En Suède, un soutien à l'Otan mêlé d'une impression de précipitation

L'ancien Premier ministre social-démocrate Stefan Löfven, arrive au sommet climatique de l'ONU COP26 à Glasgow, le 1er novembre 2021. (AFP).
L'ancien Premier ministre social-démocrate Stefan Löfven, arrive au sommet climatique de l'ONU COP26 à Glasgow, le 1er novembre 2021. (AFP).
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Publié le Vendredi 13 mai 2022

En Suède, un soutien à l'Otan mêlé d'une impression de précipitation

  • Le pays scandinave n'a pas été en guerre sur son territoire depuis qu'elle a renoncé aux alliances militaires au début du XIXe siècle, après l'ère napoléonienne
  • Pour les experts en sécurité militaire, les responsables suédois ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes, en ayant trop évité de mettre sur la table la question de l'Otan

STOCKHOLM : La guerre en Ukraine s'est traduite par une vague de soutien à une adhésion à l'Otan en Suède, avec une annonce de candidature attendue dans les prochains jours. Mais nombreux sont ceux, élus ou simples citoyens, à confesser un sentiment de précipitation.

"Tout le monde aurait aimé avoir plus de temps, parce que c'est une question énorme", dit à l'AFP l'ancien Premier ministre social-démocrate Stefan Löfven. "En même temps on sait qu'on n'a pas toujours le temps dont on aimerait disposer".

Dans sa marche vers l'Otan, Stockholm est apparu suiviste. L'idée d'une candidature ne s'est vraiment imposée que lorsqu'il est devenu évident que la Finlande voisine allait franchir le pas.

Une image montrant la Suède en Mr. Bean se faisant prendre à copier sans vergogne sur son voisin finlandais est devenu un des "memes" viraux ayant marqué les discussions.

"Moi aussi j'aurais aimé que la Finlande puisse attendre", dit à l'AFP l'ancienne ministre suédoise des Affaires étrangères Margot Wallström.

"C'est une question qui revient lors des délibérations et qui inquiète, on aurait aimé avoir plus de temps pour discuter, écouter les représentants et les arguments", dit celle qui a elle-même changé d'avis après avoir été longtemps contre une entrée dans l'Otan.

Historiquement anti-adhésion, le parti de la Première ministre Magdalena Andersson devrait annoncer dimanche un changement de ligne, ouvrant la voie à une candidature du pays scandinave, resté hors des alliances militaires depuis plus de deux siècles. 

Mais tant lors de la consultation interne qu'au niveau national, les critiques ont émergé contre un débat escamoté et expédié pour s'aligner sur la décision finlandaise.

"Ce n'est pas la Suède qui contrôle le calendrier, mais la Finlande, parce que c'est elle qui a une frontière de 1 300 kilomètres avec la Russie", souligne Anders Lindberg, éditorialiste politique du quotidien Aftonbladet et proche des sociaux-démocrates.

Le changement est d'autant plus considérable que la Suède "a construit son identité sur sa neutralité" puis son non-alignement, note l'analyste. 

«Merci» la Finlande

Le pays scandinave n'a pas été en guerre sur son territoire depuis qu'elle a renoncé aux alliances militaires au début du XIXe siècle, après l'ère napoléonienne. 

Habituée à décider au terme de longues commissions gouvernementales pour parvenir à un consensus, le pays a cette fois dû réagir en urgence, à l'image d'un rapport sur l'adhésion à l'Otan publié vendredi par les partis au Parlement après seulement quelques semaines de travail.

Pour les experts en sécurité militaire, les responsables suédois ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes, en ayant trop évité de mettre sur la table la question de l'Otan.

"Avant, les sociaux-démocrates suédois disaient toujours: +on y pensera quand la Finlande adhèrera+. Mais parce qu'ils pensaient que la Finlande n'adhèrerait jamais", souligne Elisabeth Braw, experte de la défense des pays nordiques à l'American Enterprise Institute.

La Finlande, elle, avait théorisé une "option Otan", une capacité à rejoindre l'alliance rapidement en cas de besoin et de consensus politique. 

"La responsabilité de cette situation repose sur les gens et les organisations qui ont refusé de discuter de l'Otan jusqu'à très récemment", estime Robert Dalsjö, chercheur à l'Institut suédois de recherche sur la Défense (FOI).

"Donc oui, ça va vite. Mais ça va vite parce que c'est une question de sécurité nationale (...) On ne peut pas retarder indéfiniment, parce que des gens ne se sont pas intéressés à la question auparavant", dénonce l'expert.

Pour d'autres, la Finlande a rendu le meilleur service possible à la Suède en accélérant le mouvement. 

Les Suédois, qui aiment avec une certaine condescendance appeler "petits frères" les autres pays nordiques moins peuplés, se sont cette fois retrouvés dans le rôle du petit garçon.

"Sans la Finlande, jamais la Suède n'aurait adhéré à l'Otan. Merci, grand frère!", a titré le quotidien Expressen dans un éditorial jeudi.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.