Le prince Charles au Canada, dans une période délicate pour la monarchie

Le prince Charles, prince de Galles de Grande-Bretagne, lit le discours de la reine alors qu'il est assis près de la couronne impériale d'État, dans la chambre de la Chambre des lords, lors de l'ouverture officielle du Parlement, aux Chambres du Parlement, à Londres, le 10 mai 2022. (AFP).
Le prince Charles, prince de Galles de Grande-Bretagne, lit le discours de la reine alors qu'il est assis près de la couronne impériale d'État, dans la chambre de la Chambre des lords, lors de l'ouverture officielle du Parlement, aux Chambres du Parlement, à Londres, le 10 mai 2022. (AFP).
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Publié le Lundi 16 mai 2022

Le prince Charles au Canada, dans une période délicate pour la monarchie

  • Le prince Charles remplace la reine Elizabeth de plus en plus souvent. La semaine dernière, il a lu en son nom le discours du trône, pour la première fois, lors de l'ouverture solennelle du parlement à Londres
  • Son voyage au Canada, l'un des 15 royaumes du Commonwealth dont la reine Elizabeth est la souveraine, fait partie des célébrations du Jubilé de platine (70 ans de règne)

LONDRES : Le prince Charles et sa femme Camilla se rendent cette semaine au Canada, où l'héritier de la Couronne britannique entend discuter de deux sujets qui lui sont chers, le changement climatique et les populations autochtones.

Cette visite de trois jours, du 17 au 19 mai, intervient dans une période de transition délicate pour la monarchie britannique, chahutée lors de deux récents voyages à l'étranger, alors que la reine Elizabeth, 96 ans, qui règne depuis 70 ans, a annulé presque toutes ses apparitions publiques depuis sept mois en raison de problèmes de santé.

Le prince Charles la remplace de plus en plus souvent. La semaine dernière, il a ainsi lu en son nom le discours du trône, pour la première fois, lors de l'ouverture solennelle du parlement à Londres.

Son voyage au Canada, l'un des 15 royaumes du Commonwealth dont la reine Elizabeth est la souveraine, fait partie des célébrations du Jubilé de platine (70 ans de règne). 

En trois jours, le prince de 73 ans et son épouse, 74 ans, traverseront le Canada d'est en ouest, commençant leur visite mardi à Saint-Jean, sur l'île de Terre-Neuve, pour la terminer le jeudi dans les territoires du Nord-Ouest, à des milliers de kilomètres de là, après une journée mercredi à Ottawa.

A Saint-Jean de Terre-Neuve, le couple doit notamment participer à un "moment solennel de réflexion et de prières" à la mémoire des milliers d'enfants autochtones morts dans des pensionnats religieux visant à leur assimilation, et ce jusque dans les années 1990.

Ils visiteront aussi des artisans dans le village proche de Quidi Vidi, dont certains installés dans un incubateur récemment rebaptisé de "Quidi Vidi Village plantation" en "Quidi Vidi Artisan Studios" pour éviter toute publicité négative, le terme "plantation" étant souvent associé à l'esclavage.

Monarchie fragilisée

A Ottawa, le prince Charles et la duchesse de Cornouailles rencontreront des membres de la diaspora ukrainienne et le prince participera à une table ronde sur  la "finance durable" en liaison avec la lutte contre le changement climatique, avant un dîner formel célébrant le Jubilé.

Le 19, il rencontrera à nouveau des membres de la communauté autochtone à Dettah, dans les territoires du Nord-Ouest, pour discuter changement climatique et traditions. La duchesse visitera un centre d'accueil pour femmes et enfants victimes de violence domestique.

Le prince Charles a confié jeudi qu'il attendait avec impatience ce 19e voyage au Canada, en visitant le haut commissariat du Canada à Londres avec Camilla.

Le haut commissaire Ralph Goodale a salué l'importance des liens entre les deux pays et rendu hommage à une reine "au dévouement exemplaire".

Mais en dépit de la profonde affection que deux tiers des Canadiens portent à une souveraine qu'ils ont connue toute leur vie, 51% souhaitent la fin, pour les prochaines générations, de la monarchie constitutionnelle, selon un récent sondage de l'institut canadien Angus Reid.

A une époque où le Canada réexamine son passé colonial, 65% refusent l'idée que Charles devienne roi et chef d'Etat du Canada, et 76% refusent de reconnaitre Camilla comme leur reine.

«Changement radical»

Deux récentes tournées royales à l'étranger, pour célébrer l'attachement de la monarchie britannique au Commonwealth dans le cadre du Jubilé, ont confirmé un malaise grandissant.

En mars, en tournée dans les Caraïbes, le prince William et son épouse Kate ont été appelés à s'excuser pour le passé esclavagiste du Royaume-Uni, avec demande de réparations. Ils avaient annulé la première étape de leur tournée, en raison de protestations locales.

Le Premier ministre jamaïcain Andrew Holness a estimé "inévitable" lors de leur venue la transition de son pays vers un régime républicain, comme l'a fait la Barbade en novembre.

En avril, le prince Edward, plus jeune fils de la reine, a été confronté aux mêmes critiques et demandes, annulant lui aussi une étape de sa tournée dans les Caraïbes.

"Je pense que nous assistons à un changement radical", a expliqué à l'AFP l'historien de la monarchie Robert Lacey. "Et il va falloir réfléchir sérieusement à ce qui fonctionnera à l'avenir en tant que tournée royale. Et quelles sont les activités appropriées, et si en particulier, les aspects militaires et cérémoniels des visites sont en accord avec le monde moderne".


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.