Ethiopie: lacrymogènes et brefs heurts lors d'une prière de l'Aïd à Addis

Des fidèles musulmans font des gestes pendant le sermon de la prière matinale de l'Aïd al-Fitr dans un stade de football à Addis-Abeba, en Éthiopie, le 2 mai 2022, alors que les musulmans du monde entier marquent la fin du mois sacré du Ramadan. (AFP)
Des fidèles musulmans font des gestes pendant le sermon de la prière matinale de l'Aïd al-Fitr dans un stade de football à Addis-Abeba, en Éthiopie, le 2 mai 2022, alors que les musulmans du monde entier marquent la fin du mois sacré du Ramadan. (AFP)
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Publié le Lundi 02 mai 2022

Ethiopie: lacrymogènes et brefs heurts lors d'une prière de l'Aïd à Addis

  • Les circonstances des incidents sont peu claires, un responsable musulman affirmant qu'un policier a tiré accidentellement une grenade lacrymogène vers des fidèles rassemblés pour la prière
  • «C'est la première fois» que la prière collective de l'Aïd dans la capitale est le théâtre d'incidents, a affirmé un membre du Conseil aux Affaires islamiques

ADDIS ABEBA : Des heurts ont brièvement opposé lundi au coeur d'Addis Abeba de jeunes musulmans éthiopiens à la police qui a usé de gaz lacrymogènes, en marge d'une prière collective de l'Aïd el-Fitr qui marque la fin du mois de ramadan, selon des journalistes de l'AFP.

Les circonstances ayant déclenché les incidents sont peu claires, un responsable musulman affirmant qu'un policier a tiré accidentellement une grenade lacrymogène vers des fidèles rassemblés pour la prière à Addis Abeba.

Les incidents "qui se sont produits lors de la prière de l'Aïd ne sont pas liés à un problème entre Chrétiens et Musulmans" et "ne sont pas du fait du gouvernement, comme certains essaient de le faire croire", a tenu à souligner le Haut Conseil aux Affaires islamiques d'Addis Abeba dans un communiqué.

La police d'Addis Abeba a simplement fait état d'"une émeute provoquée par quelques individus (...) lors de la prière de l'Aïd" qui a "provoqué des dégâts matériels", ajoutant que le calme a été rétabli et qu'elle "informera ultérieurement le public quant aux origines de l'émeute".

Les incidents ont commencé près du stade international d'Addis Abeba, à l'intérieur duquel était organisée la prière. Le stade étant plein, ceux n'ayant pu y accéder priaient à l'extérieur, notamment sur la grande place Meskel proche. 

"Nous n'avons pas d'informations claires" sur l'origine des incidents, a indiqué à l'AFP un responsable du Haut Conseil aux Affaires islamiques d'Addis Abeba, ayant requis l'anonymat.

"Il semble qu'un policier a tiré une (grenade) lacrymogène" de "manière non intentionnelle" dans la foule de fidèles sur la place Meskel, a-t-il déclaré, citant le témoignage des bénévoles encadrant la prière.

«Première fois»

Le policier a été emmené par ses collègues, mais "les gens étaient choqués et ont commencé à scander des slogans" et "la situation est devenue incontrôlable", a-t-il ajouté.

Son organisation estime dans son communiqué que le déploiement de renforts policiers après l'incident a exacerbé la tension. 

Des journalistes de l'AFP ont vu des jeunes lancer des pierres sur la police. Certains scandaient "Justice pour Gondar" ou "Ne brûlez pas nos mosquées, ne tuez pas les nôtres".

Gondar est une ville de la région de l'Amhara (nord-ouest) où, selon des responsables musulmans, au moins 20 personnes ont été tuées fin avril lors de violences contre des musulmans qu'ils ont attribuées à des "extrémistes chrétiens".

Lundi à Addis Abeba, des manifestants ont notamment détruit à coups de pierres les fenêtres d'un musée national situé sur la place Meskel, selon les journalistes de l'AFP qui ont indiqué que le calme avait ensuite été rétabli.

Sans expliquer l'origine ou le déroulement des violences, le gouvernement éthiopien a accusé dans un communiqué "les ennemis historiques" de l'Ethiopie - sans les nommer - d'avoir "essayé de mettre en oeuvre leur dessein diabolique durant la prière de l'Aïd".

"Leur désir de chaos a échoué grâce aux fidèles (musulmans) pacifiques", poursuit le gouvernement évoquant des "dégâts mineurs" ou "moyennement importants" et des blessés parmi les forces de l'ordre. 

"C'est la première fois" que la prière collective de l'Aïd dans la capitale est le théâtre d'incidents, a affirmé le membre du Conseil aux Affaires islamiques, soulignant qu'elle est organisée depuis la chute du régime militaro-marxiste du Derg en 1991.

Les musulmans veulent "passer cette fête en paix", a-t-il expliqué.

Pays majoritairement chrétien (les plus nombreux étant les Orthodoxes), l'Ethiopie compte environ 30% de musulmans.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.