecter leurs critères environnementaux, sociaux et de gouvernance.

Heureusement, un regain de popularité des véhicules électriques (VE) dans les pays relativement riches du Conseil de coopération du Golfe (CCG) rapproche la région des tendances qui caractérisent les marchés occidentaux.

En pleine croissance au cours de la dernière décennie, le marché mondial des VE était évalué à 370,86 milliards de dollars (1 dollar = 0,93 euro) en 2021 et devrait atteindre plus de 1 200 milliards de dollars d'ici à 2027.

En outre, les ventes mondiales de véhicules électriques ont plus que doublé pour atteindre 6,6 millions de dollars en 2021, selon l'Agence internationale de l'énergie, la mobilité verte représentant 9% de la part de marché de l'industrie automobile mondiale. C'est plus du double de la part qu'elle détenait en 2020 et le triple de ce qu'elle avait en 2019.

Au Moyen-Orient, l'intérêt pour les alternatives écologiques au véhicule à moteur à combustion interne s'accroît lentement, alors que les constructeurs automobiles font la course pour mettre sur le marché davantage de modèles de véhicules électriques chaque année.

L'Arabie saoudite vise à ce qu'au moins 30% de ses voitures soient électriques d'ici à 2030, conformément à son engagement qui consiste à atteindre des émissions nettes de carbone nulles d'ici à 2060. L'année dernière, le fabricant de VE Lucid a annoncé un plan à long terme qui vise à construire la première usine de fabrication internationale en Arabie saoudite, avec pour objectif de produire 150 000 véhicules par an dans la Ville économique du roi Abdallah (Kaec).

L'Arabie saoudite prévoit de nouvelles usines de production de véhicules électriques (VE) capables de fabriquer 150 000 modèles par an et une infrastructure de VE pour les soutenir. (Photo: municipalité de Médine)
L'Arabie saoudite prévoit de nouvelles usines de production de véhicules électriques (VE) capables de fabriquer 150 000 modèles par an et une infrastructure de VE pour les soutenir. (Photo: municipalité de Médine)

Pendant ce temps-là, les Émirats arabes unis (EAU) font pression pour que 42 000 véhicules électriques circulent dans leurs rues au cours de la prochaine décennie. Pour répondre à la hausse de la demande de mobilité verte, les EAU ont ouvert le mois dernier leur première usine de fabrication de véhicules électriques dans la cité industrielle de Dubaï, construite pour un coût total de 408 millions de dollars. Cette usine devrait produire 55 000 voitures par an.

La concurrence est rude pour s'approprier une part du marché des véhicules électriques dans la région du CCG, avec des marques telles que Tesla qui mènent la charge, et d'autres, comme BMW, Audi et Mercedes-Benz, qui les suivent de près.

Noor Hajir, responsable de la planification des transports et de la mobilité chez WSP Middle East, affirme qu'il existe des signaux positifs sur le marché du Golfe avec de nombreux promoteurs, en particulier en Arabie saoudite, qui adoptent des alternatives plus vertes et des solutions de mobilité futures telles que les véhicules électriques pour les aider à atteindre leurs futurs objectifs de zéro émission.

«Nous constatons que les promoteurs privés ont tendance à utiliser les stations de recharge pour véhicules électriques comme outil de promotion de l'image de marque et d'incitation des clients dans des actifs tels que les grands centres commerciaux et les quartiers d'affaires», souligne-t-elle.

Au-delà du défi qui consiste à disposer d'un nombre suffisant de bornes de recharge, les véhicules électriques doivent également faire face au climat d'accueil aride de la région. (Photo: AFP)
Au-delà du défi qui consiste à disposer d'un nombre suffisant de bornes de recharge, les véhicules électriques doivent également faire face au climat d'accueil aride de la région. (Photo: AFP)

Mme Hajir estime néanmoins que la région a encore un long chemin à parcourir avant que l'infrastructure nécessaire à l'adoption généralisée des véhicules électriques par les secteurs privé et public ne soit véritablement mise en place.

«Le Moyen-Orient est peut-être à la traîne par rapport aux économies plus développées en ce qui concerne la fourniture d'infrastructures routières pour faciliter et encourager la généralisation de la propriété privée des véhicules électriques, qui dépend largement de l'appui du secteur public», explique-t-elle à Arab News.

Le Dr Hamid Haqparwar, directeur général de BMW Group Middle East, a signalé que le développement des infrastructures pour les véhicules électriques dans la région varie d'un pays à l'autre, ce qui entraîne des taux d'adoption différents selon les marchés.

Toutefois, comme beaucoup d'autres experts dans ce domaine, il pense que l'orientation générale de la région est claire. Les modes de transport plus écologiques sont un élément clé des visions de durabilité établies par les gouvernements et l'adoption massive de véhicules électrifiés par marché est «une question de temps, pas de possibilité».

Le Dr Haqparwar affirme que, au cours de la phase de «transition» actuelle, la région voit une gamme plus large de véhicules électriques entrer sur ses marchés, confirmant que les fabricants continueront à élargir leur portefeuille de véhicules électriques.

«Cette croissance de l'offre ainsi que l'expansion de l'infrastructure requise vont progressivement augmenter la demande au Moyen-Orient. Je m'attendrais à ce que les ventes de véhicules électriques connaissent une croissance plus importante au cours des cinq prochaines années», souligne-t-il à Arab News.

Aussi souhaitable que puisse être la viabilité des véhicules électriques sur le marché du Moyen-Orient, elle n'est pas exempte de défis.

En chiffres

- 33% de dommages environnementaux sont causés par une automobile avant même qu'elle ne soit vendue et conduite. 
- 3%: c’est la part des véhicules hybrides et électriques dans les ventes totales de véhicules neufs en Arabie saoudite. 
- 8% de Saoudiens estiment que les véhicules électriques seront de plus en plus courants à l'avenir.

Selon Mme Hajir, l'une des principales lacunes réside dans le cadre réglementaire, tant au niveau de l'économie de base que des autorités locales.

Par exemple, en Arabie saoudite, où le déploiement des véhicules électriques n'en est qu'à ses débuts, des mises à jour de ces cadres réglementaires sont nécessaires afin de rationaliser les processus de certification et encourager l'adoption de ces véhicules, indique-t-elle à Arab News.

En outre, elle identifie les problèmes de la chaîne d'approvisionnement mondiale et les délais de fabrication qui en découlent comme un défi majeur auquel sont actuellement confrontés les constructeurs automobiles.

Ces retards risquent d’entraîner des répercussions sur certains des projets immédiats de véhicules électriques mis en œuvre au Moyen-Orient.

«L'approvisionnement et la livraison des VE peuvent prendre entre six et dix-huit mois en moyenne», précise Mme Hajir, qui souligne que les fournisseurs de services de mobilité doivent envisager une planification adéquate de la mise en œuvre et un engagement précoce des opérateurs et des fabricants.

Selon l'Agence internationale de l'énergie, les ventes mondiales de véhicules électriques ont plus que doublé pour atteindre 6,6 millions de dollars en 2021. (Photo: AFP)
Selon l'Agence internationale de l'énergie, les ventes mondiales de véhicules électriques ont plus que doublé pour atteindre 6,6 millions de dollars en 2021. (Photo: AFP)

Ensuite, il y a le climat chaud et aride du Moyen-Orient, qui pourrait nuire à la longévité des batteries des véhicules électriques. Selon Mme Hajir, il est urgent de disposer davantage de données centrées sur le Moyen-Orient au sujet de l'impact total de la chaleur sur les batteries des VE.

Pour cette raison, et pour bien d'autres encore, les moteurs à combustion interne seront certainement encore présents sur nos routes, affirme M. Haqparwar. D’après lui, la conduite automobile continuera à occuper une place importante dans la vie des habitants du CCG.

«Alors que d'autres parties du monde verront moins de voitures sur les routes, cette région est plus susceptible de voir de nouveaux modèles écologiques sur nos routes, dans la mesure où la mobilité individuelle entre dans une nouvelle ère», estime-t-il.

M. Haqparwar souligne encore que, si la croissance des ventes de véhicules électriques dans l'ensemble de l'industrie est conforme à l'évolution des valeurs de durabilité de la jeune population de la région, les facteurs émotionnels jouent toujours un rôle majeur dans leur décision d'achat.

Au même moment, la conscience environnementale croissante de la jeune génération de la région se reflète dans les conversations en ligne concernant les véhicules électriques dans le CCG.

Rami Deeb, directeur marketing Ceemea chez Talkwalker, la plate-forme de renseignements sur les consommateurs qui est le leader du secteur, pense que les données en temps réel joueront un rôle essentiel dans le développement de l'industrie régionale des véhicules électriques.

L'entreprise, qui suit les conversations sur les blogs, les réseaux sociaux, les vidéos, l'audio, les forums et les sites d'évaluation dans six pays – l’Arabie saoudite, les EAU, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman –, rapporte une tendance positive autour des véhicules électriques dans la région du CCG au cours des treize derniers mois.

Pendant cette période, il y a eu plus de 133 000 conversations en ligne autour des véhicules électriques dans la région du CCG. 21% d’entre elles expriment un sentiment positif et tournent autour des engagements des gouvernements à atteindre l’objectif de net zéro dans un avenir proche.

Noor Hajir (à gauche), responsable de la planification des transports et de la mobilité chez WSP Middle East et le Dr Hamid Haqparwar (à droite), directeur général de BMW Group Middle East. (Photo fournie)
Noor Hajir (à gauche), responsable de la planification des transports et de la mobilité chez WSP Middle East et le Dr Hamid Haqparwar (à droite), directeur général de BMW Group Middle East. (Photo fournie)

Les 25-34 ans ont débattu des dernières innovations technologiques et se sont principalement intéressés aux commentaires vidéo des clients sur les véhicules électriques.

Les 18-24 ans ont surtout partagé leur enthousiasme pour l'avenir et la façon dont des entreprises technologiques comme Apple et Sony explorent l'espace des véhicules électriques avec des voitures conceptuelles et des rendus 3D, indique M. Deeb.

Cette même tranche d'âge a également évoqué l'impact environnemental néfaste de la fabrication de batteries et de l'extraction du lithium.

Dans une étude menée dans le Royaume par le cabinet de conseil Kearney à la fin de l'année dernière, 15% des Saoudiens interrogés ont fait savoir qu'ils avaient l'intention de se procurer un véhicule électrique dans les trois prochaines années, tandis que 33% d’entre eux ont confié que la disponibilité d'un plus grand nombre de stations de recharge augmenterait leur intérêt pour un tel achat.

Par ailleurs, 23% des personnes interrogées ont révélé que la fourniture d’informations supplémentaires et l'exonération des frais par le gouvernement pourraient rendre la possession d'un véhicule électrique plus attrayante.

«Les consommateurs du CCG réagissent positivement au potentiel des véhicules électriques à réduire les émissions de carbone, ainsi qu'au niveau d'innovation qu'ils apportent», reconnaît M. Deeb.

Simultanément, «les grands constructeurs automobiles du monde entier élaborent une feuille de route claire pour adapter leurs usines à l'avenir des véhicules électriques et annoncent leur intention de ne construire que des véhicules électriques», ajoute-t-il.

Dans une poignée de pays, plusieurs mesures d’incitation sont mises en œuvre pour accroître la demande et l'intérêt des consommateurs, comme des places de stationnement gratuites réservées aux véhicules électriques, des badges de péage gratuits et la recharge gratuite via le réseau public de recharge des VE.

Compte tenu de l'abondance des signaux du marché, M. Deeb estime que la véritable «menace» pour le secteur serait toute résistance au changement ou tout irrespect des préférences des consommateurs.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Middle East Energy 2026: la France mise sur des réseaux électriques plus intelligents et résilients dans le Golfe

 La France entend renforcer sa présence dans le secteur énergétique du Golfe à l’occasion de la 50e édition de Middle East Energy, qui se tiendra du 1er au 3 septembre au Dubai World Trade Centre. (Photo d'archive fournie)
La France entend renforcer sa présence dans le secteur énergétique du Golfe à l’occasion de la 50e édition de Middle East Energy, qui se tiendra du 1er au 3 septembre au Dubai World Trade Centre. (Photo d'archive fournie)
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  • Aux Émirats arabes unis, la stratégie énergétique à l’horizon 2050 prévoit entre 150 et 200 milliards de dirhams (40,8 à 54,5 milliards de dollars) d’investissements d’ici 2030, alors que le pays poursuit le développement de ses infrastructures
  • À Dubaï, la Dubai Electricity and Water Authority (DEWA) prévoit notamment d’investir 7 milliards de dirhams dans son programme de Smart Grid jusqu’en 2035

DUBAÏ : La France entend renforcer sa présence dans le secteur énergétique du Golfe à l’occasion de la 50e édition de Middle East Energy, qui se tiendra du 1er au 3 septembre au Dubai World Trade Centre. À travers un pavillon dédié de Business France, 13 entreprises françaises présenteront leurs technologies et leur expertise dans des domaines allant de la protection des réseaux à l’intégration des énergies renouvelables.

Cette participation intervient alors que les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) accélèrent la transformation de leurs systèmes électriques. L’augmentation de la demande en électricité, le développement rapide des énergies renouvelables et la numérisation des économies régionales placent désormais les réseaux électriques au cœur des stratégies énergétiques.

Pour la France, cette évolution ouvre un espace important pour ses entreprises spécialisées dans les infrastructures électriques, l’automatisation, la cybersécurité des systèmes industriels, le stockage et l’alimentation électrique critique.

Des investissements massifs dans les infrastructures électriques

Aux Émirats arabes unis, la stratégie énergétique à l’horizon 2050 prévoit entre 150 et 200 milliards de dirhams (40,8 à 54,5 milliards de dollars) d’investissements d’ici 2030, alors que le pays poursuit le développement de ses infrastructures énergétiques et de ses réseaux intelligents.

À Dubaï, la Dubai Electricity and Water Authority (DEWA) prévoit notamment d’investir 7 milliards de dirhams dans son programme de Smart Grid jusqu’en 2035. L’objectif est de recourir davantage aux technologies numériques, à l’automatisation et à l’analyse des données afin d'améliorer la fiabilité et l’efficacité du réseau et de faciliter l’intégration des énergies renouvelables.

Le mouvement dépasse les frontières des Émirats. Dans l’ensemble du CCG, les interconnexions électriques et la flexibilité des réseaux deviennent des priorités à mesure que les capacités de production évoluent.

Parmi les projets structurants figure notamment l’interconnexion directe entre Oman et le réseau électrique du CCG, portée par la GCC Interconnection Authority. Le projet prévoit environ 530 kilomètres de lignes de transport à 400 kV, afin de renforcer les échanges d’électricité entre Oman et le réseau régional et d’accroître la résilience du système électrique.

Le réseau, nouveau pilier de la transition énergétique

La transformation du secteur énergétique du Golfe ne se limite plus à la construction de nouvelles capacités de production. Elle concerne désormais l’ensemble de l’infrastructure permettant de transporter, distribuer, contrôler et sécuriser l’électricité.

Cette évolution est particulièrement importante avec l’essor du solaire et d’autres sources renouvelables, dont la production peut être variable. Les réseaux doivent ainsi devenir plus flexibles et capables de gérer des flux d’électricité plus complexes.

À l’échelle mondiale, les besoins d’investissement sont considérables. Selon le rapport Electricity 2026 de l’Agence internationale de l’énergie, les investissements annuels dans les réseaux électriques devront augmenter d’environ 50 % d’ici 2030, par rapport à leur niveau actuel d’environ 400 milliards de dollars, pour suivre la croissance de la demande mondiale.

La résilience des infrastructures, leur capacité à intégrer les énergies renouvelables et leur numérisation deviennent ainsi des enjeux stratégiques, aussi bien pour les économies développées que pour les marchés du Golfe.

Un partenariat franco-émirati qui s’élargit

La présence française à Middle East Energy s'inscrit également dans le renforcement des relations économiques entre Paris et Abou Dhabi.

Les Émirats arabes unis constituent le premier client de la France dans le Golfe. Les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint 10,8 milliards d’euros en 2025, contre 8,5 milliards en 2024 et 7,4 milliards en 2023.

La coopération bilatérale s’étend désormais à plusieurs secteurs stratégiques, notamment la transition énergétique, la lutte contre le changement climatique, les technologies avancées et l’intelligence artificielle.

En février 2025, Masdar, TotalEnergies et 2PointZero ont notamment signé un accord-cadre visant à favoriser le développement de l’accès aux énergies propres dans les marchés émergents, dans le cadre du UAE-France High-Level Business Council.

Cette coopération s’appuie également sur le Partenariat stratégique global dans le domaine de l’énergie, établi entre la France et les Émirats en 2022.

Treize entreprises françaises au rendez-vous

Le pavillon français réunira 13 entreprises couvrant plusieurs segments de la chaîne de valeur électrique.

Dans le domaine de la protection et de la résilience des réseaux, CITEL-2CP, France Paratonnerres, INDELEC, OBSTA et SERGI Transformer Protector présenteront notamment des solutions de protection contre les surtensions et la foudre, de prévention des explosions et incendies de transformateurs, ainsi que des technologies destinées aux infrastructures critiques.

Sur le volet de la mesure, de la supervision et de l’automatisation, Chauvin Arnoux Middle East / Chauvin Arnoux Energy, AOIP et Straton Automation proposeront des solutions de surveillance des réseaux électriques, de test et mesure, d’étalonnage et d’automatisation industrielle.

Michaud Export, Transalpes Composite et SOC EXPL General Produits Industriels mettront pour leur part en avant leur expertise dans les réseaux de distribution basse tension, les supports de réseaux et les solutions industrielles isolantes.

Enfin, EnerSys, Infosec UPS System et Terracotta présenteront des solutions liées à l’alimentation électrique critique, notamment les batteries, les chargeurs, les systèmes d’alimentation sans interruption et les équipements électriques.

Au-delà de la diversité des technologies présentées, cette présence française illustre une volonté de se positionner sur l’ensemble de la transformation des réseaux électriques du Golfe.

Alors que les pays de la région cherchent à concilier croissance de la demande, déploiement des renouvelables et sécurité énergétique, la prochaine étape de leur transition pourrait bien se jouer moins dans la seule capacité de produire davantage d’électricité que dans celle de disposer de réseaux capables de la transporter, de la gérer et de la sécuriser plus intelligemment.


La carte Visa marque le retour de la Syrie dans le système financier mondial: Al-Sharaa utilise sa carte pour acheter un café

« En espèces ou par carte, Monsieur le Président ? ». (AFP)
« En espèces ou par carte, Monsieur le Président ? ». (AFP)
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  • Les États-Unis ont retiré la Syrie de leur liste des États soutenant le terrorisme après 47 ans
  • « Prêts à reconstruire la nation », déclare Ahmad Al-Sharaa

RIYAD: « En espèces ou par carte, Monsieur le Président ? »

D’un simple geste sur un terminal de paiement à Damas, le président Ahmad Al-Sharaa a marqué le retrait de la Syrie de la liste américaine des États soutenant le terrorisme et le retour de ce pays arabe au sein du système financier mondial.

Dans une vidéo diffusée tôt jeudi matin, Al-Sharaa a utilisé une carte Visa pour payer un café alors qu’il était assis aux côtés de Safwat Raslan, le gouverneur de la banque centrale de la République arabe syrienne.

Raslan a publié la vidéo sur X, en déclarant : « Assister à ce moment aux côtés de Son Excellence le président Ahmad Al-Sharaa, et voir le premier paiement par carte Visa s'effectuer au cœur de Damas le lendemain du retrait de la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme, est pour moi un sentiment difficile à exprimer avec des mots. »


Lundi, les États-Unis ont franchi une étape historique en retirant la Syrie de cette liste après 47 ans, libérant ainsi ce pays arabe des graves conséquences économiques liées à cette désignation.

Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a déclaré dans un communiqué : « La mesure prise aujourd’hui contribuera à favoriser de nouveaux investissements en Syrie afin de promouvoir la stabilité politique et économique. »

Les rebelles menés par Al-Sharaa ont renversé Bachar al-Assad, qui dirigeait la Syrie depuis longtemps, en décembre 2024, au terme d’une guerre civile dévastatrice qui a duré 13 ans.

Al-Sharaa a salué cette décision en déclarant : « La Syrie se débarrasse d’une tache sombre et tourne la page sur un chapitre douloureux de son passé pour s’engager sur la voie du développement, de la reconstruction et du renouveau. »


Le ministre saoudien de l’Investissement : «Notre économie offre d’importantes opportunités aux entreprises françaises»

 Le ministre saoudien de l’Investissement, Fahad Al-Saif, et le ministre français de l’Économie, des Finances, de l’Industrie, de l’Énergie et de la Souveraineté numérique, Roland Lescure. Asharq Al-Awsat
Le ministre saoudien de l’Investissement, Fahad Al-Saif, et le ministre français de l’Économie, des Finances, de l’Industrie, de l’Énergie et de la Souveraineté numérique, Roland Lescure. Asharq Al-Awsat
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  • M. Al-Saif a indiqué que les entreprises françaises détenaient environ 650 licences d’investissement dans le Royaume.
  • Selon lui, cela reflète l’ampleur de l’activité des entreprises françaises et les opportunités croissantes offertes par l’économie saoudienne

PARIS: Le ministre saoudien de l’Investissement, Fahad Al-Saif, a déclaré lundi que les investissements directs étrangers (IDE) français en Arabie saoudite avaient atteint 16,3 milliards d’euros, soulignant que la France était la quatrième source d’IDE du Royaume.

Il a ajouté que la présence des entreprises françaises en Arabie saoudite s’étendait désormais à plus de 18 secteurs.

S’exprimant lors de l’ouverture de la Table ronde franco-saoudienne sur l’investissement organisée à Paris, à laquelle participait également Roland Lescure, ministre français de l’Économie, des Finances, de l’Industrie, de l’Énergie et de la Souveraineté numérique, M. Al-Saif a indiqué que les entreprises françaises détenaient environ 650 licences d’investissement dans le Royaume.

Selon lui, cela reflète l’ampleur de l’activité des entreprises françaises et les opportunités croissantes offertes par l’économie saoudienne.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la visite officielle en France du prince héritier et Premier ministre Mohammed ben Salmane. Organisée par le ministère de l’Investissement, elle rassemble des responsables gouvernementaux, des chefs d’entreprise et des dirigeants de grandes sociétés des deux pays.

Les discussions portent sur les opportunités d’élargir les partenariats dans des secteurs tels que l’industrie, les transports et la logistique, l’intelligence artificielle et les infrastructures numériques, entre autres. La signature de nouveaux accords et protocoles d’accord est également prévue.

L’énergie, domaine phare de la coopération

Le ministre de l’Investissement a souligné que le secteur du pétrole et du gaz figurait parmi les industries les plus susceptibles de bénéficier du renforcement des relations saoudo-françaises, compte tenu de la présence de longue date des entreprises françaises dans le secteur énergétique du Royaume.

La coopération s’étend également à l’ensemble du paysage énergétique, notamment aux énergies renouvelables, à l’hydrogène et aux infrastructures de réseau, tandis que les entreprises françaises continuent de renforcer leur présence dans les domaines de l’énergie, de l’industrie, des transports, de la construction, de l’eau et des services.

L’énergie reste l’un des domaines phares de l’engagement français en Arabie saoudite, parallèlement aux opportunités croissantes dans de nouveaux secteurs étroitement liés à la dynamique de diversification économique du Royaume dans le cadre de la Vision 2030.

De l’énergie et de l’industrie à l’intelligence artificielle

Le partenariat d’investissement entre les deux pays s’étend de plus en plus au-delà des secteurs traditionnels pour s’orienter vers la nouvelle économie, en particulier l’intelligence artificielle, les infrastructures numériques, la culture, les industries créatives et l’exploitation minière.

L’intégration de ces secteurs à l’ordre du jour de la table ronde reflète les efforts des deux parties pour transformer des liens économiques bien établis en partenariats d’investissement dans certains des secteurs connaissant la croissance la plus rapide, en tirant parti de la demande croissante sur le marché saoudien et des capacités technologiques et industrielles des entreprises françaises.

Les entreprises françaises sont déjà présentes dans des secteurs tels que les transports et la logistique, les services liés à l’eau et à l’environnement, l’hôtellerie et la santé. À mesure que l’économie saoudienne poursuit son expansion, de nouvelles opportunités apparaissent dans les domaines des technologies de pointe et de l’industrie manufacturière.