L'Iran annonce l' «assassinat» d'un officier des Gardiens de la révolution

Des membres de la famille du colonel Sayyad Khodaï pleurent sur son corps dans sa voiture après avoir été abattu par deux assaillants à Téhéran, en Iran, le dimanche 22 mai 2022. (Photo, AP)
Des membres de la famille du colonel Sayyad Khodaï pleurent sur son corps dans sa voiture après avoir été abattu par deux assaillants à Téhéran, en Iran, le dimanche 22 mai 2022. (Photo, AP)
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Publié le Lundi 23 mai 2022

L'Iran annonce l' «assassinat» d'un officier des Gardiens de la révolution

Des membres de la famille du colonel Sayyad Khodaï pleurent sur son corps dans sa voiture après avoir été abattu par deux assaillants à Téhéran, en Iran, le dimanche 22 mai 2022. (Photo, AP)
  • Sayyad Khodaï, un défenseur du sanctuaire, a été assassiné lors d'une attaque armée menée par deux motards dans la rue Mojahedin-é Eslam à Téhéran
  • Le terme «défenseur du sanctuaire» désigne toute personne travaillant pour le compte de la République islamique en Syrie et en Irak

TEHERAN : Les Gardiens de la révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont fait état dimanche de l'"assassinat" d'un de leurs colonels dans l'est de la capitale, une annonce sans précédent depuis celle du meurtre en novembre 2020 d'un physicien nucléaire imputé par Téhéran à Israël.

"Le colonel Sayyad Khodaï, un défenseur du sanctuaire, a été assassiné lors d'une attaque armée menée par deux motards dans la rue Mojahedin-é Eslam à Téhéran", ont indiqué les Gardiens, dans un communiqué publié sur leur site officiel.

Le terme "défenseur du sanctuaire" désigne toute personne travaillant pour le compte de la République islamique en Syrie et en Irak, deux pays abritant des lieux de culte chiites, où l'Iran exerce une influence et affirme être présent par le biais de ce qu'il présente comme des "conseillers militaires".

La télévision d'Etat a précisé sans plus de détails que le colonel Khodaï était "connu en Syrie", pays en guerre depuis 2011. 

Dans leur communiqué, les Gardiens ont dénoncé un "acte terroriste" commis par des "éléments liés à l'arrogance mondiale" (les Etats-Unis et leurs alliés, dans la phraséologie officielle de la République islamique, NDLR).

"Ce crime inhumain a été perpétré par des éléments terroristes affiliés à l'arrogance mondiale", a également dénoncé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh, condamnant le "silence des pays qui prétendent lutter contre le terrorisme".  

Iran: le meurtre du colonel des Gardiens sera «vengé», assure le président Raïssi

Le président iranien Ebrahim Raïssi a déclaré lundi que le meurtre d'un officier des Gardiens de la révolution, l'armée idéologique de l'Iran, serait "vengé", au lendemain de la mort du militaire à Téhéran lors d'une attaque sans précédent depuis novembre 2020.

"Je ne doute pas que le sang de ce grand martyr sera vengé", a dit M. Raïssi à la télévision d'Etat.

Le colonel Sayyad Khodaï a été tué dimanche par balle par deux motards dans l'est de la capitale, selon des sources officielles.

Ce militaire est la figure la plus importante dont le meurtre en Iran a été annoncé par Téhéran depuis celui du physicien nucléaire Mohsen Fakhrizadeh. Il avait été tué en novembre 2020 près de la capitale dans une attaque contre son convoi imputée par l'Iran à Israël.

"J'insiste sur la poursuite sérieuse [du meurtrier] par des responsables de la sécurité", a ajouté M. Raïssi, qui doit s'envoler à Oman dans le Golfe pour une visite officielle à l'invitation du sultan Haitham.

Selon la télévision, la "cérémonie d'adieu" au colonel aura lieu à 17H00 (12H30 GMT) à Téhéran.

Sayyad Khodaï a été atteint de cinq balles lors de cette attaque survenue vers 16h00 (11h30 GMT), alors qu'il rentrait chez lui, selon l'agence de presse officielle Irna.

Irna a publié des photos montrant un homme couvert de sang, assis sur le siège du conducteur d'une voiture dont les vitres avait été brisées. 

L'agence de presse Tasnim a pour sa part précisé que Khodaï se trouvait "près de chez lui" quand il a été tué et que "sa femme fut la première personne à découvrir le corps".

«Réseau de voyous»

L'agence de presse Fars a indiqué que le procureur de Téhéran "s'est présenté en personne sur les lieux" des faits, et a ordonné d'"accélérer l'identification et l'arrestation des auteurs de cet acte criminel".

Plutôt dans la journée, les Gardiens ont annoncé l'arrestation d'un "réseau de voyous liés au service de renseignement du régime sioniste" (Israël, NDLR). 

Le réseau est impliqué dans "des vols, la détérioration de biens privés et publics, des enlèvements et l'obtention de faux aveux", ont accusé les Gardiens.

Le colonel Khodaï est la figure la plus importante dont le meurtre sur le sol iranien a été annoncé par Téhéran depuis celui du physicien nucléaire Mohsen Fakhrizadeh, tué en novembre 2020 près de la capitale dans une attaque contre son convoi.

Fakhrizadeh a été présenté après sa mort comme un vice-ministre de la Défense et le chef de l'Organisation de la recherche et de l'innovation en matière de défense (Sépand), ayant notamment contribué à la "défense anti-atomique" du pays. 

L'Iran accuse Israël, son ennemi juré, d'avoir commandité l'attentat.

Cet événement n'est pas sans rappeler le général Qassem Soleimani, à la tête de la Force Qods, branche des opérations extérieures des Gardiens de la révolution, qui a été tué dans une attaque de drone américaine à Bagdad en janvier 2020.

L'assassinat de Khodaï intervient alors que l'Iran est engagé depuis plus d'un an dans des négociations avec les puissances mondiales pour relancer un accord international conclu en 2015 pour encadrer son programme nucléaire, mais dont Washington s'est retiré unilatéralement en 2018.

Les négociations sont à l'arrêt depuis deux mois alors même qu'un projet de texte semblait à portée de signature.

L'un des derniers obstacles est en effet la demande de Téhéran que les Etats-Unis retirent les Gardiens de la révolution de la liste noire américaine des "organisations terroristes étrangères".


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.