Le podcast Pass the Kabsa diffuse la culture saoudienne avec une touche de hip-hop

Le podcast Pass the Kabsa (PTK) commente la scène culturelle saoudienne depuis quelques années. (Photo AN/Nouf Yarub)
Le podcast Pass the Kabsa (PTK) commente la scène culturelle saoudienne depuis quelques années. (Photo AN/Nouf Yarub)
Le podcast Pass the Kabsa (PTK) commente la scène culturelle saoudienne depuis quelques années. (Photo AN/Nouf Yarub)
Le podcast Pass the Kabsa (PTK) commente la scène culturelle saoudienne depuis quelques années. (Photo AN/Nouf Yarub)
Le podcast Pass the Kabsa (PTK) commente la scène culturelle saoudienne depuis quelques années. (Photo AN/Nouf Yarub)
Le podcast Pass the Kabsa (PTK) commente la scène culturelle saoudienne depuis quelques années. (Photo AN/Nouf Yarub)
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Publié le Samedi 07 mai 2022

Le podcast Pass the Kabsa diffuse la culture saoudienne avec une touche de hip-hop

  • Le podcast a été lancé par Adel Al-Ghamdi lorsqu'il est rentré au Royaume en 2020
  • Leur objectif était d'exporter la culture locale vers l'Occident et de se concentrer sur les deux sujets qu'ils aiment le plus : l'Arabie saoudite et le hip-hop

RIYAD : Au cœur de la capitale saoudienne, trois jeunes hommes ouvrent en rythme de multiples pochettes noires, sortant le matériel d'éclairage et de caméra pour installer leur podcast, dans une sorte de danse synchronisée silencieuse.

Avec une main sur le micro et une oreille attentive au monde, le podcast Pass the Kabsa (PTK) commente la scène culturelle saoudienne depuis quelques années.

Le podcast a acquis un statut culte au sein de la sous-culture urbaine saoudienne et fait partie d'un changement culturel plus important dans le Royaume, en réunissant le hip-hop arabe, les langues occidentales et les sensibilités saoudiennes.

Le podcast a été lancé par Adel Al-Ghamdi lorsqu'il est rentré au Royaume en 2020, alors que la pandémie mettait le monde en confinement. Il a réuni ses vieux amis Terki Shalhoub (connu sous le nom de Terks) et Mohammed Al-Shamsi (Shamsi), pour le rejoindre au micro.

Leur objectif était d'exporter la culture locale vers l'Occident et de se concentrer sur les deux sujets qu'ils aimaient le plus : l'Arabie saoudite et le hip-hop. Les épisodes de leur podcast bihebdomadaire durent environ une heure et sont disponibles sur toutes les plateformes de streaming et sur YouTube.

(Photo AN/Nouf Yarub)
(Photo AN/Nouf Yarub)

Le dimanche, les Kabsa Boys, comme on les appelle désormais, discutent des principaux titres de l'actualité du jour, ainsi que de leurs réflexions sur les nouveaux albums qui sortent ou sur les projets à venir. Le jeudi, ils consacrent une heure à répondre aux questions du public. Si ce programme semble chargé, c'est peut-être le cas. Il y a tellement de culture à décortiquer.

Le podcast présente la culture et les particularités saoudiennes dans un format audiovisuel, à ne pas confondre avec une émission culinaire, car la kabsa est un aliment de base typiquement arabe, un plat commun de riz et de viande. Les amis et la famille échangent des histoires et évoquent leurs rêves et leurs aspirations tout en s'y plongeant. Après la pandémie, les Kabsa Boys ont modernisé le concept pour l'adapter à l'époque actuelle et ont gardé à l'esprit les petites bouchées − ou conversations.

« Le nom de Pass the Kabsa vient du fait que nous transmettions des informations, des connaissances et des conversations à l'époque. Nous avions l'habitude de nous asseoir par terre et de manger tous ensemble. Aujourd'hui, on s'assoit à une table, on se passe la "kabsa" et on se transmet des informations », a expliqué Al-Ghamdi à Arab News.

« Notre public est un public anglophone, qu'il soit local ou international, toute personne qui s'intéresse à la culture saoudienne et à ce qui se passe dans le pays, qu'il s'agisse de la communauté créative, du milieu de la mode, de la scène musicale − et surtout du hip-hop », a affirmé Shalhoub.

Les Kabsa Boys sont de véritables fans de hip-hop. Bien que tous trois soient nés en Arabie saoudite, leurs vies ont pris des chemins différents, mais la musique a été leur grand rassembleur.  Shalhoub et Al-Shamsi ont grandi à Riyad, ils ont étudié à l’Université du roi Fahd du pétrole et des mines à AlKhobar et ont été influencés par la musique occidentale tout en restant immergés en Arabie saoudite. Quant à Al-Ghamdi, il a grandi dans différentes villes occidentales mais est resté profondément enraciné en Orient.

(AN Photo/Nouf Yarub)
(AN Photo/Nouf Yarub)

« Nous sommes de grands fans de hip-hop de la scène musicale locale. Nous aimons faire la lumière sur tout ce qui se passe ici et montrer notre soutien aux artistes locaux qui travaillent très dur pour se faire un nom », a déclaré Al-Ghamdi.

Le podcast n'est qu'un début. Ils ont vu de leurs propres yeux comment leurs épisodes ont lentement fait évoluer la culture, en démantelant et en construisant un écosystème sain à partir de l'underground. Ils ont également établi des partenariats avec des lieux tels que la Diriyah Biennale Foundation et ont enregistré des épisodes du podcast en direct sur place.

Si les épisodes en direct apportent une dynamique différente en permettant d’interagir avec le public, le trio semble plus à l'aise au siège du PTK, chez Al-Ghamdi. Ils ont une liste de talents locaux et internationaux invités au podcast, comme Saud Al-Turki, qui a créé la musique de leur intro, la star internationale Swizz Beatz et Dalia Al-Akki de la Biennale de Diriyah, entre autres.

« Nous sommes tous amis, nous nous connaissons depuis des années et nous voulions simplement avoir de vraies conversations entre nous et avec la communauté qui nous entoure. Pass the Kabsa est notre façon d'exporter notre culture dans le monde, de permettre au monde de savoir ce qui se passe en Arabie saoudite, et d'ouvrir une fenêtre sur tout ce qui se passe dans la sous-culture locale ici aujourd'hui », a déclaré Al-Shamsi.


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.