Obsèques de Shireen Abu Akleh: Tollé des autorités catholiques après les abus de la police israélienne

Le patriarche latin de Jérusalem, Pierbattista Pizzaballa, s’adresse aux journalistes pour évoquer la violence lors des funérailles de la journaliste d’Al Jazeera, Shireen Abu Akleh, à Jérusalem, le 16 mai 2022. (Reuters)
Le patriarche latin de Jérusalem, Pierbattista Pizzaballa, s’adresse aux journalistes pour évoquer la violence lors des funérailles de la journaliste d’Al Jazeera, Shireen Abu Akleh, à Jérusalem, le 16 mai 2022. (Reuters)
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Publié le Mercredi 18 mai 2022

Obsèques de Shireen Abu Akleh: Tollé des autorités catholiques après les abus de la police israélienne

  • Monseigneur Tomasz Grysa, représentant du Vatican à Jérusalem, déclare que l’incident viole un accord de 1993 entre le Saint-Siège et Israël
  • «Le monde entier a vu comment les porteurs ont été battus sauvagement, à coups de matraque, sans pitié ni respect pour les funérailles et la défunte», dit le frère de la journaliste

À Jérusalem, des personnalités catholiques romaines ont déclaré qu’Israël avait «brutalement» porté atteinte à la liberté religieuse dans la ville après que la police s’est opposée à des personnes en deuil lors du cortège funèbre de la journaliste américano-palestinienne Shireen Abu Akleh, vendredi dernier.

La police a roué de coups des personnes qui, de l’hôpital Saint-Joseph, transportaient le cercueil de la journaliste et elle a lancé des grenades assourdissantes en direction de la foule.

Monseigneur Tomasz Grysa, représentant du Vatican à Jérusalem, déclare que l’incident viole un accord passé en 1993 entre le Saint-Siège et Israël sur «la défense et le respect du droit à la liberté de religion qui, dans le cas présent, a été brutalement violé».

L’archevêque Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, ajoute: «L’invasion et l’usage de la force excessive par la police israélienne – attaquer les personnes en deuil, les frapper avec des matraques, utiliser des grenades fumigènes, tirer des balles en caoutchouc, effrayer les patients de l’hôpital – constituent de graves violations des normes et des réglementations internationales, y compris celles qui concernent le droit humain fondamental à la liberté de religion.»

Ces déclarations font partie d’une série de condamnations prononcées lors d’une conférence de presse à l’hôpital Saint-Joseph par les dirigeants de quinze communautés religieuses au sein de la ville.

Selon Jamil Koussa, directeur de l’hôpital, la police aurait pris pour cible le cercueil de la journaliste, et pas seulement les personnes en deuil, dans le but d’intimider et «d’horrifier» les personnes présentes.

Plusieurs membres du personnel médical ont également été blessés par les forces policières, qui ont pris d’assaut l’hôpital. Le Dr Mohammed Hmeidat, qui travaille dans l’unité de soins intensifs néonataux, déclare à la BBC qu’il a été brûlé par une grenade assourdissante.

«L’une d’elles était très proche de mes pieds et elle a explosé. Après cela, nous nous sommes précipités aux urgences et la police nous a également suivis», témoigne-t-il.

Les forces de l’ordre israéliennes ont mis en garde les personnalités religieuses de Jérusalem contre les «déclarations extrêmes contenant des affirmations sur des événements qui font toujours l’objet d’une enquête». Elles ajoutent que ces dernières «ne font que susciter l’émotion et ne sont pas responsables».

«Nous nous attendons à ce que les dirigeants religieux aident à rétablir le calme dans la région et évitent les déclarations provocatrices.»

Shireen Abu Akleh, une journaliste chrétienne qui travaillait pour la chaîne Al Jazeera, a été abattue mercredi alors qu’elle couvrait un raid militaire israélien à l’intérieur d’un camp de réfugiés palestiniens dans la ville occupée de Jénine, en Cisjordanie.

Les Forces de défense israéliennes ont d’abord nié être responsables de sa mort, mais, après une série de témoignages selon lesquels elles seraient à l’origine du tir mortel, elles ont ouvert une enquête sur l’activité de leurs soldats pendant l’opération.

La police israélienne, quant à elle, affirme que son intervention pendant les funérailles était nécessaire dans la mesure où les membres de la famille de la journaliste avaient prévu d’utiliser un corbillard pour transporter le cercueil de l’hôpital, mais la foule aurait menacé le chauffeur et se serait emparée du corps contre leur gré.

«La police était présente lors de l’incident pour maintenir l’ordre public et permettre aux funérailles d’avoir lieu. Des extrémistes, présents sur le terrain, ont tenté de transformer les funérailles en un événement violent», indique la police dans un communiqué.

Cependant, le frère de la journaliste, Tony Abu Akleh, déclare à la BBC: «Le monde entier a vu que les porteurs ont été battus sauvagement, à coups de matraque, sans pitié ni respect pour les funérailles ni pour la défunte.»

«Il s’agit de funérailles nationales auxquelles tous les Palestiniens pouvaient participer. La police n’avait pas le droit de faire ce qu’elle a fait.»

Lina, la nièce de la journaliste, déclare à la BBC: «Honnêtement, j’avais très peur, parce que la police a commencé à lancer des grenades assourdissantes. Un policier a même menacé de me battre si je ne me poussais pas», précise-t-elle.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.