Présidentielle aux Philippines: Marcos Junior revendique la victoire

Le candidat présidentiel Ferdinand Marcos Jr célèbre avec ses partisans son arrivée au siège de la campagne à Manille le 11 mai 2022 (Photo, AFP).
Le candidat présidentiel Ferdinand Marcos Jr célèbre avec ses partisans son arrivée au siège de la campagne à Manille le 11 mai 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 25 août 2022

Présidentielle aux Philippines: Marcos Junior revendique la victoire

  • Marcos Junior, surnommé «Bongbong», a obtenu plus de 56% des suffrages et plus de deux fois plus de voix que sa principale rivale
  • L'un des premiers gestes du président élu a été de se rendre sur la tombe de son père, a annoncé mercredi son équipe de campagne

MANILLE : Ferdinand Marcos Junior, fils de l'ancien dictateur philippin, a revendiqué mercredi via son porte-parole la victoire à l'élection présidentielle, s'engageant à être le dirigeant de "tous les Philippins".

"Au monde, il dit: 'Jugez-moi sur mes actes, pas sur mes ancêtres'", a ajouté le porte-parole, Vic Rodriguez, dans un communiqué.

Selon des résultats préliminaires portant sur la quasi-totalité des bureaux de vote, Marcos Junior, 64 ans, surnommé "Bongbong", a obtenu plus de 56% des suffrages et plus de deux fois plus de voix que sa principale rivale, la vice-présidente sortante Leni Robredo, 57 ans.

Cette victoire écrasante marque le stupéfiant retour au pouvoir de la famille Marcos, 36 ans après la révolte populaire qui l'en avait chassée.

"Je sais que le dépouillement n'est pas terminé, ce n'est pas encore tout à fait officiel mais (...) je regarde toujours le fait que 31 millions de nos concitoyens ont voté pour l'unité", a déclaré M. Marcos à son quartier général à Manille lors de sa première conférence de presse après le scrutin, qui a duré moins de cinq minutes. 

M. Marcos, accueilli par des partisans en liesse, s'est toutefois gardé de crier victoire dans l'attente des résultats finaux.

Il a promis de "se mettre au travail" dès sa prise de fonction le 30 juin, avec pour priorités de son gouvernement l'économie, les prix, l'emploi et l'éducation. Il a refusé de répondre aux questions des journalistes au terme de la conférence.

"Je suis tellement heureux", s'est exclamé Joseph Bugayong, un jardinier trentenaire qui se tenait devant l'immeuble. "Je l'ai vu en personne et lui ai même serré la main. Ca valait la peine d'attendre".

Après l'élection, l'un des premiers gestes de M. Marcos a été de se rendre sur la tombe de son père, "source d'inspiration tout au long de sa vie", a annoncé mercredi son équipe de campagne.

Marcos Senior est décédé en exil en 1989 et son corps embaumé a été inhumé en 2016 dans le cimetière des héros nationaux à Manille, avec l'aval du président sortant Rodrigo Duterte.

Des photos publiées sur les comptes officiels des réseaux sociaux de "Bongbong" le montrent debout ou en train de se recueillir devant l'immense tombe. 

Avant son transfert à Manille, la dépouille de l'ex-dictateur était conservée dans une crypte au domicile familial dans la province d'Ilocos Norte, dans le nord des Philippines.

Marcos Jr a qualifié son père de "génie politique" et ses deux décennies au pouvoir d'une ère de paix et de prospérité pour l'archipel.

Les Etats-Unis ont dit vouloir "continuer à vouloir collaborer étroitement avec les Philippines", à la fois pour "une région indo-pacifique libre, ouverte", mais aussi pour "promouvoir les droits humains", a prévenu le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, dans un communiqué.

Désinformation

La campagne électorale de Ferdinand Marcos Jr été marquée par une vaste et souvent abjecte campagne de désinformation, passant sous silence les dizaines de milliers d'opposants arrêtés, torturés ou tués, ou encore les milliards de dollars volés par le clan Marcos dans les caisses du pays pour son enrichissement personnel.

Depuis des années, des comptes pro-Marcos Junior ont envahi les réseaux sociaux, faisant passer auprès des jeunes Philippins les vingt ans de régime de son père (1965-1986) comme une ère dorée.

"Bongbong" est le premier candidat à la présidentielle à remporter la majorité absolue depuis que son père a été renversé en 1986, contraignant sa famille à l'exil aux Etats-Unis. 

Le récit du retour en grâce de la famille jadis honnie a éclipsé les questions sur ce que serait un gouvernement Marcos.

En esquivant les débats télévisés et les interviews, le candidat a laissé peu d'indices.

Il sera accompagné de Sara Duterte, fille du président sortant, élue très confortablement lundi à la vice-présidence du pays. Les deux plus hauts mandats du pays seront donc occupés par deux enfants d'anciens chefs d'Etat autoritaires.

Les militants défenseurs des droits humains, les prélats catholiques et les analystes politiques craignent que cette large victoire n'autorise M. Marcos Jr à diriger le pays d'une main de fer.

Les partisans de Leni Robredo, qui voyaient dans le scrutin un moment décisif pour la fragile démocratie philippine, ont été dévastés par sa défaite écrasante.

Ils avaient sillonné l'archipel pendant des mois pour la campagne de la candidate libérale.

Mme Robredo, 57 ans, a reconnu être "clairement déçue" du résultat mais a promis de continuer à se battre contre la mauvaise gouvernance.

M. Marcos devra composer avec cette opposition qui pourrait se transformer en puissant mouvement pro-démocratie.

"Je pense qu'ils pourraient encore être en mesure de contrôler les pires instincts de la future administration Marcos et Duterte", a estimé l'observateur politique Richard Heydarian.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.